Gilets jaunes : Charlie Hebdo, le Bataclan, Nice ont brisé la confiance en l’Etat



Le mouvement massif des « gilets jaunes » ne consiste pas seulement en une protestation contre la hausse vertigineuse des taxes et des impôts mais résulte d’un amas de faits qui ont profondément choqué les Français ces dernières années et ont gravement modifié leur rapport avec l’Etat.

Au fondement du « contrat social » passé avec ce dernier réside la « sécurité », point sur lequel le gouvernement s’est avéré incompétent comme rarement dans l’Histoire. Précisons ici qu’un tel constat ne porte aucunement sur les organes en charge de notre sécurité nationale et auxquels est demandée une « mission impossible » mais bien sur les gouvernements successifs qui ont par leur inconséquence, leur inconscience et leur naïveté participé à la mort violente de centaines de concitoyens.

En laissant grandes ouvertes les frontières, en réduisant les effectifs de police et de gendarmerie, en ne luttant pas comme il se doit contre le totalitarisme islamiste, le gouvernement à la tête de l’Etat a en quelque sorte facilité – au moins involontairement – la vague de terreur qui a meurtrie la France depuis 2015.

Même si les médias n’en parlent aucunement non par censure mais par pure ignorance de la réalité populaire, l’incapacité du gouvernement et son incompétence en matière de sécurité nationale et publique a gravement endommagé le lien entre lui et le peuple, entre l’Etat et les citoyens.

Des « gilets jaunes » on ne retient que la colère contre la charge excessive de l’impôt mais on oublie maladroitement que si des millions de citoyens descendent désormais sur la voie publique c’est aussi peut-être en partie parce qu’ils n’attendent plus guère d’un Etat, d’un gouvernement qui se sont avérés incapables de les protéger.

Pour une raison simple : si le gouvernement avait fait le travail dont il a la charge, les attentats islamistes perpétrés ces dernières années n’auraient soit pas eu lieu soit auraient vu leur gravité et leur portée significativement amoindries.

Si l’Etat avait eu la véritable maîtrise de son territoire, les terroristes islamistes n’auraient jamais pu parcourir en long, en large et en travers « l’espace Schengen » qu’on nous vend comme l’alpha et l’oméga de la civilisation et l’Europe ne se serait pas transformée en une gigantesque crispation où pour se protéger d’extrémistes notoirement connus, on réduit les libertés publiques.

Demander dans ces conditions au peuple de « faire confiance » relève soit de la démagogie soit, pire, de la volonté de s’en moquer absolument.

Si la confiance a été rompue, c’est la faute du gouvernement qui doit être au service du peuple et non l’inverse. Par ses fonctions de secrétaire-général adjoint de l’Elysée, puis de ministre de l’économie puis de président de la République, Emmanuel Macron en est – injustement ou pas – comptable aux yeux du peuple.

Avant d’exiger de la confiance de sa part, il faudrait déjà que le gouvernement s’en montre à nouveau digne et capable.

Patriotisme et nationalisme : Emmanuel Macron persiste dans l’erreur



Dans son discours à l’Arc de Triomphe le 11 novembre 2018, pour la cérémonie du centenaire de la guerre de 14-18, le Président de la République Emmanuel Macron a déclaré : « Le patriotisme est l’exact contraire du nationalisme. Le nationalisme en est sa trahison. »

Puis, pour ceux qui n’auraient pas bien compris le message, il a repris son antienne – à  l’usage des élections européennes du printemps 2019 – par une mise en garde sur le risque que le « cours tragique » de l’histoire pouvait encore reprendre. Par réflexe, peut-on donc consulter le Petit Robert pour voir les définitions de chacun des deux mots.

Dans la première acception du terme « nationalisme », on est invité à regarder chauvinisme et patriotisme. Pour la deuxième, en tant que doctrine, il est proposé de lire : Le nationalisme intégral de Charles Maurras. Quant à la troisième, il s’agit de la doctrine d’un mouvement politique qui revendique pour une nationalité le droit de former une nation.

Dans tout cela, je ne vois rien de bien inquiétant puisque, si j’en crois ma carte nationale d’identité, délivrée par la République française, il est bien précisé que je suis de « nationalité française ».

Tout cela pour dire que la vision – à mon sens fausséede l’Histoire qui habite Emmanuel Macron explique pourquoi il revient, régulièrement, sur le thème de la « souveraineté européenne » qui n’existe pas dans l’état actuel des choses (voir Titre Premier de notre Constitution de 1958).

Cette fausse bonne idée est-elle liée à un rêve d’une Europe supranationale, ou à une seule ambition personnelle ? Alain Peyrefitte, dans son ouvrage consacré aux très nombreux entretiens qu’il avait eus avec le général de Gaulle, il y a cette réponse du général : « Pour éviter les pièges du nationalisme, soyons des nationaux ! »