« Beaucoup espèrent le retour de Hollande, » pourquoi Julie Gayet est-elle pertinente ?



La ligne éditoriale de Le Politique est principalement de droite libérale, conservatrice et Républicaine. On est donc loin de pouvoir se muer en agitateur virtuel pro-socialiste même si après un premier article plutôt sympathique concernant Olivier Faure, le nouveau patron du Parti Socialiste (PS), l’actualité nous incite à enchaîner avec un article pas méchant non plus concernant François Hollande, l’ex-président socialiste.

D’un point de vue analytique, comme toujours, les propos de Julie Gayet concernant la popularité de ce dernier, son compagnon à la vie civile, ne sont pas dénués ni de bon sens ni d’intérêt. Stupeur parmi les lecteurs de Le Politique : « Mais comment ! Hollande populaire ? Celui est qui est parti de l’Elysée à 4% de popularité ? » s’exclament probablement déjà quelques-uns d’entre eux.

Prenez donc trois faits qui importent dans l’appréciation plutôt judicieuse exprimée par Julie Gayet. D’abord, le succès du livre de François Hollande Les leçons du pouvoir est une réalité et avec honnêteté ne peut-on que reconnaître que ses autographes dans les hypermarchés – on se rappelle notamment du E. Leclerc de Plérin en Bretagne – ont déplacé une foule improbable.

Ensuite, François Hollande porte certes avec lui les « casseroles » de son quinquennat dont les résultats sont très critiquables, de l’acuité de la menace terroriste qui a causée tant de malheurs à la panne sévère de l’économie française, mais il ne porte pas de « casseroles » judiciaires spécifiques – fait notable dans l’histoire mouvementée de la cinquième République.

Enfin, François Hollande est celui qui a mis – involontairement ? – Emmanuel Macron en orbite. Si quand on est véritablement de droite, on peut vraiment lui en vouloir, un certain nombre pourrait se demander si là aussi celui qui fait peut aussi être celui qui défait. En effet, qui mieux que celui qui l’a propulsé peut véritablement faire revenir sur terre Jupiter ?

Que vous le pensiez ou non n’est pas la question mais il est toutefois possible qu’à la mesure de la défiance suscitée par Emmanuel Macron et augmentée par l’affaire Alexandre Benalla, François Hollande finisse chez quelques-uns par apparaître carrément plus supportable et même sympathique.

Pour conclure, si les mots de Julie Gayet ne sont pas d’une objectivité flamboyante, ils corroborent probablement quelques indications vérifiables directement sur le terrain, auprès des électeurs. Guère besoin d’être socialiste pour constater que la situation est aujourd’hui telle que certains osent de plus en plus lâcher qu’un Hollande valait peut-être finalement mieux qu’un Macron à l’Elysée.

Cette « popularité » nouvelle – embryonnaire – de François Hollande mesure combien Emmanuel Macron est en grande difficulté, à mille lieues de ce que lui confient ses conseillers. Ce qui compte est ce qui est, et non ce que l’on pense de ce qui est. Julie Gayet dit donc en partie vrai même si elle exagère en disant « beaucoup ».

Le chômage en hausse signe-t-il l’échec de la méthode Macron ?



Le « mozart de la finance » et « l’excellent ministre de l’économie » devenu président de la République est mis en échec. Sa politique de choc fiscal, similaire à celle de son prédécesseur et mentor socialiste François Hollande, a comme prévu étouffé l’économie nationale.

En plus d’une consommation en panne et d’une croissance économique très décevante, le marché de l’emploi n’a jamais paru aussi dévasté qu’en ce moment. Déjà à un niveau record au premier trimestre 2018, le chômage a encore augmenté au deuxième trimestre tandis que les conditions économiques internationales se détériorent sous l’effet conjugué d’une hausse des cours des matières premières et de la guerre commerciale menée par le président américain Donald Trump.

Aussi, l’annonce du ministère du travail rappelant la « baisse » du chômage les deux trimestres précédents est trompeuse puisque l’ajout des catégories D et E aux catégories A, B et C montrait une « baisse » nette de seulement 100 chômeurs (oui, cent) sur un an, depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée.

En pleine affaire Alexandre Benalla, cette annonce d’une nouvelle hausse du chômage semble signer l’échec patent de la politique macroniste puisqu’en dépit d’impôts, de taxes et d’une dette publique sensiblement augmentés, l’économie française ne se porte guère mieux.

Pire, la précarité se développe et le choc fiscal devrait logiquement se poursuivre pour financer un Etat qui n’a toujours pas compris que l’impôt en France a depuis longtemps tué l’impôt. Résultat, les Français payent toujours plus pour avoir moins, sans amélioration aucune de la situation générale. Emmanuel Macron est au pied du mur et son bilan ressemble furieusement à celui de François Hollande dont il fut le principal conseiller économique.

En élisant Emmanuel Macron, les Français ont bien réélu François Hollande



Avec la majorité présidentielle En Marche dirigée par deux ex-députés socialistes Christophe Castaner et Richard Ferrand (1), on allait renouveler la politique… Beaucoup y ont cru au point qu’Emmanuel Macron a été élu président de la République, à peine trois ans après être sorti de l’anonymat et sans jamais avoir été élu à quelque mandat.

Souhaitant tellement le changement, très nombreux sont ceux qui n’ont pas regardé la réalité comme elle était à savoir qu’Emmanuel Macron a été un membre actif du Parti Socialiste (PS), qu’il affirme lui-même « être de sensibilité de gauche », qu’il a été conseiller de François Hollande dès 2011 puis son Secrétaire-général adjoint à l’Elysée puis son Ministre de l’économie jusqu’en août 2016.

Croire au changement en portant au pouvoir la plus parfaite continuité du hollandisme, il fallait le faire et les Français l’ont fait. Le résultat est que sur les sujets qui les inquiètent le plus à savoir le terrorisme et l’islamisme, la politique d’Emmanuel Macron est comme prévu identique à quelques nuances près à celle de François Hollande.

Beaux discours, postures martiales mais incompréhension profonde de la problématique, incapacité à réaliser la gravité de la menace et balayage dogmatique de toute proposition de l’opposition. Les innocents assassinés s’accumulent, les terroristes circulent librement dans l’espace Schengen, l’islamisme se développe tous azimuts, les services de renseignement sont débordés, les forces de l’ordre sont dépitées mais le danger, Macron comme Hollande l’affirment, vient de l’affreux « populisme ».

Sans pour autant l’apprécier, peut-on tout de même évaluer que le « populisme » n’égorge personne, ne rafale pas des civils dans les rues et ne menace pas la République au point de l’abîmer irrémédiablement. Un tel constat sera forcément interprété comme « populiste » puisque dire la vérité est désormais interdit au pays du « printemps » et du « progressisme » En Marche.

Vous avez élu Emmanuel Macron, vous avez donc bien réélu François Hollande. L’impéritie au sommet face à l’islamisme en est la preuve.

Notes

(1) L’écrasante majorité des cadres et des conseillers de la majorité présidentielle d’Emmanuel Macron sont issus de l’ancienne majorité présidentielle de François Hollande. Apparemment, nombre de Français l’ignorent encore. Quand François Hollande disait « Emmanuel Macron, c’est moi », il disait bien la vérité.