Absente du Grand Débat, l’immigration revient en force avec les Européennes



L’immigration et, selon « la droite », son corollaire islamiste suscitent une défiance inédite parmi les Français chez qui environ 80% se disent favorables à une réduction drastique du droit d’asile, à un renforcement des frontières et à un contrôle strict de l’accès au territoire national (et plus encore de l’installation et du regroupement familial).

Malgré donc le grand nombre de compatriotes se disant en faveur d’une politique migratoire plus sévère, la majorité présidentielle d’Emmanuel Macron et de La République En Marche (LREM) ont préféré évacuer ce thème sensible du Grand Débat qui visait pourtant le dialogue citoyen et la compréhension mutuelle.

Mais ce qui fut laissé à la porte du Grand Débat revient finalement par la fenêtre des élections européennes, en effet les dirigeants des trois partis politiques communément placés à droite de la scène politique nationale – Les Républicains (LR), le Rassemblement National (RN) et Debout La France (DLF) – abordent désormais le sujet de l’immigration plus directement et plus agressivement qu’auparavant, estimant qu’il y a urgence à traiter la problématique.

Le président de LR, Laurent Wauquiez, estime que « nous avons dépassé nos capacités d’intégration » et qu’en parallèle afin de « redonner un avenir à notre civilisation européenne, (il faut) arrêter de sous-estimer la menace islamiste ».

Son homologue du RN, Marine Le Pen, dénonce l’Union européenne (UE) comme « pro-immigration » et crois « qu’il faut au contraire des frontières nationales (…) et que les critères du droit d’asile soient raffermis. »

Quant au président de DLF, Nicolas Dupont-Aignan, il rappelle que des élus LR au Parlement européen ont voté en faveur du Pacte de Marrakech et voit « une crise existentielle d’identité » qui requiert un contrôle aux frontières pas « uniquement pour l’immigration mais aussi contre le trafic d’armes et de drogue, le terrorisme ».

En somme, « les droites » tentent de ramener au cœur du débat européen le premier sujet de préoccupation des Français avant même l’emploi et la fiscalité selon de nombreuses enquêtes d’opinion menées récemment, à rebours donc du Grand Débat qui aura manqué l’occasion d’aborder franchement ce sujet fondamental aux effets potentiellement élevés et déjà constatés.

Divorce entre le Pape François et les Catholiques d’Europe sur les migrants ?



La concorde avec l’Islam et l’accueil des migrants sont manifestement les priorités du Pape François qui s’affiche depuis son élection comme le plus « progressiste » des successeurs de Saint-Pierre. Au point que cela suscite une amère mésentente voire même un divorce avec de nombreux Catholiques qui se disent de moins en moins en phase avec les exhortations d’un Pape adulé par les médias mais moins apprécié par ses fidèles, notamment en Europe.

La cause principale ? La crise migratoire qui a ouvert les portes du continent à des millions de migrants, très majoritairement des hommes jeunes selon l’ONU et en provenance du Moyen-Orient, du Maghreb et d’Afrique. Face à cet afflux, les mouvements dits « populistes » ou « d’extrême droite » réussiraient peu à peu à convaincre des Catholiques de voter en leur faveur, eux qui sont souvent « de droite » mais généralement très opposés à tout extrémisme.

A cette croissance politique de ces « réseaux qui veulent les opposer à d’autres jeunes qui arrivent dans leurs pays, suscitent des alarmes et des peurs, » le Pape appelle les Catholiques « qui rejettent l’immigration » à plus de cohérence et à lire l’Evangile.

Sur les réseaux sociaux, la réponse a été plutôt défavorable, certains rappelant au Pape qu’il ne subit « probablement pas les effets de l’immigration de masse depuis le Vatican » et que réduire l’angoisse de voir des migrants propager un Islam fondamentaliste en Europe à « une mentalité xénophobe, de fermeture et de repli sur soi » revient à « être coupé de la réalité ».

Entre le spirituel et le temporel, entre les cieux et la Terre, entre l’Evangile et le réel, le Pape et les Catholiques d’Europe paraissent de plus en plus divisés, ces derniers s’étonnant par exemple que Rome n’ait guère à dire sur la multiplication vertigineuse des profanations d’Eglises notamment en France où le silence du gouvernement suscite un sentiment d’injustice.

Pro-migrante et voilée, Jasmine Ouirhane est désignée « jeune européenne de l’année 2019 »



Une Europe nouvelle émerge et Sciences-Po Bordeaux dont Yasmine O Jay – de son vrai nom Yasmine Ouirhane – est étudiante binationale franco-italienne s’en félicite (1).

Brandissant fièrement un drapeau de l’Union européenne (UE) devant ce qui semble être un monument romain à l’occasion d’une « marche pour l’Europe » en 2017, Mme Ouirhane porte également un voile islamique jaune d’une couleur identique aux étoiles du drapeau sur la photo qui la désigne « jeune européenne de l’année 2019 ».

Dans un message posté sur Facebook, Yasmine Ouirhane exprime sa joie d’avoir reçu ce prix du Parlement européen et de la fondation Schwarzkopf-Stiftung pour la jeunesse européenne (2).

« Nous avons gagné ce prix collectivement : pour les jeunes femmes, pour les filles d’immigrés, pour l’Europe, pour l’unité dans la diversité, pour le changement, la tolérance, le respect de l’autre, pour la paix, » écrit la jeune étudiante qui ajoute que « nous sommes aussi des Européens, aujourd’hui plus que jamais. »

Sur le fil Twitter de Sciences-Po Bordeaux, le premier commentaire indique « j’en connais qui rage (sic) déjà » comme si l’on pensait que la photo allait susciter quelque polémique.

Notes

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