Gilets jaunes : « Bloquer les routes, c’est pas bien mais c’est notre seul moyen »



Bloquer les routes, empêcher ou retarder ses semblables d’aller travailler et impacter ainsi négativement les entreprises ne sont vraiment pas la meilleure des idées, loin s’en faut.

Ni Emmanuel Macron ni Edouard Philippe ni leur gouvernement principalement composé d’individus issus d’une fonction publique ultra-protégée où l’emploi est assuré à vie n’en seront d’ailleurs économiquement impactés. Il leur suffira d’augmenter un peu plus l’impôt s’il manque quelques deniers pour se rémunérer pendant que « le Français d’en bas continuera à trimer pour entretenir les élites » (1) dont les résultats mauvais depuis si longtemps ont pourtant mené à ce désespoir national.

Il est probablement contreproductif à la longue de bloquer les routes et il est probablement préjudiciable de fragiliser un peu plus l’activité économique d’un pays dont la dette atteindra bientôt 100% du PIB. Certes, la libre circulation est un droit mais elle est « en même temps » fortement restreinte par les « taxes insoutenables » du gouvernement Macron qui la revendique pour mieux imposer son injuste politique.

Alors sur les barrages de France et de Navarre, les « gilets jaunes » savent bien que d’une certaine façon « ils emmerdent le monde » mais ils se disent soutenus – les enquêtes d’opinion publique le montrent – et au fond disent-ils, face à un gouvernement qui n’hésite pas à réprimer les faibles et qui se dérobe devant les forts, « que nous reste-t-il hormis le fait de descendre sur la voie publique ? » demande cette quinquagénaire bretonne, devenue chômeuse du jour au lendemain après vingt-cinq ans de dur labeur.

Le vote ? « Non, la dernière élection présidentielle nous a été volée. Macron a gagné grâce aux médias, » s’insurge une autre « gilet jaune » qui avait voté François Fillon et qui rejette un pouvoir qu’elle estime « illégitime ». Emmanuel Macron a gagné « avec et pour une minorité, soutenu par toute la caste médiatique que nous sommes forcés de subventionner avec notre argent » insiste un « gilet jaune », quadragénaire et smicard, « il a gagné par effraction, il l’a dit lui-même » ajoute-t-il.

Voilà peut-être le fond double de tout le problème, une classe politique décrédibilisée par ses mauvais résultats d’un côté, et une élection présidentielle 2017 vécue comme un cambriolage d’un autre.

Notes

(1) Les mots entre guillemets sont des propos entendus ou lus sur des sites de blocage ou de soutien aux « gilets jaunes ».

Vidéo : au Pont d’Aquitaine, le gouvernement Macron fait charger les gilets jaunes



Dégoût, voilà le seul mot qui vient à l’esprit lorsque l’on regarde la vidéo (1) ci-dessous montrant un homme relativement âgé – et participant au mouvement des « gilets jaunes » – être violemment jeté à terre par un membre des forces de l’ordre afin d’être « évacué » du pont d’Aquitaine à proximité de Bordeaux.

Si l’on comprend absolument qu’aucune protestation, même populaire et légitime, ne doit ni empêcher l’activité économique ni la libre circulation, on peut aussi s’émouvoir absolument d’un tel déploiement de force contre de simples citoyens Français venus exprimer pacifiquement leur mécontentement.

Surtout quand on constate depuis des décennies la passivité incroyable des « gouvernements » face au développement tous azimuts de l’islamisme, de la délinquance et de la grande criminalité qui pourrissent des quartiers entiers.

Notes

(1)

Gilets jaunes : Charlie Hebdo, le Bataclan, Nice ont brisé la confiance en l’Etat



Le mouvement massif des « gilets jaunes » ne consiste pas seulement en une protestation contre la hausse vertigineuse des taxes et des impôts mais résulte d’un amas de faits qui ont profondément choqué les Français ces dernières années et ont gravement modifié leur rapport avec l’Etat.

Au fondement du « contrat social » passé avec ce dernier réside la « sécurité », point sur lequel le gouvernement s’est avéré incompétent comme rarement dans l’Histoire. Précisons ici qu’un tel constat ne porte aucunement sur les organes en charge de notre sécurité nationale et auxquels est demandée une « mission impossible » mais bien sur les gouvernements successifs qui ont par leur inconséquence, leur inconscience et leur naïveté participé à la mort violente de centaines de concitoyens.

En laissant grandes ouvertes les frontières, en réduisant les effectifs de police et de gendarmerie, en ne luttant pas comme il se doit contre le totalitarisme islamiste, le gouvernement à la tête de l’Etat a en quelque sorte facilité – au moins involontairement – la vague de terreur qui a meurtrie la France depuis 2015.

Même si les médias n’en parlent aucunement non par censure mais par pure ignorance de la réalité populaire, l’incapacité du gouvernement et son incompétence en matière de sécurité nationale et publique a gravement endommagé le lien entre lui et le peuple, entre l’Etat et les citoyens.

Des « gilets jaunes » on ne retient que la colère contre la charge excessive de l’impôt mais on oublie maladroitement que si des millions de citoyens descendent désormais sur la voie publique c’est aussi peut-être en partie parce qu’ils n’attendent plus guère d’un Etat, d’un gouvernement qui se sont avérés incapables de les protéger.

Pour une raison simple : si le gouvernement avait fait le travail dont il a la charge, les attentats islamistes perpétrés ces dernières années n’auraient soit pas eu lieu soit auraient vu leur gravité et leur portée significativement amoindries.

Si l’Etat avait eu la véritable maîtrise de son territoire, les terroristes islamistes n’auraient jamais pu parcourir en long, en large et en travers « l’espace Schengen » qu’on nous vend comme l’alpha et l’oméga de la civilisation et l’Europe ne se serait pas transformée en une gigantesque crispation où pour se protéger d’extrémistes notoirement connus, on réduit les libertés publiques.

Demander dans ces conditions au peuple de « faire confiance » relève soit de la démagogie soit, pire, de la volonté de s’en moquer absolument.

Si la confiance a été rompue, c’est la faute du gouvernement qui doit être au service du peuple et non l’inverse. Par ses fonctions de secrétaire-général adjoint de l’Elysée, puis de ministre de l’économie puis de président de la République, Emmanuel Macron en est – injustement ou pas – comptable aux yeux du peuple.

Avant d’exiger de la confiance de sa part, il faudrait déjà que le gouvernement s’en montre à nouveau digne et capable.