L’affaire Benalla relève-t-elle du contre-espionnage et de la sécurité nationale ?



Une vérification en profondeur semble nécessaire

Reprenez bien la chronologie de l’affaire, évaluez bien les personnages qui y apparaissent, additionnez les oublis, les mensonges, les omissions et autres péripéties, et n’importe quel débutant du contre-espionnage pour les nuls pensera qu’il y a là probablement quelque chose à creuser.

Des individus relativement interlopes, des usurpations de titre, une production et un usage de faux, des actes de violence, un contrat « russe » présumé avec un oligarque, un président déstabilisé, et n’importe quel poussin amateur de John Le Carré pensera qu’il y a là probablement quelque scénario à publier.

Un téléphone Teorem oublié, une carte d’accès à l’Elysée perdue, quatre passeports en pagaille, des armes et une compagne introuvables, un coffre volatilisé, des officiers désemparés voire en burn-out médicalisé, et n’importe quel bleu de la surveillance et de la détection pensera qu’il y a là probablement quelque faits inhabituels synonymes de potentielle porosité voire plus.

L’étonnante présomption du « contrat russe »

La République En Marche (LREM) n’a jamais cessé de dénoncer « l’ingérence russe », mais peut-on imaginer que le feu couvrait les cendres à savoir que dénoncer X permettrait de mieux le dissimuler ? Hypothèse très improbable certes. Sauf que le fait avéré qu’un président répétant se méfier de la Russie ait livré toute sa confiance à un individu présumé lié contractuellement à un oligarque russe est quelque peu inhabituel.

Cela interroge aussi sur les conditions dans lesquelles l’habilitation « secret défense » a été donnée à M. Benalla considérant que n’importe qui avec de tels liens, même lointains, ne l’aurait probablement jamais obtenue. Aussi, la litanie d’éléments s’imbriquant parfaitement les uns les autres en faveur d’un seul et même individu relève de l’anomalie statistique, surtout quand il s’agit d’un collaborateur du premier personnage de l’Etat.

Plus encore si vous y ajoutez le fait incroyable selon lequel le ministre de l’intérieur Gérard Collomb ne connaissait pas M. Benalla, l’individu pourtant omniprésent auprès des Macron.

Des questions fondamentales pourtant sans réponse

Par conséquent, soit des gens ne disent pas la vérité ou toute la vérité au plus haut niveau, soit quelqu’un s’est brillamment arrangé pour qu’il en soit ainsi. Pour quoi ? Pour qui ? Comment ? Ces questions doivent trouver des réponses.

Un dispositif exceptionnel et inédit pourrait consister à une « mise sous cloche » sine die de l’Elysée et à un interim du Sénat le temps que les vérifications de sécurité nationale soient opérées en profondeur jusqu’à la certitude qu’aucune opération complexe multi-niveaux n’ait profité de ou n’ait organisé la constellation Benalla et sa galaxie, même à leur insu.

Si vous estimez tout cela farfelu, trouveriez-vous normal qu’un agent du Secret Service de la Maison Blanche touche un chèque russe alors qu’il est en fonction, a un accès direct au président et est par définition habilité à assumer cette fonction ? Pourquoi une situation similaire a-t-elle été admise à l’Elysée ? Pour quoi ? Pour qui ? Par qui ? Comment ?

La DGSI doit enquêter au moins par précaution

Au même titre que leurs collègues du FBI qui par l’entremise du Department of Justice (DOJ) peuvent enquêter sur de potentielles failles au sommet de l’Etat et ce jusqu’au président des Etats-Unis, il semblerait somme toute judicieux que notre DGSI sous l’autorité indépendante du Sénat prenne la peine d’enquêter au sommet de notre Etat et ce jusqu’au président, sans bien entendu porter quelque accusation contre lui mais a minima sur la base du principe de précaution – qui le protège également rappelons-le car il s’agit principalement de protéger le président en exercice.

L’affaire Benalla, avec possiblement la participation involontaire d’acteurs éminents, pourrait-elle être plus que ce qu’elle semble être ? La moindre des choses serait de s’assurer d’une réponse négative, dans le cadre d’une enquête indépendante, strictement apolitique et sur le fondement constitutionnel de la protection du secret de la défense nationale.

La conjonction d’autant d’évènements hautement improbables au plus haut niveau d’un Etat, puissance stratégique et nucléaire, membre du conseil de sécurité de l’ONU, oblige à envisager toutes les hypothèses même les plus incroyables car ce sont exactement celles-ci que les intérêts qui nous sont hostiles imagineraient pour nous déstabiliser de l’intérieur.

Notes

L’auteur pose ces questions dans l’unique souci que les intérêts de la France soient dûment protégés. Si ses hypothèses peuvent sembler farfelues, que les médias sachent qu’elles ont été mûrement réfléchies et ne sont pas l’œuvre de quelque velléité « complotiste » que ce soit, bien au contraire. Enfin, il indique que si ses lignes sont publiées par Le Politique, elles sont les siennes et ne sauraient en aucun cas être assimilées à son éditeur.

Gilets jaunes : la « brutalité » d’Emmanuel Macron inquiète de plus en plus les Français



« Le président de la République et son gouvernement devront un jour être jugés pour leur répression contre le mouvement des Gilets Jaunes et contre de simples citoyens, » lit-on ci et là, et de plus en plus. Cette hypothèse résumée en une phrase unique et lourde de conséquences conquiert progressivement les esprits et tend à montrer que la situation générale est d’une particulière gravité.

Un tel développement n’est pas anodin considérant la chronologie des troubles qui émaillent la République depuis au moins onze semaines. Les sondages montrent une embellie dont La République En Marche (LREM) aurait tort de se réjouir car les données en provenance directe du terrain – qu’il soit virtuel ou réel – restent négatives.

D’abord, l’embellie ne provient pas d’une adhésion accrue à la politique menée par le gouvernement d’Emmanuel Macron mais résulte du souhait que la violence et les débordements ne prennent pas une ampleur démesurée qui menacerait la République. Cette inquiétude particulièrement palpable souligne l’attachement des Français, de toute opinion politique, aux institutions – dont le bicamérisme de contrôle avec le Sénat – mais ne saurait en aucun cas être assimilée à quelque soutien à la personne d’Emmanuel Macron.

En effet, surtout chez les citoyens de plus de 50 ans, c’est la fonction de Président de la République et de garant des institutions qui est ici plébiscitée, sans considération aucune de qui l’incarne.

Ensuite, les racines de la crise « gilets jaunes » sont autrement plus profondes que ne l’évalue l’autorité publique. Outre qu’elle vient de loin dans le temps, elle a eu le temps d’exposer à la masse critique de la population nationale non seulement les incohérences d’une société française perçue comme gravement en déclin mais aussi et surtout de souligner le décalage désormais immense entre le « peuple » et les « élites » qui, au motif d’un « grand débat national », interdisent toute discussion sur deux sujets pourtant perçus comme prioritaires par 80% des Français à savoir l’immigration et l’Europe.

Enfin, la multiplication des images choc de violence et de « gueules cassées » concernant de simples manifestants parfois aussi inoffensifs que des femmes âgées de 70 ans produit un effet hautement délétère parmi la population. Sans pour autant verser dans l’amalgame concernant les forces de l’ordre dans leur ensemble – plutôt le contraire dans les faits – il semble que les Français s’inquiètent de plus en plus vivement de la conjonction d’un Emmanuel Macron qui n’en ferait qu’à sa tête et de quelques éléments de forces non plus de l’ordre mais aux ordres d’un pouvoir politique de plus en plus perçu comme aux abois et donc comme « potentiellement dangereux ».

En conclusion, Emmanuel Macron l’ignore probablement encore mais une majorité de Français pourrait bien ne jamais lui pardonner ce qui est actuellement vécue comme une répression digne « des heures les plus sombres de notre histoire » et qui n’aurait, selon eux, guère à envier aux régimes les plus autoritaires.

Si une majorité des Français soutient encore les gilets jaunes à cette heure, ce n’est pas pour adouber sa frange minoritaire et violente mais – entre autres choses – parce qu’elle s’inquiète de ce qu’elle considère comme de la « brutalité » de la part d’un gouvernement présumé « en roue libre ». Ce que l’opinion publique ne pardonnera pas aujourd’hui pourrait donc bien être jugé demain en justice et il faudrait un miracle pour qu’Emmanuel Macron sorte indemne des graves circonstances qui animent son mandat présidentiel et dont l’élection en 2017 – ceci est fondamental – est souvent perçue à tort ou à raison comme « illégitime ».

Animer un débat national est une chose, comprendre l’état psychologique de la masse critique des citoyens et ses effets potentiels à long terme est autrement plus difficile. Tout emploi potentiellement excessif de la violence par le gouvernement contre sa population s’inscrit dans une mémoire collective dont les effets pourraient s’avérer dévastateurs pour le pouvoir en place. Aujourd’hui comme dans vingt ans, et sans prescription légale.

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Exclure l’immigration du « grand débat national » catalyse les pires tensions



Partout en Europe, le constat est identique et implacable : une large majorité des Européens s’inquiète de l’immigration massive et souhaite qu’elle se termine au plus vite. Ce constat s’accompagne de plus en plus souvent d’une précision peu politiquement correcte mais qu’osent désormais ouvertement de nombreux Européens à savoir que le phénomène « d’islamisation » qui accompagnerait selon eux l’immigration massive ne serait non seulement pas souhaitable mais même dangereux.

Au regard de l’actualité de ces dernières années, les autorités politiques autrement appelées « les élites » se trouvent en effet bien en mal de nier la sincérité de l’inquiétude qui assaille de si nombreux Européens quant à la disparation progressive et présumée rapide de leur mode de vie, de leurs valeurs et de leurs libertés au motif d’une tolérance qu’ils jugent unilatérale et excessive.

Ainsi, l’opposition au président de la République Emmanuel Macron devrait poursuivre sa croissance à mesure qu’il s’entête à refuser aux Français la tenue d’un véritable débat sur l’immigration, sujet que « les élites » souhaitent à tout prix éviter sachant pertinemment que l’avis de leurs compatriotes sur cette question brûlante démonte complètement leur « vivre-ensemble » rêvé et idéalisé depuis les rues tranquilles des luxueux 6ème et 8ème arrondissements de Paris.

On ne ramènera donc durablement la concorde civile en France que si on a le courage d’aborder de front les sujets qui fâchent et de prendre parfois des virages à 180 degrés de la politique menée depuis 40 ans au prix de l’épuisement démocratique et de la négation pour le peuple à choisir son avenir pour lui-même. Ceci concerne l’Europe dans son ensemble et plus particulièrement la France où rarement auparavant l’immigration massive et incontrôlée n’a suscité autant de critiques.

Refuser le débat et nier l’inquiétude sincère qui préoccupe tant de Français ajoutent au péril qui menace la République.

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