Gilets jaunes : démagogie et menaces, l’extrême-gauche a-t-elle pris le contrôle ?



Les gilets jaunes n’ont très majoritairement rien à voir avec les extrêmes et encore moins avec l’extrême gauche violente et qui est accusée d’avoir tagué l’Arc de Triomphe le 1er décembre.

Principalement un mouvement de « libération fiscale » d’orientation libérale – et aucunement « ultra-libérale », les gilets jaunes souhaitent une meilleure gestion de l’argent public, une baisse drastique des impôts et pour reprendre les bons mots de Georges Pompidou que l’on cesse « d’emmerder les Français. »

Sur bien d’autres sujets aussi, les gilets jaunes expriment majoritairement des idées conservatrices comme la liberté d’affiliation à la sécurité sociale, la lutte contre l’insécurité ou encore la fin de l’immigration massive et incontrôlée.

Pourtant, en l’espace de quelques jours dans les médias, sont apparus des gilets jaunes très différents des originaux et plaidant pour des projets politiques qui sont à mille lieues voire à l’opposé des propositions véritables des gilets jaunes.

Par exemple, si la suppression de l’ISF est généralement mal considérée, son rétablissement n’a jamais été une priorité des véritables gilets jaunes qui demandent justement moins d’impôts pour tous et ont bien compris que la hausse de la pression fiscale ces dernières années a aggravé la pauvreté et la précarité, privant l’économie française de nombreux investissements, d’entreprises et donc d’emplois.

Soudainement donc, manipulation politico-médiatique ou pas, sont apparus à l’écran des gilets jaunes se revendiquant « écologistes » et portant des propositions d’extrême-gauche exigeant pour demain des idées qui n’ont absolument pas marché hier.

Demander la solidarité des « riches » – et la notion de riche est relative, surtout en France – alors qu’ils contribuent déjà énormément au budget public relève de la démagogie de gauche opposant d’un côté le pauvre et de l’autre le « riche » ; oubliant que les allocations sociales sont proportionnellement bien plus payées par les riches.

De même pour ces « économistes », majoritairement d’extrême gauche, qui oublient que leur emploi à l’université « gratuite » n’est financé que parce que les « riches » – de fait, les classes moyennes – payent tout pendant qu’ils rêvent à la télévision d’un grand soir vénézuélien.

A les entendre et à les voir phagocyter le mouvement des gilets jaunes, on se rappelle combien il est absurde de croire que ce qui n’a pas marché hier marchera demain. Les véritables gilets jaunes doivent reprendre le contrôle de leur mouvement et rappeler clairement aux médias les authentiques raisons de leur mobilisation.

Gilets jaunes et crise politique : le « changement », c’est maintenant ?



Les données en provenance du terrain sont contrariantes pour le gouvernement d’Emmanuel Macron et rarement a-t-on constaté une telle détermination dans la volonté populaire pour qu’il cède enfin à ses revendications.

Le vaste mouvement des gilets jaunes rappelle au pouvoir politique qu’en France, à force de brimades, d’humiliations et de taxations, le peuple reste toujours capable de reprendre possession de son pays et s’inscrit dans une longue Histoire qui en a maintes fois prouvé tant la bravoure que l’audace.

Aujourd’hui en 2018 se profile peut-être bien plus qu’une simple protestation populaire encouragée par le soutien massif de l’opinion publique, il y a peu posait-on la question de savoir si la contestation pouvait se muer en révolution ?

A voir les « troupes » de gilets jaunes qui s’organisent sur internet, qui étendent leur action partout sur le territoire et se structurent afin de durer voire de durcir dans le temps, les prémisses d’une révolution ou d’au moins une crise politique majeure sont d’ores et déjà observables.

Il va s’en dire que la réponse d’Emmanuel Macron et de son gouvernement a été jusque-là d’une faiblesse qui a catalysée la force d’un mouvement de fond qui est né d’années d’échecs politiques retentissants.

Ce dernier se résume en un groupe aux contours non délimités, aux lignes idéologiques non fixées et il s’appelle « le peuple », celui-là même dont « les élites » en avaient oublié jusqu’à l’existence tant elles étaient affairées à décider l’édification d’un « nouveau monde » qui se ferait avec ou sans lui – mais avec ses deniers.

Gilets jaunes : discours à haut risque pour Emmanuel Macron après 10 jours de tension



Le Président de la République Emmanuel Macron qui s’adressera à tous les Français, aujourd’hui 27 novembre 2018, pour apporter une réponse aux revendications des « gilets jaunes » prend un très grand risque à savoir celui d’être à nouveau à côté de la plaque.

Le mouvement populaire qui se répand, dans toute la France, depuis neuf jours maintenant, est largement soutenu par une majorité de Français. Mais il ne représente pas seulement les « classes moyennes et populaires ou laborieuses », comme vous venez de le déclarer, hier à Bruxelles.

Les retraités sont aussi très mécontents, d’autant qu’ils se font « essorer » par Bercy – tranquillement mais sûrement – depuis plus de 5 ans maintenant. Par ailleurs, fidèle à vos habitudes, vous cherchez à gagner du temps et à détourner le problème essentiel qui est bien celui du pouvoir d’achat de millions de Français.

Vous n’aimez pas improviser par manque d’intuition et/ou d’imagination, pour une raison toute simple : vous ne sentez pas battre le cœur de la France ! Et ce temps n’est pas gagné, mais surtout perdu sur le terrain, où les évènements finissent par vous échapper.

Tout le monde a bien compris que vous avez délibérément laissé la situation dégénérer sur les Champs Elysées samedi dernier, en accord avec votre ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, pour inquiéter les Français ; c’est raté.

Proposer, aujourd’hui, un « Haut-conseil sur le Climat », après le « Conseil des Territoires » ressemblera à poser un cautère sur une jambe bois. En définitive, vous êtes dans la situation de Cinna, dans la pièce de Corneille, face à Auguste qui lui déclame : « Et monté sur le faîte, il aspire à descendre. »

Il vous appartient, Monsieur le Président, de soigner votre prochaine sortie !