La crise avec la Corée du nord est aussi un danger pour l’Europe



La tension est montée encore d’un cran avec la sixième test nucléaire conduit depuis 2006 par la Corée du nord qui affirme avoir concrétisé son objectif à long terme à savoir se doter de la bombe à hydrogène – dite bombe H. Outre que ce progrès expose l’efficacité d’un programme nucléaire secret mené avec toute la mobilisation d’un Etat et de ses moyens, il souligne l’échec lourd de conséquences futures de la lutte contre la prolifération.

En sus d’un risque augmenté de voir d’autres pays se doter de l’arme nucléaire et de la voir tomber un jour entre les mains de groupes terroristes, la situation nord-coréenne est aussi une menace pour l’Europe. Toute option militaire entre la Corée du nord, les Etats-Unis et leurs alliés est non seulement susceptible de déboucher sur un conflit militaire élargi à la Chine et à la Russie mais elle provoquerait au moins quelques temps une baisse sensible des marchés financiers qui impacterait négativement les perspectives de la croissance économique mondiale.

L’Europe ne pourrait pas échapper à un tel contexte détérioré et la timide reprise observée en zone euro serait non seulement compromise mais le système bancaire européen en souffrirait plus encore. En effet, considérant par exemple les difficultés persistantes du système bancaire italien, la zone euro paierait le prix fort en cas d’aggravation de la situation en Asie, hypothéquant tant sa pérennité économique à long terme que son existence politique puisqu’il n’est pas sûr qu’après tant de difficultés la zone euro puisse encaisser un nouveau choc économique mondial résultant d’une crise nord-coréenne aigue.

Le potentiel d’aggravation en Asie semble sous-estimé par les gouvernements européens, pourtant sa concrétisation aurait de réelles conséquences sur la stabilité économique et politique de l’Europe. Nous ne sommes pas prêts, ni économiquement et encore moins militairement, à toute détérioration soudaine à forte connotation militaire de la problématique nord-coréenne. Nous l’ignorons collectivement mais le prix à payer par l’Europe en bout de chaîne d’une réaction qui couve depuis si longtemps pourrait s’avérer élevé.

« Soft Power », l’opportunité d’un réalisme à la française



La France aurait le plus important « pouvoir de convaincre. » Dans son ouvrage Bound to lead publié en 1990, le théoricien néolibéral américain des relations internationales Joseph Nye a développé la notion de « soft power » comme usage de l’influence culturelle et économique d’un pays pour persuader d’autres pays d’agir sans recourir à la force ou à la coercition.

En d’autres termes, la poursuite de la guerre – dans tous ses domaines dont l’économie – par d’autres moyens. L’élection du président de centre-gauche Emmanuel Macron aurait propulsé la France du cinquième au premier rang mondial dudit Soft Power 30, détrônant ainsi les Etats-Unis de Donald Trump relégués à la troisième place après le Royaume-Uni.

Disposant d’atouts historiques rares tels une culture à vocation universelle et le second plus important réseau diplomatique mondial, la France serait donc actuellement la nation la plus influente. Même si cette annonce peut être contestée tant les résultats se distinguent de seulement quelques centièmes – la France a obtenu un score de 75,75 contre le Royaume-Uni à 75,72 – il y a matière à s’en réjouir si Emmanuel Macron réussit à en saisir toute l’opportunité.

En effet, souvent critiqué comme un classement de « bobos ultralibéraux » ou « de la bien-pensance mondialiste », il confirme toutefois le potentiel de la France dont la vision par des tiers extérieurs est souvent moins pessimiste que celle de ses propres citoyens. Certes est-il souvent aisé d’idéaliser la France quand on la connait peu mais reconnaissons aussi que les Français ont une forte tendance à croire l’herbe plus verte ailleurs sans réaliser combien « ailleurs » est variable et comporte souvent bien des écueils dont la plupart des Français ne se préoccupent pas.

C’est au niveau international que ce retour de la France au sommet de l’influence constitue une belle occasion à saisir. Considérant les défis immenses qu’affronte le monde développé, Emmanuel Macron doit non pas suivre de façon mimétique la politique souvent dénoncée comme « bienpensante » de la chancelière allemande Angela Merkel mais rappeler avec franchise l’Europe et l’ensemble du monde au réalisme.

La résurgence de ce dernier est indispensable si l’Europe souhaite survivre en tant que culture et espace de paix et de progrès. Il n’est pas question d’exclure tout humanisme mais de profiter de cette influence accrue pour exprimer au monde le message clair et légitime selon lequel la menace terroriste et la crise migratoire paroxystique constituent de véritables bombes à retardement pour la paix en Europe et pour le développement en Afrique.

Il n’est pas question de supprimer toute générosité mais de ramener le monde au principe de réalité selon lequel l’Europe ne peut pas supporter seule le fardeau de continents entiers plongés dans la crise politique, démographique ou économique. Si Emmanuel Macron semble plutôt suivre jusqu’à maintenant les pas d’Angela Merkel, l’influence actuelle de la France est pour lui l’occasion rêvée de s’émanciper de la vision germano-centrée de l’Europe et, sans rien concéder de ses idées progressistes, d’adopter une posture plus réaliste en matière de sécurité internationale, de sécurité nationale et d’immigration.

Entre Donald Trump et Angela Merkel, la France peut donc ouvrir une troisième voie à savoir celle d’un réalisme équilibré entre devoir d’accueil du véritable réfugié de guerre, femmes et enfants pour motif humanitaire et refus de la migration masculine à motif principalement économique. Sans retour au réalisme, l’Europe mettrait gravement son existence en péril et la France peut – et doit – profiter de son influence croissante pour réveiller les élites bruxelloises et berlinoises déconnectées du réel.

L’inusable Ségolène Royal nommée ambassadrice aux Pôles



Une large part des Français l’ont toujours connu en politique.

Ancienne conseillère générale, ancienne députée, ancienne ministre, ancienne présidente de région, ancienne candidate à l’élection présidentielle pour le Parti Socialiste (PS), l’inusable Ségolène Royal a été nommée ambassadrice pour les pôles Arctique et Antarctique et succède à l’ancien premier ministre Michel Rocard décédé en 2016.

Décrivant son nouveau poste comme « une très belle mission », Ségolène Royal a insisté sur la chaîne LCP sur l’enjeu écologique que représentent les deux pôles.

« L’impact du réchauffement climatique se voit massivement aux pôles. La banquise a reculé de plusieurs kilomètres en quelques dizaines d’années. Ces masses d’eau douce qui ont été conservées pendant des centaines de milliers d’années tout d’un coup fondent, se répandent à l’échelle planétaire et ensuite suscitent la montée du niveau de la mer mais aussi des perturbations sur la biodiversité absolument considérables, » a expliqué l’ancienne ministre de l’environnement, remarquée pour son engagement en faveur de l’accord de Paris sur le climat.

Aussi, devra-t-elle défendre les intérêts français et européens dans la course principalement entre américains, canadiens et russes pour le contrôle et l’exploitation des vastes ressources énergétiques de la région arctique. La fonte des glaces et donc l’accès futur à de nouvelles ressources souterraines « suscitent les convoitises des Etats riverains, » a résumé Ségolène Royal.

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