Emmanuel Macron relance le mythe de la souveraineté européenne



Le Président de la République Emmanuel Macron dans son parcours de mémoire – qui devient de plus en plus difficile face aux Français rencontrés – a relancé la « funeste » idée d’une armée européenne. Celle-ci serait justifiée face à une hypothétique menace de la Russie présidée par son homologue Vladimir Poutine.

Peut-être convient-il de rappeler que le monde libre a gagné la « guerre froide » face au monde soviétique, lors de la chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989 (1).  Les difficultés pour mettre sur pied une Brigade franco-allemande, il y a plus de 30 ans, montrent que l’armée européenne n’est pas près de voir le jour !

Mais là encore, il s’agit, pour Emmanuel Macron, d’un prétexte pour relancer le mythe d’une souveraineté européenne. Il craint que les populistes, souverainistes, nationalistes et autres identitaires ne détruisent la belle et grande idée d’une Europe, enfin rassemblée et en paix.

Ce que nous n’acceptons plus c’est « le machin bruxellois » qui réduit les Nations, nie la diversité de leurs peuples et affaiblit la civilisation européenne. L’avenir réside probablement dans la création d’une Confédération de l’Europe ; c’était aussi, à terme, la vision que le général de Gaulle avait envisagée. Le grand enjeu des élections européennes du printemps 2019 devrait porter sur le thème d’une « Europe-Patrie » (2).

Notes

(1) Nous en célèbrerons dans un an le 30ème anniversaire à Berlin, puisque les anciens des Missions militaires alliées de Potsdam y sont officiellement invités.

(2) Dans son dernier ouvrage – Mémoire et identité (Ed. Flammarion) –, publié 2 mois avant son décès (2 avril 2005), Jean-Paul II a consacré un chapitre à La Patrie européenne.

Après la rencontre entre Trump et Poutine à Helsinki, l’hystérie continue



Le sommet d’Helsinki du 16 juillet entre Poutine et Trump n’aura pas permis d’améliorer les relations entre les deux superpuissances nucléaires. La bonne volonté du président Trump n’aura pas suffi. L’ingérence russe supposée dans l’élection présidentielle étatsunienne de novembre 2016 constitue pour l’establishment  à Washington un point de non retour.

Or durant la conférence de presse conjointe avec son homologue russe, Donald  Trump a une nouvelle fois exprimé ses doutes quant à la réalité d’une telle ingérence.

De retour aux Etats-Unis le président a dû revenir sur ses propos et reconnaitre qu’il acceptait les conclusions de ses agences de renseignement, tout en soulignant que d’autres personnes pouvaient être mêlées à cette affaire.

En revanche, il n’a pas démenti ses propos « blâmant la bêtise et la stupidité étatsunienne dans la détérioration des relations entre les deux pays », depuis notamment  les événements d’Ukraine en 2014.  Ce qui correspond en grande partie à la réalité.

De fait, même si les autorités russes ont toujours montré leur préférence pour une présidence Trump, il n’en demeure pas moins qu’il n’a pas été démontré à ce jour, ni ne le sera probablement jamais, « l’efficacité » de l’ingérence russe dans l’élection présidentielle des Etats-Unis. Nous considérons que la faiblesse des moyens russes mis en œuvre n’aura  pu,  ni altérer les résultats ni changer le cours de l’élection.

Ainsi, par exemple, Donald Trump a affirmé maintes fois sa misogynie durant sa campagne électorale. Or 42% des femmes ont voté pour lui.   De même, tout en qualifiant les hispaniques, et en particulier les mexicains, de voleurs et de violeurs, cette communauté a voté à 35% pour le candidat républicain. Et tout en négligeant totalement le vote des afro-américains, 12% ont voté Trump. Les électeurs ont donc voté en connaissance de cause !

Enfin, c’est surtout le système électoral d’élection indirecte qui a permis l’élection du candidat républicain, si décrié, alors que c’est la candidate démocrate, Hilary Clinton, qui a gagné le vote populaire. Après le précédent Bush-Gore en 2000, le refus de changer le système électoral a constitué le véritable piège… qui s’est refermé sur Washington en 2016.

Ceci est d’autant plus vrai que les moyens mis en œuvre par la Russie pour influencer  la situation intérieure de pays étrangers restent dérisoires par rapport à ceux des Etats-Unis. Depuis 1945, ces derniers sont intervenus  directement au moins 50 fois dans les élections d’autres Etats.  Dès 1948, lors des élections législatives en Italie,  les Etats-Unis ont pris en charge la campagne électorale des partis d’opposition afin d’empêcher l’arrivée des communistes au pouvoir… jusqu’au renversement du président Yanoukovitch en Ukraine en 2014.

Pour les Etats-Unis leurs interventions extraterritoriales  sont justifiées car elles ont pour objectif d’apporter la démocratie. En revanche les interventions russes, quant à elles, auraient pour objet de saper l’ordre démocratique et libéral. De fait, depuis 1945, les Etats-Unis se sont souvent ingérés, sous couvert de la démocratie, dans les affaires des autres Etats, mais afin d’étendre leur influence (Tchécoslovaquie 1990 ; Russie, 1996 ; Yougoslavie, 2000 ; Géorgie, 2003 ; Ukraine, 2004 et 2013-2014, pour les cas les plus récents).

Mais, on constate que Washington a aussi soutenu ou aidé à mettre en place, au gré de ses intérêts,  un grand nombre de dictateurs comme au Guatemala (1954), au Brésil (1964), en Indonésie (1965-1966), en Grèce (1967), au Chili (1973), souvent en remplacement de pouvoirs démocratiquement élus.  Dans ces cas là, les Etats-Unis ont donc bien porté atteinte à l’ordre démocratique…ce qui constitue leur principale critique portée aujourd’hui à la Russie !

Finalement, Washington reproche à Moscou la mise en œuvre de méthodes qui lui sont propres,  comme les tentatives d’influer sur le résultat d’une élection. Dans la psychologie étatsunienne, où domine toujours l’idée d’exceptionnalisme (American exceptionalism), il est inconcevable qu’un pays tiers, et a fortiori la Russie, le  meilleur ennemi, tente de peser, même symboliquement,  sur le vote de ses concitoyens. Ce qui explique le très haut degré d’hystérie et de russophobie présent dans le microcosme politique étatsunien, jamais atteint auparavant ni même pendant la guerre froide.

Il est donc grand temps pour la classe politique d’outre atlantique de méditer la célèbre maxime du Général de Gaulle : « Les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ». Ce qui vaut pour les Etats-Unis vaut aussi pour la Fédération de Russie, et pour tous les autres Etats souverains…

Notes

Le titre original de cette contribution est : Relations Etats-Unis-Russie : l’hystérie continue.

Coupe du monde FIFA : une victoire éclatante émaillée de graves incidents



L’équipe de France menée par l’excellent Didier Deschamps, son sélectionneur, a enfin décroché sa deuxième étoile de champion du monde vingt ans après sa première en 1998. En battant la Croatie 4 buts à 2, la France a su évoluer et adopter un jeu efficace transformant chaque occasion en danger imminent pour l’adversaire. Ses joueurs ont été formidables de réalisme et de solidarité dans le jeu.

Si cet événement a été vécu par des dizaines de millions de Français dans la joie, la bonne humeur et la fraternité, malheureusement de graves débordements ont émaillé la soirée du 15 juillet 2018. A Paris, des bandes ont pillé un supermarché avenue de la Grande Armée ainsi que plusieurs autres établissements dont le Drugstore Publicis en haut des Champs-Elysées.

En d’autres lieux, des vidéos témoignent d’une heure à une heure et demie de vandalisme et violences ininterrompus sans intervention des forces de l’ordre devant un public médusé et des commerçants effarés. Plus inquiétant, des accès à des « fan zones » ont été forcés par des groupes d’individus réussissant à passer outre le barrage de gendarmes et à s’acquitter du contrôle de sécurité.

Si Emmanuel Macron voulait s’inspirer de quelque chose en Russie, ce serait la capacité de cette dernière à organiser un événement international d’un mois sans le moindre incident notable. Preuve supplémentaire que l’autorité de l’Etat, ferme et dûment employée, est indispensable à la sécurité publique.

En effet, quel spectacle désolant de voir la France débordée par quelques bandes hostiles alors que l’ambiance est à la fête quand la Russie montre au monde entier qu’elle est un environnement autrement mieux sécurisé et maîtrisé.