Gilets jaunes : « Tous à Paris le 24 novembre ! » appelle le mouvement qui s’amplifie



Des acteurs du mouvement des « gilets jaunes » dont la première mobilisation le 17 novembre 2018 a rassemblé près de 1,26 million de concitoyens à pieds – cinq fois plus que les estimations « officielles » – appellent désormais à « bloquer Paris » le samedi 24 novembre 2018.

Franck Buhler, dont la vidéo avait notamment propulsé le mouvement, a selon France 3 Occitanie lancé (1) sur Facebook ce qu’il nomme « Acte 2 : toute la France à Paris ».

Aussitôt et en à peine quelques minutes, des dizaines de milliers de partage ont envahi internet et les réseaux sociaux, confirmant l’ampleur grandissante d’un mouvement qui échappe au gouvernement et aux syndicats.

Devant la morne d’Emmanuel Macron, les « gilets jaunes » entendent bien « ramener Jupiter à la raison » et lui rappeler « que la souveraineté est celle du Peuple français et non la sienne ».

Comme Le Politique le prévoyait donc, le mouvement gagne en amplitude et le risque de durcissement augmente en conséquence.

Notes

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Gilets jaunes : la contestation populaire peut-elle devenir révolution ?



Cela est peut-être plus qu’une simple contestation populaire et l’enchaînement des évènements laisse présager que les circonstances peuvent potentiellement connaître une aggravation soudaine.

Non pas que les manifestants « bon enfant » qui peuplent très majoritairement les colonnes immenses de « gilets jaunes » soient du jour au lendemain devenus des professionnels de l’insurrection mais la conjonction de l’effet de foule, du soutien massif de l’opinion publique et de la passivité gouvernementale constituent un terreau « favorable » – et dangereux.

La source primaire ou dans le langage commun l’allumette qui pourrait bien allumer la mèche d’une confrontation majeure naît de la sous-estimation systématique, chronique voire pathologique par les gouvernements successifs – et plus encore celui d’Emmanuel Macron – du ressentiment et de l’acrimonie qui animent bien des compatriotes actuellement.

Sous-estimation de l’impact absolument immense et dont les effets commencent à peine à s’esquisser des attentats islamistes subis ces dernières années avec la perte profonde de crédibilité de l’Etat qui s’ensuit et qui – les « gilets jaunes » l’ont bien compris – s’est montré incapable de « maîtriser » quelques terroristes. Sous-entendu, que peut bien faire le gouvernement si des millions de Français envahissent l’espace public ?

Sous-estimation de l’impact absolument délétère de la précarité croissante non seulement parmi les catégories les plus pauvres de la population mais aussi, de plus en plus, des classes moyennes alors de plus en plus enclines elles aussi à rejoindre la contestation.

Sous-estimation de l’impact intégralement mal vécu – une humiliation supplémentaire – de l’intransigeance gouvernementale d’Edouard Philippe qui dit entendre mais ne pas bouger d’un iota. Ajoutez à ceci la convergence des « luttes » entre compartiments politiques partageant pourtant peu et se propulse ainsi la mutation d’une contestation populaire en une hypothèse révolutionnaire augmentée.

Le peuple gronde et son mécontentement vient de fort loin et ne date ni d’hier ni de la hausse soudaine des taxes sur les carburants. Gare à ce que le mécontentement ne se change pas soudainement en colère car en l’état actuel de la force publique, Emmanuel Macron et son gouvernement seraient dans l’incapacité probable d’en empêcher les effets.

Sous-estimer systématiquement tout, pour tout et n’importe quand au prétexte que l’on détient le pouvoir et que l’on appartient aux « élites » est une erreur manifeste d’analyse. En effet, la réalité conservatrice du terrain pourrait bien finir par dépasser la fiction de l’entre-soi « progressiste ».

Gilets jaunes : Emmanuel Macron a le devoir de restaurer une démocratie véritable



Certes comme souligné dans un précédent article, seule l’élection démocratique constitue la seule véritable « contestation » et toute autre tentative s’avérerait hautement contreproductive pour notre vie Républicaine et pour nos libertés publiques. Cependant la mobilisation des « gilets jaunes » n’est pas née sui generis et résulte de circonstances dont la prise en compte est aussi nécessaire qu’urgente.

D’abord, la précarité et la détérioration économiques et sociales sont réelles et impactent un nombre sans cesse croissant de citoyens qui s’interrogent légitimement sur l’usage fait par le gouvernement des tombereaux d’impôts qui lui sont imposés.

Ensuite, une crise politique et culturelle – voire civilisationnelle – autrement plus profonde et durable que ne l’imagine le microcosme des « élites » parcourt la France entière et balaie les foules d’une légitime angoisse quant à l’avenir de leur mode de vie et de ce qui fait d’eux des « Français » ; les « blessures » du Bataclan, de Nice et de tant d’autres drames sont béantes et les sparadraps inutiles du « vivre ensemble » n’ont pas stoppé l’hémorragie.

Enfin, le contrôle quasi-intégral des médias, des réseaux sociaux et du discours politique par les « progressistes » lamine gravement les fondements de notre République par des atteintes graves et répétées contre les droits fondamentaux au premier rang desquels la Liberté d’expression, et prive toute autre pensée politique – même libérale-conservatrice – d’espace médiatique équitable.

La contestation qui s’est exprimée le 17 novembre 2018 résulte d’un amas de faits, de coups et d’humiliations portés par les « progressistes » et en mesure de saper durablement l’essence démocratique de notre République. Si les « gilets jaunes » ont le devoir d’agir démocratiquement et avec discernement, il appartient en priorité au gouvernement et à Emmanuel Macron de rétablir une véritable démocratie en République française.

Il n’est ni souhaitable ni démocratique que seule une minorité auto-proclamée « progressiste » conserve plus longtemps le monopole de la « bonne pensée », des médias et de la « légitimité politique » contre les affreux « nationalistes ».

Nourrir l’affrontement en deux camps dont l’un est perpétuellement désavantagé au prétexte de « sauver la démocratie » ne fait qu’abîmer cette dernière plus gravement encore. Pour que renaisse l’esprit démocratique doivent être restaurées la Liberté d’expression, l’équité Républicaine et la souveraineté populaire véritable.