Bientôt 197 députés européens « d’extrême droite, eurosceptiques » ? s’inquiète l’Alliance Centriste



Parti allié à la majorité présidentielle d’Emmanuel Macron, l’Alliance Centriste par la voix de sa première vice-présidente Manon Laporte écrit dans une tribune (1) que « les principaux ennemis de la démocratie et des droits fondamentaux progressent de façon masquée, à travers les institutions qu’ils souhaitent subvertir. »

Reprenant ainsi le thème du « danger » contre lequel Emmanuel Macron plaide « une renaissance européenne » dans une lettre (2) adressée aux citoyens européens des 28 pays membres de l’Union européenne (UE), la conseillère régionale d’Ile-de-France et avocate fiscaliste se demande si « l’Europe est armée pour défendre l’Etat de droit » et si elle dispose « des outils efficaces en cas de manquements à ses valeurs ».

En effet, plaide-t-elle avec les députés Olivier Damaisin, Philippe Folliot et Christophe Blanchet, les « eurosceptiques » pourraient constituer un groupe uni au Parlement européen, fort de 132 élus « d’extrême droite » et de 65 députés supplémentaires issus « d’autres mouvements eurosceptiques » pour un total de 197 députés sur 705 « hostiles à la construction européenne » selon les dernières projections (27,9%).

Considérant « inefficace » le dispositif actuel sanctionnant le risque de violation ou la violation « des valeurs de l’UE », Manon Laporte insiste sur deux armes budgétaires que sont la suspension du versement des fonds européens et le soutien financier aux ONGs. Associant « recul de la démocratie » avec « recul des libertés », l’élue centriste souligne à l’instar d’Emmanuel Macron que « l’avenir de l’Union et le renforcement de l’identité européenne, dans la paix et la prospérité, sera véritablement l’enjeu des prochaines élections ».

Notes

(1) Démocratie et État de droit en danger : que peut faire l’Union Européenne ?, Manon Laporte, Alliance Centriste, 4 mars 2019.

(2) Pour une renaissance européenne, Emmanuel Macron, Elysée, 4 mars 2019.

Progressivement et patiemment, Laurent Wauquiez relance Les Républicains (LR)



La route des Républicains (LR) vers la victoire politique et l’alternance demeure incertaine, longue et semée d’embûches, les observateurs du monde politique et même les militants de la deuxième force politique en nombre d’élus paraissent unanimes sur ce point. Malgré les critiques formulées à l’égard de Laurent Wauquiez, élu président du parti en décembre 2017, Le Politique constate en toute indépendance que LR se reconstruit progressivement, pierre après pierre pourrait-on dire et que les efforts commencent à produire leurs effets. Alors que son pronostic vital était gravement compromis, LR semble revenir discrètement dans la course à la faveur d’une patiente stratégie de pédagogie, de réorganisation et de capitalisation.

Pédagogie d’abord avec le choix de François-Xavier Bellamy comme tête de liste pour les élections européennes 2019 et qui profite à LR en attirant à nouveau le projecteur médiatique – certes partisan et pro-Macron – sur un parti qui sombrait petit à petit dans l’oubli. Le Politique a relevé avec beaucoup d’intérêt que les intentions de vote sont passées en deux mois environ de 9% à 14%, ce qui pourrait indiquer que non seulement assumer ses idées est bien reçu par l’électorat mais que cela augmente sensiblement la visibilité du parti.

Réorganisation ensuite avec l’action d’une équipe plutôt jeune et dynamique depuis décembre 2017 et dont la combativité sur des sujets autrefois soigneusement évités montre une droite qui reprendrait enfin la maîtrise de son destin et ne se laisserait plus intimider par la gauche. Aussi, la vente suivie de la location du siège du parti pour 46 millions d’euros pose les bases d’une résurrection financière indispensable, à l’image de la présidence de la région Auvergne-Rhône-Alpes par Laurent Wauquiez et comparaison utile à long terme pour plaider l’intérêt d’une alternance à Emmanuel Macron. La question du siège peut paraître accessoire vis-à-vis du grand public mais elle démontre à l’analyste politique la sincérité d’une démarche constructive et patiente, et surtout d’une bonne gestion alors qualité rarissime en politique.

Capitalisation enfin avec l’écho positif et même rassurant du groupe LR au Sénat sous la présidence de Bruno Retailleau dont le travail courageux en défense de l’indispensable équilibre institutionnel rappelle aux Français l’importance de la seconde chambre. En nombre d’élus, LR est encore la deuxième force politique du pays et en matière de maillage électoral et local, LR est probablement plus fort qu’une République en Marche (LREM) très médiatique à Paris mais quasi-inexistante en dehors des très grandes agglomérations. La route est longue certes mais ces derniers mois, selon Le Politique, LR a progressé.

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Macron et Merkel hués et humiliés à Aix-la-Chapelle, un signe inquiétant



Le dispositif de sécurité exceptionnel et l’opération médiatique n’auront pas empêché les images extrêmement humiliantes d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel réunis à Aix-la-Chapelle pour signer un nouveau traité franco-allemand.

C’est en effet sous des huées importantes (1) et couvrant totalement les quelques applaudissements épars que les deux dirigeants européens ont salué une foule résolument hostile et portant des panneaux disant « Merkel muss weg » (« Merkel doit partir ») et « Macron démission ».

On pourrait considérer qu’un tel déferlement de mécontentement est un fait anodin tant le décalage entre les gouvernants et les peuples est grand, mais il souligne en fait la gravité d’une situation qui se détériore à mesure que les semaines passent et que s’approchent les élections européennes 2019.

Les embellies enregistrées dans les sondages paraissent ainsi passagères et les promesses « d’écoute » et de « compréhension » mèneront droit à la catastrophe générale si elles ne sont pas immédiatement et efficacement suivies d’effet.

Que les deux plus importants dirigeants européens soient hués de la sorte en dépit d’un quadrillage digne d’un G8 dans une ville pourtant calme comme Aix-la-Chapelle est un message inquiétant adressé aux « élites » qui n’impressionnent plus guère les « peuples » et dont une partie explique sur les réseaux sociaux que leur « pouvoir » ne tient qu’au maigre soutien des forces de l’ordre et des Armées.

Après la petite éclaircie, la grosse tempête ?

Notes