A contre-coeur, l’exil tenterait de plus en plus de Français jeunes et diplômés



Le quotidien Le Figaro a publié un article éloquent du géographe Laurent Chalard qui pose la question : les Français fuient-ils la France ? Sans clairement répondre à la question, peut-être par souci du politiquement correct et on sait que le bannissement attend souvent l’enseignant ou le chercheur qui brave la pensée unique, l’auteur insiste sur la très faible croissance du solde migratoire observé en 2015.

Ce dernier ne prend probablement pas en compte l’entrée massive sur notre territoire de « migrants » puisque que M. Chalard rappelle que le recensement est extrêmement difficile en Seine-Saint-Denis où des centaines de milliers d’individus en situation irrégulière y vivraient de l’aveu même des autorités publiques décidément peu capables de faire respecter la loi dans ces cas-là.

Toutefois, indique M. Chalard, l’insécurité, l’islamisme et la fiscalité auraient incité un nombre toujours croissant de Français, la plupart du temps diplômés et plus aisés que la moyenne, à s’exiler pour aller trouver ailleurs ce qu’ils n’estiment malheureusement plus possible en France à savoir la perspective d’un avenir prospère, serein et équitable.

Si l’on en croit les commentaires publiés par les lecteurs du Figaro, nombreux sont les jeunes Français qui, après une première expérience à l’étranger, décident de ne pas rentrer au pays et disent à leurs parents combien ils apprécient cette nouvelle vie. Considérant que les commentaires sont souvent le lieu d’expression des mécontents plutôt que des heureux, doit-on les prendre en compte avec une certaine prudence.

Toutefois, coincés entre un islamisme extrêmement dangereux et un marxisme perpétuel, on ne peut guère nier que parmi les Français les plus instruits, les plus ambitieux et les plus inquiets de ce que devient leur pays, un nombre significatif songe à l’exil. Dans les faits et dans les chiffres, peu ont encore franchi le cap et en restent à cette pensée qui revient chaque fois qu’un attentat islamiste survient, chaque fois qu’un mécontent exige plus d’impôts « pour les riches » alors que les classes moyennes françaises sont les plus (injustement) imposées au monde.

Enfin, l’incapacité de plus en plus visible de l’Etat et les multiples renoncements des gouvernements à lutter efficacement contre ce qui altère profondément la France et pose une menace vitale à son mode de vie, à sa culture et à son peuple pourraient bientôt enclencher une vague d’exil sans précédent. S’il n’est pas encore réalisé, le potentiel existe bel et bien, c’est pourquoi il est urgent de prendre des décisions politiques courageuses si l’on souhaite que la France redevienne une terre d’avenir, de prospérité et de belle vie.

Pourquoi 7 jeunes Français sur 10 envisageraient-ils de partir en exil ?



On juge souvent un pays selon ses qualités, qu’elles soient infrastructurelles, de santé ou encore d’éducation, sauf que du point de vue des individus et plus encore des jeunes individus, ce critère paraît quelque peu erroné.

En fait, c’est surtout et principalement la dynamique voire le « momentum » à savoir la capacité future à créer de nouvelles opportunités, à générer de la prospérité et à préserver la stabilité – notamment fiscale et sécuritaire – qui détermine l’attraction d’un pays tant par rapport à l’étranger que par rapport à ses propres citoyens.

Force est de constater qu’en dépit du « nouveau monde » décrété par le jeune président de la République – En Marche – Emmanuel Macron, la France ne semble malheureusement et toujours pas s’inscrire dans une dynamique attractive.

Le chômage de masse poursuit son augmentation, les infrastructures publiques se détériorent, les systèmes d’éducation comme de santé manquent cruellement de moyens, l’insécurité et l’islamisme prospèrent dramatiquement, l’économie est en panne sèche, les impôts battent le record mondial tandis que l’inflation augmente et que les salaires stagnent.

Dans ces conditions dont les causes ont souvent quarante ans d’âge, dans un pays que ses propres « élites » n’aiment pas au point de ne pas en célébrer le plus grand fait d’armes à savoir la victoire de 1918 contre l’agression allemande – car il y eut bien un défenseur, la France, et un envahisseur, l’Allemagne – peut-on s’étonner que des jeunes Français puissent imaginer leur avenir ailleurs ?

Si un tel constat est profondément attristant, si bien des arguments existent pour montrer que l’herbe n’est le plus souvent pas plus verte ailleurs, cette absence de dynamique positive, ce manque d’espoir en une marge de progression positive, ce déficit de foi en l’avenir confèrent malheureusement quelque pertinence à l’imagination de ces jeunes Français.

Il appartient donc aux dirigeants politiques de faire ce pour quoi ils sont élus : rétablir l’ordre et la sécurité partout sur le territoire, rétablir les conditions d’une nouvelle prospérité économique, intellectuelle et technologique, rétablir des systèmes d’éducation et de santé justes, efficaces et humains.

S’ils persistent à ne rien faire, s’ils persistent à accepter l’inacceptable, s’ils persistent à nier à la France ses racines, ses valeurs et son mode de vie, alors le choix de l’exil de la part de jeunes Français sera certes infiniment triste mais résultera directement de cette terrifiante spirale politique du renoncement.