Blindés contre Gilets jaunes : mieux vaut vivre à l’Elysée que d’aller danser au Bataclan



Un développement inédit depuis des décennies se passe actuellement en France avec  le déploiement confirmé par le premier ministre Edouard Philippe d’une douzaine de blindés de la gendarmerie nationale. En sus d’effectifs du GIGN qui seront mobilisés à Paris, c’est donc une force sans précédent qui est mise en œuvre pour protéger « les institutions Républicaines » le 8 décembre.

Si bien entendu la cause politiquement affichée est parfaitement légitime, on peut craindre que l’expression d’une telle peur par Emmanuel Macron et son gouvernement ne s’avère finalement contreproductive en incitant les plus extrémistes à redoubler de violence dans leurs actes. Aussi, le déploiement d’une force létale – on ne déplace pas le GIGN et ses tireurs d’élite si ce n’est pas pour s’en servir quand l’ordre est donné – rappelle combien le gouvernement est prêt à tout quand il s’agit de se protéger.

Au Bataclan, à Nice, à Trèbes et en d’innombrables autres endroits chaque jour, les Français ont seulement le droit de se faire tuer, et en silence s’il vous plaît sous peine d’être accusé de « populisme ».

Si le gouvernement n’a de cesse de répéter qu’il est impossible de mettre un policier derrière chaque Français, qu’il est impossible de maîtriser le territoire national, qu’il est impossible de savoir qui y entre et qui en sort, qu’il est impossible de lutter profondément contre l’islamisme et contre l’extrémisme, le gouvernement est manifestement capable de mettre des dizaines de policiers surarmés derrière Emmanuel Macron et chacun de ses ministres. Comme quoi, quand on veut on peut.

Le 13 novembre 2015, aux abords du Bataclan, les militaires ont reçu ordre de ne rien faire, ce qui fut donc impossible pour de simples Français est aujourd’hui possible pour les « élites » gouvernementales. Les mêmes « élites » qui parlent « d’égalité » à longueur de journée. En clair, mieux vaut vivre à l’Elysée que d’aller danser au Bataclan.

Gilets jaunes : la contestation populaire peut-elle devenir révolution ?



Cela est peut-être plus qu’une simple contestation populaire et l’enchaînement des évènements laisse présager que les circonstances peuvent potentiellement connaître une aggravation soudaine.

Non pas que les manifestants « bon enfant » qui peuplent très majoritairement les colonnes immenses de « gilets jaunes » soient du jour au lendemain devenus des professionnels de l’insurrection mais la conjonction de l’effet de foule, du soutien massif de l’opinion publique et de la passivité gouvernementale constituent un terreau « favorable » – et dangereux.

La source primaire ou dans le langage commun l’allumette qui pourrait bien allumer la mèche d’une confrontation majeure naît de la sous-estimation systématique, chronique voire pathologique par les gouvernements successifs – et plus encore celui d’Emmanuel Macron – du ressentiment et de l’acrimonie qui animent bien des compatriotes actuellement.

Sous-estimation de l’impact absolument immense et dont les effets commencent à peine à s’esquisser des attentats islamistes subis ces dernières années avec la perte profonde de crédibilité de l’Etat qui s’ensuit et qui – les « gilets jaunes » l’ont bien compris – s’est montré incapable de « maîtriser » quelques terroristes. Sous-entendu, que peut bien faire le gouvernement si des millions de Français envahissent l’espace public ?

Sous-estimation de l’impact absolument délétère de la précarité croissante non seulement parmi les catégories les plus pauvres de la population mais aussi, de plus en plus, des classes moyennes alors de plus en plus enclines elles aussi à rejoindre la contestation.

Sous-estimation de l’impact intégralement mal vécu – une humiliation supplémentaire – de l’intransigeance gouvernementale d’Edouard Philippe qui dit entendre mais ne pas bouger d’un iota. Ajoutez à ceci la convergence des « luttes » entre compartiments politiques partageant pourtant peu et se propulse ainsi la mutation d’une contestation populaire en une hypothèse révolutionnaire augmentée.

Le peuple gronde et son mécontentement vient de fort loin et ne date ni d’hier ni de la hausse soudaine des taxes sur les carburants. Gare à ce que le mécontentement ne se change pas soudainement en colère car en l’état actuel de la force publique, Emmanuel Macron et son gouvernement seraient dans l’incapacité probable d’en empêcher les effets.

Sous-estimer systématiquement tout, pour tout et n’importe quand au prétexte que l’on détient le pouvoir et que l’on appartient aux « élites » est une erreur manifeste d’analyse. En effet, la réalité conservatrice du terrain pourrait bien finir par dépasser la fiction de l’entre-soi « progressiste ».

L’audition d’Alexandre Benalla devant le Sénat, du grand n’importe quoi ?



L’audition d’Alexandre Benalla par le Sénat, malgré les questions pertinentes et la présidence efficace de Philippe Bas, s’est avéré être un spectacle de contradictions. D’un côté, M. Benalla est armé mais n’est pas en charge de la sécurité du président de la République (PR) Emmanuel Macron.

De l’autre, il dispose d’un port d’armes car il est « exposé personnellement » et souhaite assurer sa « sécurité personnelle » mais il est autorisé à évoluer en proximité immédiate du PR en contradiction avec les principes élémentaires de la sécurité. Enfin, il est en charge de tout et n’importe quoi, comme si aucun personnel de l’Elysée n’en était pas déjà chargé.

De la coupe du monde des bleus au remplacement de véhicules à la vente de goodies au passage de messages à la surveillance de manifestants, M. Benalla faisait donc tout et n’importe quoi, à l’image de cette audition qui ajoute à la confusion générale et propose deux choix : 1) soit M. Benalla ment sur ses fonctions véritables et son ascension au grade de Lieutenant-Colonel de réserve de la Gendarmerie nationale demeure incompréhensible puisqu’il n’argue pas d’états de service exceptionnels vu son jeune âge et ne sort pas d’une école d’officiers ; 2) soit l’Elysée sous Emmanuel Macron est une passoire dans laquelle n’importe qui – armé pour des « raisons personnelles » – peut circuler librement.

On en conviendra donc aisément, tout cela ressemble à un cirque à ce niveau de l’Etat et qui renforce les inquiétudes quant à l’état de l’intégrité de la sécurité nationale.

Au final, aucune réponse n’a été apportée concernant l’agression présumée de manifestants le 1 mai 2018, de même concernant la proximité présumée – sûrement fortuite – avec des individus au parcours discutable, de même concernant la menace personnelle qui visait M. Benalla selon ses propres déclarations, de même concernant la disparition de son coffre-fort, de même concernant l’inhabituelle perquisition de son domicile, de même concernant l’inhabituel mariage prévu.

De très nombreuses questions restent donc sans réponse. Quant au motif du port d’armes pour « raison personnelle », le traitement dont a bénéficié M. Benalla indiquerait donc que quiconque s’estimant menacé peut donc disposer de et porter une arme ? La loi dit pourtant bien autre chose. Si vous trouvez que toute cette affaire est éclaircie, recevez nos félicitations.

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