Prélèvement à la source : l’instabilité fiscale et l’inexpérience tuent notre économie



Lorsqu’on a aucune ou au mieux un tout petit peu d’expérience du secteur privé, celui dans lequel l’entrepreneur prend de véritables risques avec ses économies personnellesce qu’il lui reste après impôts et un dur labeur – difficile de comprendre des choses qui paraissent pourtant évidentes à quiconque a déjà travaillé dans un monde réellement concurrentiel.

Difficile donc pour les ministres et autres professionnels de la politique (1) de le comprendre aussi, malheureusement pour ceux qui sont la véritable clef du dynamisme – du « miracle » pourrait-on même dire – économique français.

Gagner un marché, satisfaire ses clients, s’adapter à la demande est déjà difficile en soi mais le faire dans un pays aussi fiscalement instable, aussi bureaucratique et aussi fonctionnarisé que la France – presque la moitié de la population y vit d’argent public (2) directement ou indirectement c’est à dire de celui gagné par l’autre moitié – relève pratiquement de l’exploit.

Avec Emmanuel Macron, non seulement les baisses d’impôts indispensables à toute croissance économique d’un pays recordman du monde de la fiscalité se font attendre mais il poursuit dans le travers habituel observé chez la grande majorité des dirigeants politiques à savoir « laisser sa marque » sur l’économie. Sauf que le plus souvent cette marque ressemble plus à une gifle qu’à un encouragement.

Si le prélèvement à la source n’est pas une mauvaise idée en soi, peut-être a-t-on trop vite oublié qu’hormis créer de nouvelles taxes, les dirigeants politiques se sont là engagés dans un projet dont la technicité et l’indispensable planification dépassent probablement leurs compétences.

S’ils sont habitués à démolir l’économie, à casser la croissance et à créer du chômage en créant une taxe pour tout et n’importe quoi ou en augmentant celles déjà existantes, ils se sont ici probablement fourvoyés dans un prélèvement à la source qui pourrait réserver bien des surprises désagréables aux entrepreneurs mais aussi aux particuliers.

De plus en plus accablés d’impôts pour avoir moins – moins d’emplois, moins de sécurité, moins de services publics, etc… – ils courent le risque d’une grosse déconvenue financière en 2019, de quoi installer durablement la France des « premiers de cordée » à la toute dernière place de « cancre » des économies de l’Union européenne (UE).

En économie comme en fiscalité ou en immobilier, la France n’a toujours rien compris à ce qui fait la force de ses concurrents anglo-saxons à savoir la stabilité fiscale. Notre pays est une réserve mondiale d’inventeurs d’impôts et de taxes, déconnectés de la réalité de l’entrepreneur qui, contrairement à eux, connaît ce qu’est le risque, la valeur du travail voire même le fait de travailler tout court.

Dès lors que l’économie française redécolle car elle a touché le fond, il semble qu’il y ait toujours un ministre – sans guère expérience du véritable monde du travail – pour venir briser la dynamique. Les difficultés relatives à la mise en place d’un prélèvement à la source ne font qu’argumenter un peu plus dans ce sens. Un stage dans le privé – le vrai, pas le semi-public perfusé – leur ferait sûrement le plus grand bien.

L’instabilité fiscale, en plus de l’oppression fiscale, est une malédiction pour l’économie française.

Notes

(1) Heureusement existent des exceptions, notamment au Sénat et à l’Assemblée nationale.

(2) Il ne s’agit aucunement ici de minimiser la contribution utile de très nombreux fonctionnaires mais d’inviter les politiques à laisser l’économie à ceux qui l’animent plutôt qu’à ceux qui l’étouffent. S’il suffit d’être nommé ministre de l’économie pour connaître « l’entreprise », où sont donc la croissance économique et les emplois ?

Nicolas Dupont-Aignan veut créer 3 millions d’emplois



Le député de l’Essonne et président de Debout La France (DLF) est comme souvent très actif. Pas un jour ne passe ou presque sans qu’il annonce une nouvelle idée ou un nouveau projet, avec plus ou moins de succès politique et/ou médiatique.

Tout en comptant les points contre l’Union européenne dont il a apprécié le « KO » par le résultat des élections générales italiennes, Nicolas Dupont-Aignan demande « et si créer demain 3 millions d’emplois en réformant une seule mesure en France était possible ? »

Quand bien même la réponse est-elle en fait déjà dans la question, celui qui est aussi le maire d’Yerres estime que « s’il n’est pas question de les supprimer, » il faut « analyser les effets pervers » des seuils sociaux qui entraveraient la création et surtout le développement des entreprises et donc des emplois.

Citant l’Allemagne en exemple pour son « très important réseau de PME innovantes, » Nicolas Dupont-Aignan évalue que tant la réglementation française que la tactique de contournement souvent utilisée par les employeurs participent de « la baisse de la croissance économique » nationale.

Ainsi, en relevant de 50% les seuils sociaux de nos entreprises, « si chaque entreprise, coincée pour embaucher le 50e et le 10e salarié, embauchait une seule personne » et considérant que la France compte 3 millions de TPE/PME, alors « même si c’est idyllique », 3 millions de nouveaux emplois pourraient être potentiellement créés.

Y’aura-t-il quelqu’un pour sauver les 800 salariés de l’entreprise MIM ?



Isabelle Vilela, déléguée du personnel de MIM, entreprise actuellement en liquidation judiciaire, propose la création d’une Société coopérative de production (Scop) afin de sauver les 791 emplois menacés. Elle et d’autres salariés espèrent reprendre idéalement 110 magasins “dans les petits centre-villes (de) province”.

Malgré leur demande auprès de l’Etat, Isabelle Vilela s’inquiète de n’avoir aucun interlocuteur dans le nouveau gouvernement alors que toute la campagne présidentielle fut menée pour “les entreprises, le monde du travail, sauver l’emploi”. Restent deux semaines pour déposer le projet de Scop tandis que les salariés se demandent si un parti et/ou une personnalité politique appuiera leur dossier.