Marine Le Pen dénonce une décision gravissime concernant son parti politique



Les millions d’électeurs du Rassemblement National (RN, ex-FN) ne sauront que le 26 septembre prochain si leur parti politique survivra à la tempête judiciaire qui s’abat sur lui.

« Nous allons serrer les dents, mais l’atteinte démocratique liée à cette décision de saisie est historique et gravissime dans ses conséquences, » a déclaré sa présidente et ancienne candidate à l’élection présidentielle 2017 Marine Le Pen.

L’arrêt relatif à la confiscation de la dotation publique du RN, un développement inédit dans la vie politique française, sera rendu le 26 septembre 2018 au grand dam de Mme Le Pen qui remercie « du fond du cœur » les donateurs grâce auxquels le parti peut assurer les salaires et son loyer immobilier fin août. En attendant, « le RN devra limiter ses activités » précise Marine Le Pen.

Chez Les Patriotes, Sophie Montel laisse Florian Philippot à sa « divine solitude »



Le grand mercato se poursuit parmi les droites.

Après le départ de Bernard Monot suite à plusieurs décennies passées au Front National (FN) pour rejoindre Nicolas Dupont-Aignan et Debout La France (DLF), l’ex-FN devenue vice-présidente Les Patriotes (LP) Sophie Montel quitte-t-elle ces derniers pour suivre le même chemin ?

Estimant que « nous devons préparer une vaste coalition qui amènera la grande alternance que le pays attend, » Mme Montel ajoute dans un communiqué (1) que « la divine solitude de Florian Philippot (président de LP) est un obstacle. »

Dans ce qui laisse supposer un prochain ralliement à DLF, la députée européenne ajoute que « nul ne gagnera seul et la résistance de l’Italie nous démontre tous les jours que ceux qui veulent que la France survive doivent s’unir au-delà des égos et des appareils. »

Des mots qui rappellent ceux de Nicolas Dupont-Aignan et avec lesquels il sera donc très probablement d’accord. Plus visible médiatiquement, ce dernier pourrait bien engranger les soutiens politiques à mesure que la situation générale se détériore dans le pays.

Notes

(1)

Nicolas Dupont-Aignan veut sortir du « piège de Mitterrand », objectif difficile!



Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout La France (DLF) et ancien allié de Marine Le Pen, son homologue du Rassemblement National (RN), poursuit sa percée médiatique après son passage remarqué chez Laurent Ruquier et son émission On n’est pas couché (ONPC).

Environ neuf mois après avoir lancé les « Amoureux de la France », le député de l’Essonne appelle au rassemblement de toutes les droites, de Laurent Wauquiez à Marine Le Pen, car « en s’enfermant dans le piège de (François) Mitterrand, en continuant les divisions, nous n’y arriverons jamais. »

Face à un Emmanuel Macron ayant conquis une part majoritaire du centre, doté de tous les pouvoirs ou presque qu’ils soient médiatiques et politiques, la droite est forte dans les esprits mais institutionnellement faible. Comme de nombreux scrutins l’ont montré, gagner la bataille des idées ne suffit manifestement pas si ceux qui les défendent se présentent désunis.

C’est en résumé l’argument central de Nicolas Dupont-Aignan qui plaide que « l’union des Amoureux de la France est fondamentale pour libérer notre pays ».

D’un point de vue empirique et analytique, « la percée médiatique d’élus de plus en plus appréciés par les électeurs comme Nicolas Dupont-Aignan, Bruno Retailleau permet de dépasser quelques tabous politiques imposés par la gauche depuis longtemps. Le débat d’idées est donc plus direct même s’il reste limité en temps et en audience par la morale médiatique uni-idéologique, » estime Charles Rault, analyste et fondateur de Le Politique.

« Aussi et paradoxalement, l’appel à l’union doit être utilisé avec circonspection car si c’est du point de vue de Nicolas Dupont-Aignan une démarche salutaire, c’est aussi le constat d’une faiblesse structurelle. Enfin, peut-elle involontairement participer de l’exclusion médiatique actuelle et organisée de Laurent Wauquiez qui, rappelons-le, représente le plus gros des troupes ».

L’union des droites suscite un réel intérêt et les militants y sont majoritairement plus favorables que ceux qui les représentent. Toutefois, considérant le contexte politique actuel et en l’absence de toute stratégie médiatique de masse et de fond, une simple union des droites paraît une solution un peu trop simple face à un Emmanuel Macron amateur de « disruption ».

Gare également à une identification trop marquée à des unions telle que celle entre la Lega et M5S en Italie dont le gouvernement débute tout juste et dont la qualité des résultats demeure difficile à anticiper puisqu’étant une offre politique inédite. Exprimer telle prudence n’empêche pas de constater in situ leur popularité croissante indéniable en Italie.

« Une union des droites devra s’accompagner d’un vaste effort médiatique, culturel et idéologique. Une alliance hétéroclite limitée à des questions tactiques et/ou techniques serait probablement déstabilisée par l’argument de stabilité et de continuité que ne manquerait pas de plaider Emmanuel Macron, » conclut Charles Rault.

Le long chemin vers l’alternance victorieuse sera difficile et il sera autrement plus ardu de réconcilier des individus que de s’entendre sur un programme commun, les inimitiés et les rancoeurs d’hier pouvant être autant d’obstacles pour demain.