Gilets jaunes : la faiblesse du gouvernement confine à l’encouragement



Après l’acte VIII des Gilets jaunes, nombre de commentateurs et hommes politiques semblent surpris par la violence dans les manifestations, et/ou des actes qui visent à attaquer la République institutionnellement. Quelle naïveté, depuis le début des actions violentes ont été commises, sans parler des accidents – provoqués par des barrages sur les routes – qui  ont fait 10 morts !

Ce bilan est dramatique, et l’Etat a attendu, gentiment, 8 semaines pour que les organisateurs déposent enfin des demandes de manifestation en préfecture. La faiblesse insigne de ce gouvernement constitue pour les plus durs, et autres casseurs, un encouragement ; même si on ne sait plus quelles sont leurs autres revendications, outre celles qui ont déjà été satisfaites.

Autre signe inquiétant, voire de radicalisation, la présence de nombreuses femmes, plutôt jeunes, parmi les manifestants – en plus, elles chantent à la gloire des Gilets jaunes, et viennent de défiler seules, coiffées de bonnets phrygiens.

Les députés de La République En Marche (LREM) insistent constamment sur l’importance du “grand débat national” à venir, et dont le président de la République va bientôt nous en fixer le cadre. La ficelle est un peu grosse : tout le monde a bien compris que les conclusions pourront être reprises lors d’un référendum, lié aux élections européennes, et comportant plusieurs questions.

Le plus probable est qu’il ne sortira rien dudit référendum, et que les électeurs pourraient fortement bouder les urnes. Une autre solution serait de créer, au plus vite, une Assemblée constituante pour proposer une VIème République, tant l’actuelle est à bout de souffle après 24 modifications, la 15ème ayant été la plus néfaste avec l’instauration du quinquennat. Celui-ci fait cohabiter deux majorités – présidentielle et parlementaire – issues du même corps électoral, dans le même cadre espace/temps.

Le résultat provoque une paralysie de fait de l’exécutif : il est possible de changer une fois le Premier ministre, et très risqué de dissoudre l’Assemblée nationale. Cette nouvelle Constitution – comprenant des propositions issues du grand débat – pourrait  être soumise à référendum, avec les Européennes, fin mai 2019. Le général de Gaulle avait réussi à le faire en 1958, 4 mois après son retour au pouvoir !

P.S. : Pour mémoire, les médias – avec les chaînes d’infos en continu – ont fait preuve d’une grande complaisance avec les prétendus représentants des Gilets jaunes ; et d’aucune tolérance sur d’éventuelles bavures policières : c’est ce qu’on appelle l’objectivité dans les débats.

Le titre de cette contribution a été choisi par Le Politique en fonction de son contenu et non par son auteur.

Racisme anti-blanc : Marlène Schiappa, ministre d’Emmanuel Macron, crée le scandale



Alors que la violence redouble en France tandis que chômage, insécurité et impôts sont au maximum depuis des années, le gouvernement d’Emmanuel Macron et de La République En Marche (LREM) paraît cumuler les impairs qui enveniment une situation déjà tendue.

Ainsi la Secrétaire d’Etat en charge de l’égalité hommes-femmes et ex-blogueuse Marlène Schiappa s’est fendu d’un tweet discutable et que beaucoup d’internautes dénoncent comme raciste.

Le 6 janvier 2019 après un week-end mouvementé qui a vu s’affronter violemment forces de l’ordre et manifestants à Paris, Marlène Schiappa a écrit qu’à « la tête de la haute administration, on a principalement des hommes, blancs, qui ont fait l’ENA. » Aussi, ajoute-t-elle, « on manque terriblement de diversité dans les parcours. Quand tout le monde a le même logiciel, il n’y a plus d’intelligence collective. »

Si la critique concernant l’ENA et son omniprésence dans la haute administration – rappelons tout de même qu’elle fut créée à cette fin – peut se comprendre, en quoi le manque supposé « d’intelligence collective » serait-il déterminé par la peau « blanche » des « hommes » ?

Outre que si le mot « blancs » était remplacé par toute autre couleur et que le mot « homme » était remplacé par le mot « femme », Marlène Schiappa crierait probablement (et légitimement) au racisme et au sexisme en demandant des sanctions judiciaires, il est en effet hautement discutable d’oser émettre un lien de cause à effet entre « hommes, blancs » et « il n’y a plus d’intelligence collective ».

Le même type de propos dans la bouche d’une personnalité politique de droite provoquerait des réactions scandalisées immédiates, dès lors être de gauche autorise-il la tenue d’un propos potentiellement interdit par la loi ?

Quoiqu’il en soit, les mots de Marlène Schiappa suscitent des réactions de plus en plus mitigées dans l’opinion publique et les données disponibles montrent qu’ils portent parfois préjudice à la majorité présidentielle et par extension à Emmanuel Macron.

En attaquant de front les « hommes, blancs », pas sûr que Marlène Schiappa aide concrètement Emmanuel Macron à remporter les prochaines élections européennes qui s’annoncent d’ores et déjà comme une rare berezina pour LREM. Quiconque souhaiterait jeter de l’huile sur le feu ne s’y prendrait pas mieux.

Notes

(1)

Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan sont aujourd’hui capables de gagner l’alternance



Après la victoire par deux fois plus de voix d’Emmanuel Macron contre Marine Le Pen en mai 2017, on pouvait aisément imaginer que l’avenir politique de Marine Le Pen était compromis et que celui de Nicolas Dupont-Aignan serait semé d’embûches.

Mais la désaffection extrêmement rapide de la nouvelle majorité présidentielle et la continuation de difficultés structurelles allant du chômage de masse à la croissance faible à l’insécurité croissante ont fourni aux dirigeants du Rassemblement National (RN) et de Debout La France (DLF) les conditions adéquates pour un retour offensif.

Les derniers chiffres publiés dans les sondages confirment des tendances constatées par Le Politique depuis déjà le cœur de l’été dernier quand la grogne a muté peu à peu en colère contre l’exécutif En Marche (LREM).

Avec respectivement 24 points et 8 points d’intentions de vote aux élections européennes, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan sont les grands vainqueurs de la « séquence » gilets jaunes, prouvant une fois encore que la protestation de la France dite périphérique est essentiellement conservatrice et patriotique malgré une couverture médiatique plutôt « à gauche ».

Plus important encore et si les chiffres actuels se maintiennent, ils sont désormais à eux deux en situation arithmétique de gagner la prochaine alternance politique si seulement quelques points de pourcentage des Républicains (LR) se portent sur eux plutôt que sur Emmanuel Macron aux prochaines présidentielles.

Ce qui pourrait bien passer inaperçu constitue un potentiel premier signal fort de renversement de la vie politique française, soit peu ou prou le même que celui qu’Emmanuel Macron estimait incarner au centre. La véritable « Révolution » que Jupiter appelait de ses vœux en 2017 aura peut-être lieu en 2022, à rebours complet des pronostics « progressistes ».

Les données telles qu’elles existent aujourd’hui, en cas de continuation ascendante de la dynamique actuelle, montrent qu’une future majorité RN/DLF similaire à la majorité RPR/UDF d’antan n’est pas impossible.