Aquarius : Bruno Retailleau dénonce « une tartufferie d’Etat qui ne peut plus durer »



Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains (LR) au Sénat et de Force Républicaine, a l’habitude de dire plus clairement et plus directement ce que beaucoup n’osent guère murmurer sur la scène politique française.

Cela se vérifie concernant l’interminable crise migratoire qui ridiculise l’Union européenne (UE) et abîme gravement l’unité nationale puisque celui qui est aussi sénateur de Vendée dénonce là encore le « en même temps » permanent d’Emmanuel Macron.

« D’un côté, le président de la République ne cesse de faire la leçon aux Italiens ou aux Hongrois pour qu’ils accueillent des migrants et de l’autre, il refuse de les accueillir à Marseille, » écrit Bruno Retailleau sur le site de Force Républicaine.

Considérant que « cette tartufferie d’Etat ne peut plus durer, » il préconise une autre politique « mobilisant un maximum d’Etats européens, afin de mettre en place notamment un blocus humanitaire et sécuritaire en Méditerranée. »

L’audition d’Alexandre Benalla devant le Sénat, du grand n’importe quoi ?



L’audition d’Alexandre Benalla par le Sénat, malgré les questions pertinentes et la présidence efficace de Philippe Bas, s’est avéré être un spectacle de contradictions. D’un côté, M. Benalla est armé mais n’est pas en charge de la sécurité du président de la République (PR) Emmanuel Macron.

De l’autre, il dispose d’un port d’armes car il est « exposé personnellement » et souhaite assurer sa « sécurité personnelle » mais il est autorisé à évoluer en proximité immédiate du PR en contradiction avec les principes élémentaires de la sécurité. Enfin, il est en charge de tout et n’importe quoi, comme si aucun personnel de l’Elysée n’en était pas déjà chargé.

De la coupe du monde des bleus au remplacement de véhicules à la vente de goodies au passage de messages à la surveillance de manifestants, M. Benalla faisait donc tout et n’importe quoi, à l’image de cette audition qui ajoute à la confusion générale et propose deux choix : 1) soit M. Benalla ment sur ses fonctions véritables et son ascension au grade de Lieutenant-Colonel de réserve de la Gendarmerie nationale demeure incompréhensible puisqu’il n’argue pas d’états de service exceptionnels vu son jeune âge et ne sort pas d’une école d’officiers ; 2) soit l’Elysée sous Emmanuel Macron est une passoire dans laquelle n’importe qui – armé pour des « raisons personnelles » – peut circuler librement.

On en conviendra donc aisément, tout cela ressemble à un cirque à ce niveau de l’Etat et qui renforce les inquiétudes quant à l’état de l’intégrité de la sécurité nationale.

Au final, aucune réponse n’a été apportée concernant l’agression présumée de manifestants le 1 mai 2018, de même concernant la proximité présumée – sûrement fortuite – avec des individus au parcours discutable, de même concernant la menace personnelle qui visait M. Benalla selon ses propres déclarations, de même concernant la disparition de son coffre-fort, de même concernant l’inhabituelle perquisition de son domicile, de même concernant l’inhabituel mariage prévu.

De très nombreuses questions restent donc sans réponse. Quant au motif du port d’armes pour « raison personnelle », le traitement dont a bénéficié M. Benalla indiquerait donc que quiconque s’estimant menacé peut donc disposer de et porter une arme ? La loi dit pourtant bien autre chose. Si vous trouvez que toute cette affaire est éclaircie, recevez nos félicitations.

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La présence d’Alexandre Benalla près d’anciens hauts responsables américains tel l’ancien Secrétaire d’Etat John Kerry pendant la campagne présidentielle 2017 d’Emmanuel Macron avait dès la révélation de l’affaire fortement étonné.

Considérant les critères sévères de l’administration fédérale américaine en vue de donner autorisation à un simple civil, qui plus est étranger, le droit de se trouver en proximité d’un individu tel que Kerry, se demande-t-on encore par quel miracle Alexandre Benalla – « bagagiste » selon le ministre Christophe Castaner, rappelons-le – a pu y être autorisé alors que son employeur Emmanuel Macron n’était plus ministre et pas encore président.

Aussitôt s’est-on interrogé : y’a-t-il une faille au sommet de la sécurité nationale et/ou diplomatique américaine ? Pire, cette faille est-elle française ?

Cette question se repose avec plus d’acuité encore après que la police aux frontières (PAF) a constaté quelque proximité au moins oratoire de M. Benalla avec un individu fiché S en gare de Saint-Pancras à Londres. Si ces faits sont avérés et qu’il ne s’agit pas d’une rencontre fortuite, cela indiquerait que seul un degré de séparation distancie le chef de l’Etat français d’individus connus défavorablement de nos organes de sécurité et de renseignement.

Dans le contexte de la « guerre contre le terrorisme » et après la proximité avérée entre l’ex-garde du corps Makao et le logeur de Daech Djawad Bendaoud, de telles relations mêmes lointaines constituent un développement inédit dans les rouages de notre sécurité nationale.

Considérant combien il est par principe impossible d’accéder à quelque information sensible ou d’être en proximité du chef de l’Etat même un instant sans avoir été dûment vérifié, ce plus bas degré de séparation pose la question d’une possible faille de sécurité nationale au plus haut niveau de l’Etat.

Comment un individu à double nationalité potentielle (1), sans états de service spécifiques connus et visiblement en lien présumé même fortuit avec des fichés S, a-t-il été autorisé à travailler en proximité permanente du chef de l’Etat et à recevoir une habilitation « secret défense » ?

Si cette question peut sembler nébuleuse aux lecteurs profanes, les « anciens » la comprendront. Le Sénat et son président Gérard Larcher devraient au plus vite s’assurer en toute indépendance du pouvoir exécutif que l’intégrité de l’Etat, à tous les niveaux, est sauve et imperméable à toute influence extérieure et/ou (potentiellement) hostile.

Pour conclure, soit les actions de M. Benalla résultent d’états de service exceptionnels, mais son comportement et ses propos rendent improbable une telle hypothèse ; soit quelque faille béante (2) existe ou a existé au plus haut niveau de l’Etat.

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Notes

(1) S’il ne détient apparemment pas la nationalité marocaine, il est en mesure de l’obtenir considérant qu’il est né de parents marocains. Cette possibilité est la plupart du temps prise en compte lors de l’obtention d’une habilitation.

(2) Le ministre de l’intérieur Gérard Collomb a lui-même affirmé ne pas connaître Alexandre Benalla. Considérant l’omniprésence de ce dernier autour d’Emmanuel Macron, quelque inquiétude paraît donc amplement justifiée.