L’affaire Benalla prouve combien le Sénat est indispensable à notre République



L’affaire Benalla n’a pas seulement des conséquences politiques mais aussi des conséquences potentiellement institutionnelles. La défense d’Emmanuel Macron, de son gouvernement et des membres de son administration présidentielle a au moins un grand mérite : elle souligne mille fois l’importance et la nécessité d’un contre-pouvoir parlementaire fort en cas de dérives du pouvoir exécutif.

Dans le contexte de la réforme constitutionnelle souhaitée par Emmanuel Macron et qui suscite de vives et légitimes inquiétudes sur la pérennité de l’équilibre institutionnel de la République française, le Sénat a démontré encore une fois son caractère indispensable.

En effet, et sans amoindrir les efforts valeureux des députés de l’opposition, ce sont les sénateurs menés par leur président Gérard Larcher qui sont en mesure de poursuivre efficacement l’enquête relative à l’affaire Alexandre Benalla en toute indépendance de l’Elysée et du gouvernement.

Sans le Sénat et considérant que la majorité présidentielle d’Emmanuel Macron à l’Assemblée nationale semble entraver délibérément le bon déroulement de l’enquête, bien des informations n’auraient pas été connues des Français. A la suite donc de ces événements particuliers ne peut-on qu’insister sur l’impérieuse nécessité que le Sénat demeure à l’avenir une institution autonome, indépendante et capable.

L’affaire Benalla prouve combien sont grands les enjeux de la réforme constitutionnelle et combien la République française ne saurait aucunement se passer d’un Sénat comme force de proposition mais aussi d’équilibre démocratique.

Gérard Larcher et tous ses collègues sénateurs sont aujourd’hui les véritables défenseurs de la République et les seuls à même de garantir la découverte de toute la vérité, rien que la vérité ; à travers par exemple une enquête spéciale de la DGSI.

Affaire Benalla : une enquête indépendante de la DGSI est indispensable



Le président de la République Emmanuel Macron « assume tout » concernant l’affaire Alexandre Benalla, contredisant au passage tout son gouvernement dont le premier ministre Edouard Philippe s’étant pourtant employé à n’en faire qu’une « dérive individuelle ».

Considérant la nature des faits reprochés aux divers intéressés, considérant la découverte récente d’éléments d’interception électronique en divers endroits du Sénat, considérant l’hostilité accrue dûment présumée de services étrangers, il convient au nom du principe de précaution d’ordonner la mise en place d’une enquête indépendante par la DGSI en collaboration avec tous les organes compétents dont son homologue extérieure la DGSE.

Cette enquête consiste en une précaution élémentaire indispensable afin de s’assurer que cette affaire Alexandre Benalla et tout ce qui graviterait autour ne sont pas le résultat d’une problématique multi-niveaux plus complexe qu’à première vue.

Considérant l’usurpation de titres et d’action opérationnelles de la police nationale, considérant les habilitations conférées, considérant le badge d’accès H au Parlement apparemment confié à Alexandre Benalla, il semble qu’une nouvelle vérification approfondie de tous les personnels en poste à l’Elysée et au Parlement soit nécessaire.

Toute interaction extérieure ainsi que les emplois du temps devraient également être traités. Telle enquête n’est pas justifiée par quelque volonté d’incriminer qui que ce soit mais par le seul souci de s’assurer que le secret de la défense / sécurité nationale n’a pas été compromis au plus haut niveau institutionnel, même de façon involontaire et / ou à l’insu de quelque individu impliqué.

Aussi, le président de la République Emmanuel Macron donnera-t-il évidemment son accord à telle initiative puisqu’il est absolument dans son intérêt et dans celui, souverain, de la République, qu’elle soit menée efficacement.

Aussi, pour garantir son indépendance considérant les effets politiques de l’affaire, telle enquête indépendante de la DGSI devra-t-elle être sous la responsabilité du président du Sénat Gérard Larcher et donc du Parlement, considérant l’implication politique directe de l’exécutif ; gouvernement, ministère de l’intérieur et Elysée compris.

Au-delà des conséquences et des responsables politiques, il revient donc aux organes de renseignement de vérifier l’absolue intégrité de la chaîne institutionnelle, au nom de la République Française et dans le strict respect de la constitution.

Considérant l’intensité des faits présumés et surtout le niveau auquel ils auraient été commis, une enquête indépendante de la DGSI, menée en toute sérénité et sans aucune possibilité d’interférence du pouvoir exécutif, semble logiquement requise. Le Sénat doit se saisir de cette problématique de la plus haute importance et en assumer la supervision.

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Affaire Benalla : la DGSI doit enquêter sous l’autorité du Sénat



Qui est Alexandre Benalla ? Quel est son parcours ? Quel est son état-civil exact ? Comment, sans habilitation, pouvait-il être présent à certains événements incluant des personnalités étrangères dont les gouvernements sont pourtant extrêmement tatillons concernant toute présence externe ?

Au-delà du « scandale » politique dont le traitement revient au monde politique, la dynamique de cette affaire se situe aussi au niveau du renseignement puisque la présence d’un individu « inconnu » du ministre de l’intérieur Gérard Collomb auprès du chef de l’Etat Emmanuel Macron pose de nombreuses questions. Gageons que M. Collomb dit vrai quand il affirme ne pas connaître M. Benalla, alors peut-on s’interroger avec inquiétude sur l’omniprésence de ce dernier qui disposait, paraît-il, des clefs de la villa des Macron au Touquet.

L’urgence la plus impérieuse consiste désormais à ce que le renseignement intérieur – la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) – puisse enquêter en indépendance complète de son ministre de tutelle Gérard Collomb puisque politiquement impliqué.

Une proposition utile serait donc que la DGSI puisse suivre toute piste qu’elle juge pertinente, de façon compartimentée, sous l’autorité indépendante du président du Sénat Gérard Larcher considérant les intérêts potentiellement contradictoires de ceux qui, au gouvernement comme à l’Elysée, auraient autorité statutairement directe ou indirecte sur elle.

Cette innovation dont la validité constitutionnelle doit être préalablement confirmée semble la seule capable d’établir en profondeur les liens, les intérêts et l’identité des acteurs qui pourraient avoir « placé » cet individu au cœur du dispositif Elyséen. Si rien n’est décelé, au moins se sera-t-on assuré que rien n’interférait lorsque M. Benalla était en poste de proximité avérée avec le président de la République.

Deux étapes donc :

1) La DGSI doit constituer une équipe d’enquête spécifique.
2) Cette équipe ne devra rapporter les éléments de ses avancées qu’au président du Sénat en parallèle d’une commission d’enquête parlementaire sans que le pouvoir exécutif ne puisse, en aucune façon, s’immiscer ou interférer.

Seuls ces deux impératifs permettront la réalisation d’une véritable enquête afin d’établir les responsabilités et les vulnérabilités potentielles.

Il ne s’agit pas d’incriminer Emmanuel Macron ou de susciter du scandale là où il n’y en aurait pas mais de s’assurer de la parfaite intégrité de la sécurité nationale au plus haut niveau institutionnel, et une vérification approfondie s’avère manifestement indispensable ; au moins à titre de précaution.