CSG contre taxe d’habitation, le macronisme du bon contre mauvais impôt



Le ministre de l’action et des comptes publics Gérald Darmanin estime que la Contribution sociale généralisée (CSG) est un « bon impôt » car « il est proportionnel ». Durant toute la campagne présidentielle, l’équipe d’Emmanuel Macron a en effet martelé que la taxe d’habitation est un “impôt injuste.” Dès lors, s’interroge-t-on sur les critères précis du nouveau gouvernement d’Edouard Philippe pour définir ce qui est un “bon impôt”.

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Du flou fiscal pour une dette abyssale

Après la polémique relative à la super-taxe foncière sur laquelle Emmanuel Macron, candidat d’En Marche (EM) et intime collaborateur du président François Hollande, n’a jamais répondu aux questions, une autre partie du programme Macron pourrait impacter négativement la retraite des Français.

Après des années d’efforts et de sacrifices à travers une fiscalité sensiblement augmentée pour un bilan contestable – hausse du chômage, hausse de la dette publique, hausse de la précarité, hausse du terrorisme – auquel a directement participé Emmanuel Macron comme ministre de l’économie, les classes moyennes et pauvres pourraient être à nouveau pénalisées.

Même si Emmanuel Macron a plusieurs fois exprimé son vœu qu’aucune retraite ne soit inférieure à 900 euros ou qu’elle devrait être revalorisée d’en moyenne 300 euros, son programme présidentiel laisse présager un impact potentiellement très négatif pour les retraités, surtout ceux touchant une moyenne ou petite retraite.

L’argent des retraités (1) constitue en fait la clef de voûte du programme économique d’Emmanuel Macron.

Macron exige des Seniors un effort

Jean Pisany-Ferry, directeur du pôle Programme et Idées d’En Marche, a expliqué sur France Info le 25 février 2017 (2) que « le but ne serait pas de repousser l’âge de départ à la retraite » mais qu’en raison de la suppression de 80% de la taxe d’habitation (TH) – sur laquelle Le Politique n’a pas cessé d’interroger sur sa compensation réelle hormis de simples promesses d’économies promises par Emmanuel Macron – environ 2/3 des retraités pourraient voir leur pension baisser en vue d’un effort de solidarité.

En plus de pénaliser l’épargne, la hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) (3) – Challenges a parlé « d’explosion » – en échange d’une baisse de certaines cotisations patronales entraînerait inévitablement une baisse directe des retraites. Avec cette hausse de CSG dont le total est 25% supérieur au total de l’impôt sur le revenu (IR) conjuguée à la suppression de la TH, « il y aura des perdants » (4) a admis Jean Pisany-Ferry le 20 avril 2017 selon qui « ce sont les retraités, 60% des retraités ceux qui ont les revenus les plus confortables qui vont effectivement subir la CSG alors qu’ils ne payaient pas de cotisations sociales. »

Alors que les retraites n’ont quasiment pas été revalorisées depuis des années, « c’est un effort que nous demandons aux seniors, » insiste l’architecte du programme présidentiel d’Emmanuel Macron. Une fois encore, plutôt que de chercher à baisser l’imposition record enregistrée en France par rapport aux autres pays développés, Emmanuel Macron ambitionne de créer de nouvelles recettes fiscales.

Une réaction en chaîne défavorable pour tous

Si ce projet est théoriquement présenté comme avantageux pour les plus jeunes, il peut en fait provoquer une réaction en chaîne qui impactera négativement toute l’économie française et aggravera l’inefficience fiscale puisque déjà trop d’impôts a tué l’impôt. Si les seniors voient leurs moyens financiers diminués, ils diminueront leurs dépenses et impacterons la consommation et par conséquent toute l’activité économique qui en découle – les commerces en particulier.

Aussi, ils donneront moins d’argent à leurs descendants qui se verront donc privés d’un potentiel financier souvent bien utile pour commencer dans la vie ou accéder à la propriété. Enfin les seniors pourraient devenir plus dépendants de leur progéniture puisqu’ils disposeraient de moyens réduits pour bénéficier d’une maison de retraite le cas échéant.

En augmentant la fiscalité des retraités, on accentuerait donc la pression financière tant sur ces derniers que sur leurs descendants, au profit d’une dette publique croissante et au détriment d’une activité économique décroissante. Considérés comme un potentiel important de votes en faveur d’Emmanuel Macron, il semblerait plutôt que retraités et seniors – et leurs descendants – perdront beaucoup s’il est élu président de la République.

(1) L’augmentation de la Contribution sociale généralisée (CSG) est au cœur du programme présidentiel d’Emmanuel Macron mais elle est tellement controversée qu’une recherche de « csg » ou « contribution sociale généralisée » sur le site officiel d’En Marche ne donne aucun résultat.

csg-enmarche-fr

(2) Jean Pisany-Ferry parle sur France Info le 25 février 2017

(3) Payée par les retraités et prélevée sur les revenus tant du capital que du travail.

(4) « Emmanuel Macron demande aux seniors de faire un effort ! » selon l’économiste Jean Pisani-Ferry sur Boursorama le 20 avril 2017 (à partir de la 16 minutes).

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Sources

Emmanuel Macron demande aux seniors de faire un effort ! (Boursorama)

Avec Macron, la CSG exploserait (Challenges)

Impôts, fonctionnaires… Emmanuel Macron dévoile son programme économique (L’Obs)

Le programme d’Emmanuel Macron

#Macron #PisanyFerry #EnMarche #Retraite #Fiscalité #Impots

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