Bruno Retailleau trouve « insupportable » que l’ONU classe la France avec Haïti



Les réactions concernant le mouvement des Gilets jaunes lancé début novembre 2018 ne se cantonnent plus à la France puisque de plus en plus de personnalités et même d’institutions internationales expriment désormais leur avis.

Parmi elles, l’Organisation des nations unies (ONU) vient tout juste de demander une enquête pour usage excessif de la force par la police et la gendarmerie nationales françaises à l’encontre des manifestants se revendiquant des Gilets jaunes.

En effet, des faits « d’ultraviolence » selon le sénateur vendéen et président du groupe Les Républicains (LR) au Sénat, Bruno Retailleau, ont émaillé plusieurs manifestations. En réponse, le gouvernement d’Emmanuel Macron promeut une loi dite « anti-casseurs » et dont le contenu suscite quelque inquiétude concernant la préservation des libertés publiques.

« Si on n’extirpe pas cette violence des manifestations, progressivement, le droit constitutionnel de manifester pacifiquement sera entamé, » reconnaît Bruno Retailleau (1) qui se dit défavorable à l’interdiction des manifestations mais souhaite « écarter ceux qui viennent pour piller, casser, propager la haine anti-flics. »

Une position a priori majoritairement partagée par l’opinion publique qui estime que manifestants et casseurs ne doivent pas être confondus.

Notes

(1)

Macron et Merkel hués et humiliés à Aix-la-Chapelle, un signe inquiétant



Le dispositif de sécurité exceptionnel et l’opération médiatique n’auront pas empêché les images extrêmement humiliantes d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel réunis à Aix-la-Chapelle pour signer un nouveau traité franco-allemand.

C’est en effet sous des huées importantes (1) et couvrant totalement les quelques applaudissements épars que les deux dirigeants européens ont salué une foule résolument hostile et portant des panneaux disant « Merkel muss weg » (« Merkel doit partir ») et « Macron démission ».

On pourrait considérer qu’un tel déferlement de mécontentement est un fait anodin tant le décalage entre les gouvernants et les peuples est grand, mais il souligne en fait la gravité d’une situation qui se détériore à mesure que les semaines passent et que s’approchent les élections européennes 2019.

Les embellies enregistrées dans les sondages paraissent ainsi passagères et les promesses « d’écoute » et de « compréhension » mèneront droit à la catastrophe générale si elles ne sont pas immédiatement et efficacement suivies d’effet.

Que les deux plus importants dirigeants européens soient hués de la sorte en dépit d’un quadrillage digne d’un G8 dans une ville pourtant calme comme Aix-la-Chapelle est un message inquiétant adressé aux « élites » qui n’impressionnent plus guère les « peuples » et dont une partie explique sur les réseaux sociaux que leur « pouvoir » ne tient qu’au maigre soutien des forces de l’ordre et des Armées.

Après la petite éclaircie, la grosse tempête ?

Notes

Gilets jaunes : retirer son argent des banques est-il une bonne idée ?



Il semble parfois loin le temps où le mouvement des gilets jaunes manifestait pour moins d’impôts et pour la libération de l’économie, la liberté d’entreprendre et la liberté de prospérer pour soi-même et pour ses proches.

En quelques semaines, des thèmes d’extrême gauche semblent avoir altéré la dynamique pour contrer ce qui pourrait justement donner à la France un véritable avenir. De gilets jaunes comme de la France, il y a donc deux sortes, une majoritaire et pacifique qui demande à l’Etat de réduire sa voilure et de baisser drastiquement les impôts, une minoritaire et agressive qui demande tout et n’importe quoi à l’Etat et remet à l’ordre du jour des idées de gauche dont l’application pendant des décennies a pourtant été un échec monumental à l’instar du mythique – et terriblement contre-productif « impôt sur la fortune » (ISF).

Parce que le glissement à gauche toute semble être insuffisant aux yeux des plus radicaux, voilà que Maxime Nicolle, l’un des leaders du mouvement, propose que les Français retirent leur argent des banques le samedi 12 janvier 2019 dans le cadre d’un « référendum des percepteurs » visant à créer une « panique bancaire » (bank run). Ainsi donc, l’Acte 9 de la mobilisation des gilets jaunes consisterait à « faire peur à cet Etat en toute légalité et sans la moindre violence, » explique un activiste sur Facebook.

Certes l’idée peut séduire mais derrière l’apparence se cache une réalité que personne ne doit ignorer. Soyons directs, une panique bancaire ne servirait pas la France et abîmerait un peu plus notre économie nationale déjà mal au point. Si vous retirez votre argent, il ne produira plus aucun intérêt et vous devrez le cacher dans un endroit à la sécurité autrement plus relative – voire réduite – que celle de votre compte en banque.

Aussi, l’effet domino d’une telle manœuvre mènerait à une crise bancaire profonde qui impacterait l’intégralité des Français, dont les classes moyennes dites « riches » et sans lesquelles allocations, sécurité sociale et services publics ne seraient pas financés – vous savez ces « salauds de riche » à qui on prend tout sans jamais leur dire « merci » et dont on s’étonne qu’ils puissent penser à partir.

Une défaillance même partielle du système bancaire n’assainirait pas la situation mais l’empirerait dramatiquement, créant des millions de chômeurs supplémentaires et transformant la France d’aujourd’hui en Venezuela européen de demain avec des pénuries alimentaires et énergétiques sévères. Que les banques soient critiquables est légitime, mais diffuser le message selon lequel une panique bancaire pourrait avoir un effet positif est faux puisqu’en bout de chaîne, ce sont les clients des banques à savoir vous, moi, nous tous qui serions principalement et négativement concernés.

Enfin, rappelons que si notre système bancaire est imparfait, il emploie de très nombreux Français, permet à la France de se hisser parmi les grandes puissances bancaires mondiales – et c’est un enjeu majeur de souveraineté, et apporte une réelle stabilité à notre dette publique grâce à laquelle son financement est compétitif. Retirez votre argent des banques et aussitôt les taux souverains de la France bondiront et rendront insoutenable le service de notre dette, celle-là même qui est indispensable au versement des allocations, au bon fonctionnement des services publics et à la sécurité sociale.

Attaquer les banques revient en somme à s’attaquer à nous-mêmes. Si plus de contrôle, plus de déontologie, plus d’éthique, plus de solidarité sont probablement nécessaires à notre système bancaire, il convient de rappeler qu’il est indispensable et que des millions de Français en sont d’ailleurs sociétaires. La démagogie n’a jamais mené autre part qu’à la catastrophe, et il ne s’agit pas là de « défendre les banques » mais d’être réaliste et juste.