Anti-terrorisme : une DGSI plus opérationnelle et pro-active



Nommé à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) en juin 2017, le préfet de police Laurent Nunez a pris les commandes d’un vaste service à la fois très sollicité par une actualité terroriste exceptionnelle et très désireux, malgré la fatigue compréhensible des effectifs, de réduire la menace.

Le nouveau projet de loi antiterroriste semble bien accueilli au sein de la communauté française du renseignement qui, à l’instar de Laurent Nunez, y trouve quelques outils utiles en vue de traiter les cas d’individus évalués comme notoirement hostiles. Les « visites domiciliaires » en font partie et « permettront de nous rendre dans des lieux dont nous soupçonnons qu’ils sont fréquentés par des individus menaçants, dangereux, » a expliqué M. Nunez à France Inter, et ce à n’importe quel moment du jour et de la nuit.

Si bien entendu, les pouvoirs exécutifs et parlementaires doivent toujours veiller à ce que l’action du renseignement reste conforme aux critères fondamentaux de la démocratie et de l’Etat de droit, le nouveau projet de loi – sous réserve des critiques souvent légitimes qui sont formulées – paraît apporter quelques évolutions positives en vue d’une capacité opérationnelle accrue de la détection, de la surveillance et de l’action judiciaire contre le terrorisme.

Considérant le développement et la variété de la menace terroriste – endogène comme exogène, il paraît en effet indispensable d’augmenter les capacités de « décèlement précoce » tant en matière d’analyse qu’en matière d’opération.

A ceci doit cependant répondre un renforcement du contrôle notamment parlementaire sur le renseignement en vue de deux objectifs : 1) améliorer la compréhension par le personnel politique de la problématique terroriste et plus généralement des questions de sécurité nationale, 2) assurer le contrôle civil d’organes aux compétences augmentées afin d’éviter – à long terme – tout écueil en matière de libertés publiques et individuelles.

Du strict point de vue du renseignement et plus particulièrement en matière opérationnelle – souvent le « parent pauvre » de la lutte antiterroriste, le projet de loi semble un pas dans la bonne direction même s’il est, du point de vue politique, jugé excessif par certains et insuffisant par d’autres.

Nicolas Dupont-Aignan (DLF) s’alarme au sujet des « revenants » djihadistes



Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, le député de l’Essonne et président de Debout la France (DLF) Nicolas Dupont-Aignan rappelle les informations du quotidien Le Figaro selon lesquelles 1.200 à 3.000 des 5.000 individus européens ayant rejoint l’Etat Islamique (EI) pourraient revenir en Europe.

Critiquant la possibilité d’un tel retour pour des forces ennemies, Nicolas Dupont-Aignan appelle « le gouvernement à la responsabilité pour éviter de futurs attentats » et liste plusieurs mesures qu’il estime indispensables comme « l’arrestation immédiate des djihadistes de retour de Syrie en application de l’article 411-4 du Code pénal. »

En sus des effectifs croissants des individus « radicalisés », ces « revenants » pourraient bien compliquer la tâche de nos services de sécurité déjà forts occupés.

Les Républicains (LR) attaquent Macron sur le régalien



Est-il choquant de parader avec Rihanna pour faire passer l’amère pilule de la réduction des moyens des ministères régaliens à savoir les ministères des Armées, de l’intérieur et de la justice ?

C’est la question que Les Républicains (LR) semblent poser au nouveau président de la République Emmanuel Macron tant ce dernier semble opter pour des choix plutôt incongrus considérant la situation générale du pays. La menace terroriste n’a jamais été aussi vive, l’insécurité n’a jamais été aussi répandue et violente, la justice n’a jamais été aussi lente.

Pourtant, la nouvelle majorité En Marche (REM) semble croire qu’avec moins on fera plus. Certes à droite les économies en matière de dépenses publiques sont généralement plutôt bien accueillies en principe mais s’élèvent de nombreuses critiques quant à où sont-elles réalisées.

En effet, est-il bien opportun de réduire les dotations de ministères aux budgets déjà drastiquement si réduits que la continuité du service public n’est désormais plus toujours assurée ?

« L’Etat régalien perd ainsi, cette année, 1,536 milliards d’euros. Ce désarmement budgétaire unilatéral affaiblit directement la capacité de l’Etat à assurer la sécurité intérieure et extérieure de la France, » estime Guillaume Larrivé, porte-parole LR, pour qui les choix contestables de Macron constituent « une faute contre la Nation. »

Pire encore, « les coupes dans les budgets des ministères sont une folie, » s’exclame le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti et dont la voix compte de plus en plus à droite. La seule certitude est que la baisse des moyens régaliens intervient à un moment charnière où il ne faut surtout pas relâcher l’effort.

Avec de tels choix en effet, se mettre En Marche consisterait de fait à foncer droit dans le mur.