Pourquoi François Baroin a-t-il raison de s’interroger sur un “loyer fictif” ?



Depuis le 16 mars 2017 quand Le Politique a osé poser la question d’un éventuel loyer fictif si Emmanuel Macron appliquait son projet de suppression de 80% de la taxe d’habitation (TH), une minorité bien délimitée de médias n’a pas cessé depuis d’attaquer Le Politique (1).

Dans une tentative outrancière de décrédibiliser Le Politique, ces mêmes médias oublient tous les autres articles publiés par Le Politique abordant le sujet brûlant du programme fiscal et immobilier d’Emmanuel Macron pour ne parler que d’un seul et même article de seulement 303 mots à savoir celui posant la question En Marche vers la fin du droit de propriété ?  (2) et rédigé avec une très large majorité de verbes conjugués au conditionnel.

La présence dans tous nos articles du démenti d’En Marche (EM) et de nos multiples explications quant aux raisons de notre question s’avèrent inutiles tant certains médias s’évertuent à répéter la première information de Le Politique sans jamais préciser toutes les autres qui ont suivies. La question de Le Politique est née en mars d’une interrogation légitime portée à la fois par des informations convergentes et par un certain flou du programme d’Emmanuel Macron.

Ensuite s’est intercalée le projet de “super-taxe foncière” dont a parlé Renaud Dutreil au Grand O des Notaires de France le 29 mars 2017, ajoutant un pavé dans une mare déjà bien agitée. Sans parti-pris politique, la vérité est que François Baroin, le chef de file des Républicains (LR), ne diffuse aucune “fake news” en affirmant que France Stratégies que présidait Jean Pisani-Ferry (3) avait publié un document dans lequel l’idée d’une taxe sur les loyers dits “fictifs” ou “implicites” refaisait surface.

C’est une information dûment vérifiable et vérifiée maintes fois. Aussi, le démenti d’En Marche a été rappelé des dizaines et des dizaines de fois par Le Politique qui a poursuivi ses recherches en indiquant son inquiétude quant à l’incidence fiscale potentiellement dommageable d’une réforme aussi importante que la suppression de 80% de la TH. Après l’échec de son prédécesseur François Hollande à réaliser les économies promises, Le Politique s’interroge sur un éventuel “plan B” d’Emmanuel Macron s’il n’arrivait pas (4) lui aussi à concrétiser ses promesses d’économies. Qui paierait le cas échéant puisque “les maires seraient remboursés au centime près” ?

Poser cette question participe du débat démocratique et ne constitue en rien une “fake news. Ne retenir qu’un seul article écrit le 16 mars 2017 sans jamais parler de tous ceux publiés ensuite ne communique aux citoyens qu’une information incomplète quant à l’initiative de notre question de départ. Si poser une question, la détailler au conditionnel et approfondir son raisonnement sont constitutifs d’une “fake news” alors c’est tout simplement le débat politique qui est censuré.

François Baroin a raison dans les craintes qu’il exprime et il est injuste de lui en faire procès, de même que de nombreuses autres personnalités ont posé des questions similaires dont de nombreux élus locaux, des professionnels de l’immobilier et de la fiscalité, etc. A la question de savoir qui paye la suppression de la taxe d’habitation si les économies promises ne sont pas concrétisées, personne d’En Marche n’a jamais répondu. Il semble manifestement interdit de poser cette simple question pourtant de bon sens.

Cet emprisonnement du débat politique et cette police croissante contre tous ceux qui oseraient poser des questions – on parle bien de simples questions… (!) – sont une évolution particulièrement inquiétante de notre système politique. Enfin, les quelques médias minoritaires qui se permettent de “décoder” et de jeter en pâture quiconque leur déplaît devraient au moins avoir la politesse élémentaire de contacter et d’attendre les réponses de ceux qu’ils visent à dessein. Rappelons-leur que Le Politique ne se permet pas de juger quiconque et ne touche aucune subvention. Le Politique peut donc se prévaloir d’une stricte indépendance que ses détracteurs n’ont plus depuis fort longtemps.

Accuser François Baroin de relayer des “fake news” relève d’une même stratégie de neutralisation politique observée depuis le début de la campagne présidentielle 2017. Il convient donc d’appeler le président de la République Emmanuel Macron à rétablir la Liberté de pensée, d’expression et de la presse sans quoi les dommages infligés à notre système politique pourraient s’avérer à la fois contre-productifs et irrémédiables à long terme. Le Politique ne doute pas un instant de son plus vif engagement dans ce sens.

S’interroger participe de la vitalité de la cité. Sans débat, point de philosophie, point de démocratie. Polis plutôt que doxa.

(1) A notre grande surprise et sans aucune intention de notre part, cet article a connu une propagation exceptionnelle. Jamais Le Politique n’aurait imaginé qu’il créerait une telle polémique et autant de difficultés ultérieures.

(2) Notez que c’est une question et que la plupart des verbes de l’article sont conjugués au conditionnel. Cela n’a semble-t-il pas suffi et pour 303 mots, Le Politique continue à subir une pression inacceptable. Quand on sait de façon si péremptoire que certains ont fusillé François Fillon ou colportent des rumeurs politiquement motivés, notre mise en accusation permanente laisse songeur.

(3) Ensuite devenu directeur du programme d’En Marche.

(4) Le Politique souhaite à Emmanuel Macron de réussir son objectif d’économies, mais considérant qu’il a travaillé pendant quatre ans et trois mois avec François Hollande pendant son quinquennat, sommes-nous en droit de nous interroger comme simples citoyens respectueux de la République et ardents défenseurs de la démocratie véritable.

> Message pour Camille Mordelet du Lab d’Europe 1: la politesse élémentaire et la conscience professionnelle minimaliste auraient été de nous contacter avant la publication de votre article publié ici, de lire nos articles in extenso. Aussi, nous associer à l’extrême droite avec laquelle nous n’avons aucun lien relève de la diffamation. cf. Code pénal : articles R621-1 à R621-2. Vous citez “Les Décodeurs” du quotidien Le Monde mais savez-vous qu’ils ont publié leur article sans attendre la réponse de Le Politique qui avait pourtant pris soin de leur indiquer ne pas pouvoir répondre dans l’immédiat (et non ne pas vouloir répondre du tout) ? La preuve :

(c) Le Politique

Cf. « Loyers fictifs »: les Décodeurs se moquent du Monde et Macron et loyers « fictifs », pourquoi Libération et Arte mentent sur Le Politique

Pour approfondir

Dutreil confirme le projet Macron de « super-taxe foncière »

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Pour clore la polémique « super-taxe foncière » de Macron

Emmanuel Macron se contredit sur la fiscalité du patrimoine immobilier

Qui sont les 428 candidats aux législatives dévoilés par En Marche (EM) ?



Richard Ferrand, secrétaire-général de La République En Marche (LREM), a présenté les 428 premiers candidats sur 577 en vue des élections législatives de juin. Le Politique note avec intérêt que si 52% n’ont encore jamais été élus à un mandat, 95% ne sont pas des députés sortants.

Près de 93% des candidats sont en activité professionnelle contre 4% de retraités, 2% en recherche d’emploi et 1% d’étudiants. Aussi, l’âge moyen est de 46 ans, soit légèrement plus élevé que chez les Insoumis.  Aussi, Manuel Valls ne sera pas investi par LREM mais il n’aura toutefois pas à affronter un adversaire du parti d’Emmanuel Macron.

Richard Ferrand indique que “tous les candidats se retrouveront au musée du quai Branly le 13 mai 2017 pour une réunion de travail.” La liste complète des candidats est disponible. Selon Le Politique, cette dernière est conforme au “renouvellement” promis par Emmanuel Macron.

Baisser les impôts, priorité affichée des Républicains (LR) aux législatives



Des électeurs pourraient s’exclamer « enfin ! » tant l’élection présidentielle 2017, outre la pollution bien opportune des « affaires », avait semblé consister en un concours général de celui qui créerait la taxe la plus improbable et la plus furtive.

En effet, Le Politique évalue qu’étant donné le climat économique européen et les dépenses publiques nouvelles prévues au programme, le quinquennat d’Emmanuel Macron pourrait alourdir un peu plus la fiscalité des Français.

L’ancien ministre François Baroin qui dirige la campagne des Républicains (LR) pour les élections législatives de juin semble l’avoir bien compris puisqu’il promet de baisser de 10% l’impôt sur le revenu en cas de cohabitation. Baisses massives d’impôts et relance de l’économie seront des priorités, a expliqué François Baroin dans une interview pour Le Figaro.

Pour ce faire, l’ancien ministre de l’économie et des finances veut rendre du pouvoir d’achat aux Français avec une baisse de 10% de l’impôt sur le revenu pour tous les ménages et le relèvement du plafond du quotient familial ; le tout sans hausse de la TVA ni hausse de la CSG.

La stratégie de la droite et du centre consiste donc à prendre le contrepied de ses adversaires de la campagne présidentielle en insistant sur la nécessité de baisser la fiscalité plutôt que de l’augmenter pour financer une dépense publique accrue.

C’est pourquoi Eric Woerth, député de l’Oise, estime que leur projet sur la compétitivité « est infiniment plus fort que celui d’En Marche (EM) » puisqu’il se concentre sur l’impôt sur le revenu dont les recettes, dit-il, ont considérablement progressé, « passant sous François Hollande en 2012, de 55 à 70 milliards d’euros. »

Reste à savoir si un tel projet sera bien compris pour convaincre les Français de l’utilité d’une cohabitation.