Pour beaucoup de Français, le « grand remplacement » n’est pas qu’un fantasme



Afin de prévenir toute confusion, cet article n’est qu’un simple constat objectif consécutif à la lecture de très nombreuses données en accès libre et public sur internet.

A l’instar de Marion Maréchal, petite-fille de Jean-Marie Le Pen et nièce de Marine Le Pen, qui estime dans une interview accordée à l’hebdomadaire britannique The Economist que la théorie du grand remplacement « n’est pas absurde », nombreux sont ceux qui semblent penser de même.

Ici le mot « nombreux » indique qu’en réalité un nombre bien plus important de Français, manifestement mal-évalués par les « élites » une fois encore en décalage, pense aussi que « le visage de la France a beaucoup changé » ces dernières décennies et se sent de plus en plus « étranger dans son pays ».

Les enquêtes de terrain et les informations disponibles n’indiquent pas une adhésion claire et nette à la théorie du « grand remplacement » – la théorie elle-même est d’ailleurs inconnue de l’écrasante majorité – mais une accumulation de réflexions, d’angoisses et d’inquiétudes mises bout à bout participe véritablement d’un sentiment d’abandon et même de disparition parmi un nombre significatif de citoyens.

Deux faits notables et récents suffisent pour corroborer une telle affirmation : d’abord, nombreux ont été les messages suggérant de mille façons possibles « la loi du talion » (1) concernant l’horrible attentat de Christchurch en Nouvelle-Zélande au point que des quotidiens ont rendu invisible à la lecture la section commentaires des articles publiés sur le sujet; ensuite, les propos postés sur les réseaux sociaux sont encore plus éloquents.

On peut par exemple lire « prenez des photos de classe des années 1980 et mettez-en des toutes récentes à côté, vous ne pourrez pas nier que la population française n’est plus la même » ou encore « même dans les campagnes où on n’avait parfois jamais vu un seul extra-européen, on croise désormais des femmes voilées accompagnées de leurs maris avec djellabah et keffieh. » (1)

Si de tels propos lus ci et là sur le web ne sont pas nécessairement représentatifs d’une majorité, ils indiquent toutefois par leur nombre et leur récurrence qu’une minorité au moins très significative considère, le plus souvent partiellement, que l’hypothèse d’un « grand remplacement » se constate dans leur vie quotidienne et suscite une angoisse sincère.

C’est donc un constat politique important que le gouvernement ne saurait ignorer en ces temps de tensions augmentées s’il souhaite préserver le « vivre-ensemble ».

Notes

(1) Les mots entre guillemets sont des citations de propos lus dans les sections commentaires de diverses publications et sur les réseaux sociaux, ils ne sont en aucun cas ceux de Le Politique.

Après l’attaque de Condé-sur-Sarthe, le « retour » des djihadistes pose question



« Sommes-nous prêts à accueillir des centaines de djihadistes en provenance de Syrie et d’Irak ? » s’interroge un internaute sur les réseaux sociaux après la très violente agression de deux surveillants pénitentiaires. Le 5 mars 2019, un détenu islamiste de la prison de Condé-sur-Sarthe, près d’Alençon (61), a poignardé ces derniers avec un couteau en céramique puis s’est retranché dans l’unité de vie familiale (UVF) où il profitait d’un moment avec sa compagne.

Agé de 27 ans et condamné à une peine de 30 ans pour le meurtre d’un homme de 89 ans en 2012, Michaël Chiolo s’était converti à l’Islam en 2010 puis se serait « radicalisé » en prison et aurait souhaité « venger » Cherif Chekatt, auteur de l’attentat de Strasbourg en décembre 2018, selon le procureur de la République de Paris, Rémi Heitz.

« Il est ressorti très vite des premiers témoignages que le détenu, en se jetant sur les surveillants pénitentiaires avait crié Allahu Akbar », a d’ailleurs précisé le procureur, lors d’un point presse. Aussi, M. Chiolo aurait déclaré agir au nom de l’Etat Islamique (Daech) et vouloir mourir en martyr avec sa femme, contre lesquels le RAID est ensuite intervenu, blessant le premier et tuant la deuxième par balles.

Considérant l’importance du déploiement policier nécessaire à la neutralisation de deux individus armés d’un couteau et retranchés dans un endroit clos et surveillé, beaucoup s’interrogent donc sur la capacité de l’Etat à maîtriser les centaines de djihadistes aguerris que le gouvernement d’Emmanuel Macron s’est fait une priorité « d’accueillir » de retour de Syrie et d’Irak contre l’avis de 84% des Français.

« Si des professionnels entraînés et équipés ont tant de mal à neutraliser un unique individu, que se passera-t-il si plusieurs individus, de retour de Syrie, s’attaquent à des citoyens lambda ? » demande un internaute.

Face à l’Islam radical, Laurent Wauquiez appelle à la lucidité et à un combat fondateur



« Emmanuel Macron met un voile sur le communautarisme, ce terreau du terrorisme, »  dénonce Laurent Wauquiez, président des Républicains (LR) dans une tribune publiée dans Le Figaro (1) et partagée par de nombreux lecteurs.

Devant l’absence de décisions pourtant essentielles et même élémentaires par le gouvernement En Marche pour combattre plus efficacement le terrorisme islamiste, le débat prend de l’ampleur au point qu’enfin la droite reprend vigueur sur cette problématique ô combien essentielle pour l’avenir des Français et de l’Europe toute entière.

« La guerre que nous avons à mener n’est pas seulement une guerre contre le terrorisme, c’est aussi une guerre contre le communautarisme. Il y a derrière le terrorisme un archipel du djihad. Notre aveuglement le laisse croître dans l’ombre, » explique Laurent Wauquiez qui ajoute, pragmatique, que « nous ne pouvons plus abriter notre impuissance derrière un cadre juridique gravé dans le marbre. »

En effet, toutes les possibilités dans le cadre de l’Etat de droit ne sont pas employées pour ne plus seulement traiter a posteriori la menace et au mieux la contenir mais pour mieux l’éradiquer a priori afin de réduire drastiquement sa dangerosité et son développement.

A force de renoncements et même d’accommodements avec une réalité de plus en plus difficilement supportable pour la grande majorité des Français mais si peu vécue par les dirigeants politiques, Laurent Wauquiez dénonce la conjonction d’un déni intellectuel et d’un déni politique « qui paraît régner au sommet de l’Etat ».

Parce que le terrorisme n’est qu’un moyen parmi d’autres de l’offensive islamiste, le président de la Région Auvergne Rhône-Alpes évalue qu’il n’est que « la partie émergée d’un iceberg massif ».

Une analyse réaliste probablement partagée par de nombreux personnels en charge de notre sécurité nationale qui s’inquiètent d’une mutation du djihadisme d’artisanal à sophistiqué et potentiellement beaucoup plus létal comme le résume avec pertinence le CEERAT de l’Armée de terre dans un récent exposé (2).

Notes

(1) Laurent Wauquiez : « L’archipel du djihad », Le Figaro, 9 avril 2018.

(2) Le CEERAT prévoit un djihadisme endogène, plus sophistiqué et plus létal, Cyceon, 12 avril 2018.