Trois législatives et deux avertissements pour Emmanuel Macron



Bientôt un an après son élection à la présidence de la République, Emmanuel Macron n’est pas au mieux de sa forme et la République en Marche (LREM) piétine. Pire, elle recule, du moins dans les urnes puisque sur trois législatives partielles tenues le 18 mars 2018, seule une s’avère de bon augure pour le « Jupiter » disrupteur.

En Haute-Garonne, Joel Aviragnet (PS) a pulvérisé son adversaire Michel Montsarrat (LREM) avec 70,31% des suffrages contre 29,69%. M. Aviragnet a donc gagné avec 10,000 voix d’avance alors qu’il n’en comptait que 91 un an auparavant. « Quelque chose en train de se passer. Il n’y a pas que les militants qui souhaitent la renaissance » a commenté Olivier Faure, candidat à la présidence du Parti Socialiste (PS).

Scénario moins spectaculaire mais tout de même significatif dans le Loiret avec Jean-Pierre Door (LR) qui a récolté 38,20% des suffrages contre seulement 20,20% pour Mélusine Harlé (LREM). Considérant les 13,88% de Ludovic Marchetti (FN), semble-t-il très probable que M. Door conservera son siège à l’Assemblée nationale au second tour.

Consolation pour Emmanuel Macron à Mayotte en pleine crise où la députée sortante Ramlati Ati (LREM) devance au premier tour Elad Chakrina (LR) avec 36,15% des voix contre 32,59%. Si la réélection de Mme Ati au second tour le 25 mars 2018 est possible, elle est loin d’être assurée.

Que retenir du second tour des élections législatives 2017 ?



+12,7 points d’abstention

Le premier enseignement de ce second tour des élections législatives 2017 réside dans le taux d’abstention record à 57,36% soit 6,07 points de pourcentage de plus qu’au premier tour, un chiffre en hausse vertigineuse de 12,76 points de pourcentage par rapport à 2012 et un nouveau record depuis la création de la cinquième République en 1958.

Macron emporte la majorité absolue

Le deuxième est le score important du parti La République en Marche (REM) du président Emmanuel Macron qui avec 43,06% des votes exprimés mais seulement 16,55% des inscrits emporte une majorité absolue de 306 sièges, moins bien que les 400 à 440 sièges sur 577 espérés après le premier tour. La victoire de REM ne doit toutefois surtout pas être sous-estimée considérant qu’aucun, pas même Le Politique, ne prévoyait il y a quelques semaines encore une telle majorité parlementaire pour Emmanuel Macron.

Le PS sombre, LR n’est pas mort

Le troisième est l’effondrement prévisible du Parti Socialiste (PS) et de ses alliés avec seulement 44 députés – deux fois moins qu’après la déroute de 1993 – mais aussi des Républicains (LR) dont une très large partie de l’électorat a gonflé les rangs nombreux de l’abstention. Notons cependant que LR a mieux résisté que prévu au lendemain du premier tour et Le Politique relève – confirmant ainsi ses analyses – que les députés LR bien fixés « à droite » ont mieux résisté que les députés LR plus « centristes. »

Mélenchon et Le Pen en embuscade

Le quatrième est qu’en dépit de la vague REM, tant La France Insoumise (LFI) de Jean-Luc Mélenchon que le Front National (FN) de Marine Le Pen – tous deux élus – ont réussi à grossir nettement leurs rangs, avec 17 et 8 députés respectivement. Pour Le Politique, ceci indique que la dynamique en leur faveur, désavantagée par le mode de scrutin, reste une tendance à long terme qui bénéficierait à plein d’un échec d’Emmanuel Macron pendant son quinquennat.

Macron en position de force

Du point de vue politique, Emmanuel Macron aura les mains libres et n’aura aucune obligation de mener une politique à gauche ou à droite considérant qu’il n’aura besoin d’aucun allié d’un côté comme de l’autre. Si cette position de quasi-pleins pouvoirs est une aubaine, il est en quelque sorte « condamné à réussir » sans quoi le large « renouvellement » des députés pourrait se retourner contre lui en 2022.

Des Femmes et un défi pour LR

Aussi, la bonne nouvelle est l’entrée d’un nombre accru de Femmes à l’Assemblée nationale puisque 223 députées animeront en 2017 le palais Bourbon contre 155 en 2012, un record. Enfin et pour la droite en général, si tout n’est pas perdu, tout est désormais à reconstruire. Sans une profonde refondation et un positionnement clair, LR pourrait connaître en 2022 le sort du PS en 2017.

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Pour Florian Philippot, le mode de scrutin a un problème structurel



Malgré l’enjeu majeur que représente le second tour des élections législatives pour Marine Le Pen et donc pour l’avenir du Front National (FN), certains de ses cadres ne se découragent pas du score enregistré au premier tour et très inférieur à celui espéré à Nanterre.

C’est le cas du vice-président du FN, Florian Philippot, pour qui « l’ultra-majorité que risque d’avoir le système Macron à l’Assemblée assècherait le débat démocratique » et pourrait « ramener les électeurs aux urnes. » Critiquant l’absence de proportionnelle, Philippot estime que le mode de scrutin actuel empêche au Palais Bourbon la « bonne représentation nationale exprimée dans les urnes. »

Il est vrai qu’avec seulement 13,43% des inscrits et exactement 6.390.797 votes exprimés obtenus au premier tour, La République en Marche (REM) du président Emmanuel Macron pourrait emporter plus de 70% des 577 députés au second tour. D’où le « problème structurel » plaidé par Florian Philippot pour expliquer à la fois l’affaiblissement démocratique et l’abstention.

Le Politique rappelle donc que l’abstention a notamment touché la droite au sens large et qu’il lui appartient surtout de se remettre en question plutôt que de concentrer son attention à trouver des causes par ailleurs.

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