Nette hausse du déficit public en 2018 malgré une pression fiscale record



Le déficit du budget public français s’est élevé à 76,1 milliards d’euros en 2018, en hausse de 8,4 milliards d’euros par rapport à 2017.

De fait loin des objectifs d’une politique qui serait réellement libérale voire « d’austérité » selon ceux qui n’y seraient pas favorables, le gouvernement d’Emmanuel Macron voit le déficit budgétaire de l’Etat s’accroître suite notamment à la suppression progressive de la taxe d’habitation et à la baisse encore trop limitée des cotisations salariales.

Après 67,7 milliards d’euros de déficit budgétaire en 2017, soit le plus bas niveau depuis 2008 et le début de la crise financière la plus aigüe depuis celle de 1929, la hausse enregistrée en 2018 ne dépasse pas la prévision de 80 milliards d’euros émise dans la loi de finances rectificative de fin d’année, elle-même inférieure de 5,7 milliards d’euros à la prévision émise dans la première loi de finances pour 2018.

« Ces évolutions (…) confortent la capacité du gouvernement à maintenir le déficit public nettement sous 3% du PIB en 2018, pour la deuxième année consécutive, » a expliqué le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin.

Rappelons toutefois que la hausse sensible de la pression fiscale – directe à travers les impôts comme indirecte à travers les taxes telles que celles portant sur le carburant – et qui motive en partie le mécontentement largement exprimé parmi les citoyens a permis de contenir le déficit budgétaire.

Il convient donc de retenir deux choses à savoir d’abord que la France connaît toujours un déficit public massif, à mille lieues de l’Allemagne ou de la Suisse qui collectionnent les excédents, qu’ensuite le rapport entre la hausse certes contenue du déficit budgétaire et celle de la pression fiscale est très probablement négatif.

Enfin, que le déficit budgétaire ait augmenté de 8,4 milliards d’euros alors que l’impôt – inclus celui des collectivités locales – a significativement augmenté malgré le début de la suppression de la taxe d’habitation démontre une fois de plus l’efficience fiscale négative de nos dépenses publiques excessives financées par une fiscalité bien trop élevée et compliquée.

Baisser drastiquement et conjointement la dépense publique et les impôts demeure un objectif indispensable pour libérer l’économie et générer de la croissance économique.

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Gilets jaunes : « mais où passent nos impôts ? » est la vraie question de fond



Le mouvement des gilets jaunes, pour lequel le soutien ne cesse de s’accroître puisqu’il aurait bondi de 75% à 83% suite à l’intervention télévisée du président de la République Emmanuel Macron, regroupe de nombreuses et variées revendications.

Si toutefois le pouvoir d’achat – et surtout sa baisse continue depuis l’introduction de l’euro – est au cœur de la vaste démarche citoyenne de protestation, se pose aussi avec une rare acuité la question de la « bonne » gestion du trésor public.

Championne d’Europe toutes catégories de l’impôt, la France fait figure de cancre au regard de son taux de chômage, de son déficit et de sa dette publics, tous notoirement mauvais. Dès lors, s’interroge-t-on naturellement sur le rapport coût / bénéfice d’un Etat pléthorique comme la France où le secteur public représente plus de la moitié du PIB national.

Sommet de l’incongru, plus les Français payent d’impôts – du moins en terme de pression fiscale puisque l’impôt a tué l’impôt – et plus leur dette collective augmente. Résultat, non seulement vous payez plus pour avoir de moins en moins mais c’est presque comme si vous payiez pour avoir le « privilège » de prendre un peu plus de dette.

Rassurez-vous, le pire n’est pas encore arrivé puisque le coût du service de la dette pourrait bondir dangereusement à la faveur conjuguée d’une hausse de l’inflation et des taux d’emprunt. En résumé, les dirigeants politiques gèrent votre argent public peu efficacement et s’ils travaillaient dans le secteur privé, ils auraient mis la clef sous la porte depuis longtemps.

Aux impôts toujours plus lourds que vous payez – et que Marlène Schiappa, « salariée et fonctionnarisée » par les Français en tant que Secrétaire d’Etat, dit aimer payer – demandez-vous si vous en avez pour votre argent, notamment en comparaison d’autres pays comme l’Allemagne si souvent prise en exemple.

Au final, la France est un puits sans fond depuis des décennies et payer toujours plus pour avoir toujours moins n’est guère encourageant.

Héritage et succession : En Marche vers beaucoup plus d’impôts et pour toute la vie ?



Ce projet de réforme est dans les cartons et il l’était avant même l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République.

« Dans le même carton » pourrait-on dire de façon imagée que celui de la « super-taxe foncière » remplaçant la taxe d’habitation, au moins par logique transfert des charges de la dépense publique des collectivités locales non compensées par l’Etat. Et potentiellement, c’est « une bombe ».

Adieu donc le « libéralisme » si tant est qu’il ait jamais existé chez les cadres LREM qui sont principalement d’anciens élus et/ou apparatchiks peu connus du Parti Socialiste (PS) puisqu’après l’augmentation massive des impôts pour un résultat globalement négatif, c’est désormais au tour des héritiers d’être bientôt un peu plus oppressés.

Alors que le record mondial de la pression fiscale détenu par la France est un véritable désastre amplifiant l’anémie économique et anéantissant l’effectivité fiscale, le gouvernement d’Emmanuel Macron travaillerait à « réformer » le droit des successions.

Autrement dit, la probabilité est que vous paierez bientôt plus d’impôts de succession si vous recevez quoique ce soit de la part de vos aïeux et donc plus d’impôts sur ce qui aura déjà été surfiscalisé pendant des années voire des décennies.

Un peu comme la taxe foncière en perpétuelle augmentation qui vous rappelle chaque année que votre propriété n’est pas vraiment la vôtre, la future réforme des successions vise à « réduire les inégalités » en vous privant potentiellement, non sur le papier mais de facto, de la pleine et entière propriété de ce que vous recevrez.

Une des idées – que Le Politique n’a pas pu vérifier récemment d’où une certaine prudence (1) – pourrait consister à transformer l’impôt sur la succession d’un versement unique à la succession en un impôt progressif et perpétuel payé tout au long de la vie de l’ayant-droit et calculé en fonction de ce que ce dernier aura reçu.

Quant à vos parents et autres aïeux, le peu qu’ils pourront vous transmettre tant cela aura été amputé par l’impôt déjà existant serait donc à nouveau fiscalisé et ce pour une longue durée voire pour toujours, générant ainsi une véritable manne pour l’Etat dont le gouvernement chercherait de quoi éviter la débâcle tant les comptes publics sont précaires.

Après les retraités, les pauvres, les travailleurs, les héritiers – de toute condition – pourraient donc voir leurs droits augmenter alors qu’ils sont déjà les plus élevés d’Europe et que la plupart des pays développés ont supprimé tout droit de succession (2). Ce serait aussi un développement supplémentaire qui prouverait que derrière le « libéralisme » apparent se cache un dirigisme des plus discutables.

Au vu des résultats déplaisants des autres réformes, cet énième bouleversement n’annonce rien de bon et vous êtes en très légitime droit de vous inquiéter. Comme nous l’écrivions en mars 2017, le droit fondamental à la propriété nous semble gravement remis en cause, et toute avancée dans ce domaine augmenterait sensiblement le risque d’effondrement de l’économie et du système social français. L’URSS en a rêvé, la France le fera ? Espérons que non.

Augmenter la liberté, baisser les impôts et réduire le déficit public sont la seule politique viable pour créer des emplois et générer de la croissance. Les Français payent déjà bien assez et surtout beaucoup trop au regard de ce qu’ils obtiennent à savoir toujours plus de dette et de déficit, toujours moins de services publics, d’armée, de police, d’hôpitaux, etc…

Notes

(1) Une telle idée avait déjà été émise dans le passé par divers « spécialistes » de la lutte contre les inégalités, ainsi que dans des documents d’origine publique ou semi-publique comme « pistes de réflexion ». Considérant l’habitude des dirigeants politiques de choisir la piste la plus défavorable aux contribuables, nous la mettons en exergue.

(2) Jusqu’à un montant significatif et qui en France exclurait 85% à 95% des héritiers de l’impôt sur la succession.