Bruxelles s’active enfin contre les sanctions extraterritoriales américaines



« Enfin ! » a-t-on envie de s’exclamer à la lecture d’un communiqué de la Commission européenne (CE) annonçant vouloir protéger les entreprises européennes des conséquences de toute loi extraterritoriale, notamment américaine.

Considérant la sortie de l’administration Trump de l’accord nucléaire avec l’Iran signé en juillet 2015 et le rétablissement intégral des sanctions américaines décidé par Donald Trump, la CE explique que « la loi de blocage européenne entre en vigueur aujourd’hui » afin de protéger les entreprises européennes exerçant des activités légitimes en Iran.

Cette loi « ouvre aux opérateurs de l’UE le droit d’être indemnisés de tout dommage découlant de sanctions extraterritoriales » précise la CE qui, pour une fois, a pris une décision utile et bienvenue. En effet, l’Europe, et ce n’est pas nier son amitié avec les Etats-Unis, doit absolument affirmer sa souveraineté et ne plus laisser quiconque lui dicter ce qu’elle peut faire ou non.

Quant à l’Iran, la politique européenne ne devra toutefois pas ignorer la politique discutable de Téhéran au Moyen-Orient et agir avec réalisme.

La France va ratifier l’accord européen avec Cuba



Le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a présenté au nom du premier ministre Edouard Philippe un projet de loi autorisant la ratification de l’accord de dialogue politique et de coopération entre l’Union européenne (UE) et ses États membres, d’une part, et la République de Cuba, d’autre part.

Ce projet intervient après l’annulation par le président américain Donald Trump de la normalisation des relations entre les Etats-Unis et Cuba entamée en 2014 par son prédécesseur Barack Obama.

Constatant la multiplication des déplacements officiels de responsables politiques européens à Cuba, dont l’ex-président François Hollande en mai 2015, Jean-Yves Le Drian estime que la position commune de 1996 qui liait toute coopération avec Cuba à une démocratisation du régime est de facto devenue obsolète.

Il s’agit donc pour la France de ratifier l’accord de dialogue politique et de coopération (ADPC) entre l’UE et Cuba ainsi négocié et paraphé à La Havane le 11 mars 2016 par la Haute Représentante, Federica Mogherini, puis signé à Bruxelles par l’UE, ses États membres, et la République de Cuba, le 12 décembre 2016.

Cette année-là, on estime que les échanges commerciaux entre la France et Cuba s’élevaient à 180 millions d’euros soit 0,05% du total des exportations françaises.

Emmanuel Macron en difficulté sur le commerce international et l’Europe de la défense



Contrairement à la sécurité ou à la lutte antiterroriste, existent certains sujets pour le président de la République Emmanuel Macron où vouloir n’est manifestement pas pouvoir. Tandis que l’Allemagne enregistre un excédent commercial de 21,3 milliards d’euros pour septembre 2017 accompagné d’un taux de chômage inchangé à 5,6% soit proche de la moitié du nôtre, la France aggrave son déficit commercial avec 4,7 milliards d’euros sur la même période.

L’année 2017 pourrait donc bien être l’annus horribilis du commerce international français avec un déficit cumulé de 60,8 milliards d’euros sur les douze derniers mois, loin du déjà terrifiant record de 48,1 milliards d’euros pour l’année 2016. En somme, l’optimisme d’Emmanuel Macron et la mania qui l’accompagne dans les médias semblent bien impuissants face au déséquilibre fondamental d’une zone euro qui favorise manifestement l’Allemagne au détriment de ses partenaires.

Que l’on soit pro-Européen ou non, la continuation d’une telle domination allemande en partie fondée sur une injustice structurelle relative à la force de l’euro est probablement la menace la plus vive contre la survie de l’Union Européenne (UE) à long terme. En coulisses d’ailleurs, nombre de responsables allemands notamment chez les militaires partagent un constat similaire.

Justement sur le front militaire, deux nouvelles devraient être interprétées comme deux clairs refus de confier à la France le rôle directeur dans la construction de l’Europe de la défense. Si Paris voit en effet l’Europe de la défense comme devant être dirigée par l’Europe stricto sensu, Berlin comme Stockholm n’envisagent clairement pas l’Europe de la défense sans la participation – voire la direction – des Etats-Unis.

Semble donc exister entre Emmanuel Macron et Angela Merkel une incompréhension de fond puisqu’au moins la dernière confond Europe de la défense et OTAN. Berlin aurait donc choisi d’acheter le chasseur américain F-35 pour remplacer sa flotte de Tornado britanniques tandis que Stockholm a choisi d’acquérir des missiles de défense américains Patriot plutôt que le système franco-italien basé sur la technologie Aster. Si Macron est En Marche, Merkel semble préférer qu’il marche seul.