Anti-terrorisme : une DGSI plus opérationnelle et pro-active



Nommé à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) en juin 2017, le préfet de police Laurent Nunez a pris les commandes d’un vaste service à la fois très sollicité par une actualité terroriste exceptionnelle et très désireux, malgré la fatigue compréhensible des effectifs, de réduire la menace.

Le nouveau projet de loi antiterroriste semble bien accueilli au sein de la communauté française du renseignement qui, à l’instar de Laurent Nunez, y trouve quelques outils utiles en vue de traiter les cas d’individus évalués comme notoirement hostiles. Les « visites domiciliaires » en font partie et « permettront de nous rendre dans des lieux dont nous soupçonnons qu’ils sont fréquentés par des individus menaçants, dangereux, » a expliqué M. Nunez à France Inter, et ce à n’importe quel moment du jour et de la nuit.

Si bien entendu, les pouvoirs exécutifs et parlementaires doivent toujours veiller à ce que l’action du renseignement reste conforme aux critères fondamentaux de la démocratie et de l’Etat de droit, le nouveau projet de loi – sous réserve des critiques souvent légitimes qui sont formulées – paraît apporter quelques évolutions positives en vue d’une capacité opérationnelle accrue de la détection, de la surveillance et de l’action judiciaire contre le terrorisme.

Considérant le développement et la variété de la menace terroriste – endogène comme exogène, il paraît en effet indispensable d’augmenter les capacités de « décèlement précoce » tant en matière d’analyse qu’en matière d’opération.

A ceci doit cependant répondre un renforcement du contrôle notamment parlementaire sur le renseignement en vue de deux objectifs : 1) améliorer la compréhension par le personnel politique de la problématique terroriste et plus généralement des questions de sécurité nationale, 2) assurer le contrôle civil d’organes aux compétences augmentées afin d’éviter – à long terme – tout écueil en matière de libertés publiques et individuelles.

Du strict point de vue du renseignement et plus particulièrement en matière opérationnelle – souvent le « parent pauvre » de la lutte antiterroriste, le projet de loi semble un pas dans la bonne direction même s’il est, du point de vue politique, jugé excessif par certains et insuffisant par d’autres.

Pierre Bousquet de Florian dirigera la « task force » antiterroriste



L’ancien directeur de la Direction de la surveillance du territoire (DST) – devenue DCRI puis DGSI – Pierre Bousquet de Florian dirigera la « task force » antiterroriste créée (1) à l’initiative du président Emmanuel Macron qui en avait fait une promesse de campagne.

Les directeurs de la DGSI et de la DGSE devraient être respectivement remplacés par Laurent Nunez, préfet de police des Bouches-du-Rhône depuis 2015 et Bernard Emié, ambassadeur à Alger (Algérie) depuis 2014.

Ce sont donc trois personnes particulièrement expérimentées qui seront en charge des problématiques les plus sensibles de la sécurité nationale française. Alors que la menace terroriste reste élevée, les services de renseignement devraient continuer à augmenter leurs effectifs à l’image de la DGSE qui recrutera 600 personnes d’ici 2020.

(1) Conseil de défense : le président Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’un centre national de contre-terrorisme (Elysée, 7 juin 2017)

Vous aimerez aussi :

Double détente pour la « task force » antiterroriste d’Emmanuel Macron ?

La DGSE recrute 600 personnes