L’Europe doit absolument revenir au réalisme



Quand bien même l’on ne voudrait absolument pas être pessimiste, les faits font qu’il est tout simplement impossible de ne pas l’être. Au-delà des statistiques encourageantes, la réalité économique n’est pas suffisamment bonne huit ans après la crise financière de 2008 et cinq ans après la crise de la dette souveraine de 2011 pour espérer que l’Europe puisse survivre à tout nouveau développement négatif majeur.

La croissance économique est certes meilleure mais elle reste faible dans l’ensemble considérant les facteurs extérieurs favorables de ces deux dernières années : plein-emploi théorique aux Etats-Unis, baisse vertigineuse du prix du pétrole et de nombreuses autres matières premières, baisse de l’euro (EUR) face au dollar (USD).

La « nouvelle médiocre » semble durable en dépit de la politique monétaire ultra-accommodante de la BCE dont le coût important sera assumé par les prochaines générations. Le chômage a certes baissé dans l’ensemble mais il reste très élevé voire endémique surtout chez les jeunes dans des économies majeures de l’Europe comme la France, l’Italie et l’Espagne.

La crise migratoire s’amplifie et alors que des milliers d’entrées illégales de jeunes hommes non-européens – dont 87% ne fuient pas la guerre – compromettent le fragile équilibre européen, la Turquie menace d’envoyer plus de 3 millions de « migrants » supplémentaires vers l’Europe si elle n’obtient pas la libre-entrée sans visa de ses citoyens dans l’Union européenne (UE).

A cette impuissance profondément mal vécue par les citoyens européens exaspérés par ce qu’ils dénoncent comme l’immobilisme bruxellois s’ajoute la menace terroriste d’une magnitude inédite. Pire, le « populisme » menacerait la démocratie, mais plutôt que de prendre immédiatement des mesures élémentaires et de bon sens, les dirigeants européens poursuivent une politique dont les résultats sont un réel danger pour l’avenir de l’Europe contrairement à la colère légitime des citoyens.

Incapable de se défendre par elle-même, commercialement malmenée, authentique passoire sécuritaire et frontalière, l’Europe est un bateau à la dérive livré aux vents violents d’un rêve devenu cauchemar. Un si grand potentiel existe pourtant pour qu’elle redevienne demain le phare de la civilisation. L’Europe doit donc rompre avec l’idéalisme pour revenir au réalisme.

La Sécurité nationale peut faire gagner Donald Trump en novembre



« C’est l’économie, idiot. » Cette courte phrase avait parfaitement résumé l’élection à la Maison Blanche du Démocrate Bill Clinton en 1992, mari de la candidate Démocrate pour l’élection présidentielle de 2016. La primauté de l’économie, de la croissance et de l’emploi dans l’élection présidentielle américaine n’avait depuis jamais été démentie reléguant au rang de préoccupations secondaires les questions internationales, géopolitiques ou sécuritaires.

Ce fut la principale explication de la non-réélection de George H. Bush, ancien combattant, ancien directeur de la CIA, pourtant « vainqueur » de la 1ère guerre du Golfe et, avec Ronald Reagan, de la guerre froide. Un saxophoniste amateur et ancien gouverneur de l’Arkansas avait alors créé la surprise, devenant Président pour deux mandats avant de laisser la place à un autre Bush, George W. Sauf qu’en 2016, patatra…, les données accumulées et analysées par Le Politique montrent qu’une révolution a lieu.

La sécurité nationale fait jeu égal – voire dépasse – l’économie dans les préoccupations d’une part croissante de l’opinion publique américaine. Donald Trump a compris au moment opportun l’association qui croît dans l’esprit des électeurs entre la menace terroriste et l’angoisse civilisationnelle qui agite non seulement les Etats-Unis mais aussi – et surtout – l’Europe.

L’exaspération des Américains de constater que leur armée, d’une puissance pourtant inégalée, ne serait pas capable de venir à bout de quelques dizaines de milliers de terroristes opérant dans la zone Irak/Syrie résume en grande partie pourquoi Trump peut devenir le prochain Président des Etats-Unis. Parce que Hillary Clinton a été Secrétaire d’Etat de l’administration Obama au moment même où la situation basculait là-bas mais aussi parce que Trump tient un discours pragmatique – et plus ouvert vis-à-vis de la Russie – à laquelle une majorité d’Américains – souvent primo-votants et plus jeunes qu’on ne le croit – semble souscrire: le terrorisme doit être éradiqué, par tous les moyens et en priorité.

En France, cible occidentale privilégiée du terrorisme islamiste, une majorité partage désormais ce point de vue, à rebours du discours officiel. Les données sont pourtant claires. L’électorat occidental se droitise simultanément des deux côtés de l’Atlantique, et l’économie fait jeu égal avec la sécurité nationale.