Emmanuel Macron en difficulté sur le commerce international et l’Europe de la défense



Contrairement à la sécurité ou à la lutte antiterroriste, existent certains sujets pour le président de la République Emmanuel Macron où vouloir n’est manifestement pas pouvoir. Tandis que l’Allemagne enregistre un excédent commercial de 21,3 milliards d’euros pour septembre 2017 accompagné d’un taux de chômage inchangé à 5,6% soit proche de la moitié du nôtre, la France aggrave son déficit commercial avec 4,7 milliards d’euros sur la même période.

L’année 2017 pourrait donc bien être l’annus horribilis du commerce international français avec un déficit cumulé de 60,8 milliards d’euros sur les douze derniers mois, loin du déjà terrifiant record de 48,1 milliards d’euros pour l’année 2016. En somme, l’optimisme d’Emmanuel Macron et la mania qui l’accompagne dans les médias semblent bien impuissants face au déséquilibre fondamental d’une zone euro qui favorise manifestement l’Allemagne au détriment de ses partenaires.

Que l’on soit pro-Européen ou non, la continuation d’une telle domination allemande en partie fondée sur une injustice structurelle relative à la force de l’euro est probablement la menace la plus vive contre la survie de l’Union Européenne (UE) à long terme. En coulisses d’ailleurs, nombre de responsables allemands notamment chez les militaires partagent un constat similaire.

Justement sur le front militaire, deux nouvelles devraient être interprétées comme deux clairs refus de confier à la France le rôle directeur dans la construction de l’Europe de la défense. Si Paris voit en effet l’Europe de la défense comme devant être dirigée par l’Europe stricto sensu, Berlin comme Stockholm n’envisagent clairement pas l’Europe de la défense sans la participation – voire la direction – des Etats-Unis.

Semble donc exister entre Emmanuel Macron et Angela Merkel une incompréhension de fond puisqu’au moins la dernière confond Europe de la défense et OTAN. Berlin aurait donc choisi d’acheter le chasseur américain F-35 pour remplacer sa flotte de Tornado britanniques tandis que Stockholm a choisi d’acquérir des missiles de défense américains Patriot plutôt que le système franco-italien basé sur la technologie Aster. Si Macron est En Marche, Merkel semble préférer qu’il marche seul.

Louanges allemandes après le discours européen d’Emmanuel Macron



Non seulement le gouvernement allemand a-t-il désormais la grande satisfaction stratégique d’obtenir le contrôle d’Alstom via Siemens mais il est aux anges après le discours « très pro-Européen » – certains diront « européiste » – du président français Emmanuel Macron.

A la chancellerie berlinoise, le porte-parole d’Angela Merkel a exprimé combien cette dernière salue son discours sur l’Europe et partage son souhait de refonder l’Europe. Sauf qu’il s’agirait en fait de renforcer un peu plus l’Allemagne au détriment de la France, estiment ses nombreux détracteurs à droite comme à gauche.

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Le Bundestag allemand a adopté une loi prévoyant une amende d’un montant maximum de 50 millions d’euros pour les réseaux sociaux qui ne supprimeraient pas « les discours de haine et les fausses informations. »

Dans un contexte politique dans lequel les « élites » estiment que l’élection de Donald Trump ou la victoire du Brexit ont résulté de fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux, le gouvernement de la chancelière Angela Merkel qui se revendique comme le rempart de la « démocratie » contre le « populisme » exige désormais que tout « discours de haine » soit retiré des réseaux sociaux sous 24 heures, de même pour tous « contenus jugés offensants » sous sept jours.

Beaucoup d’internautes s’inquiètent qu’une telle loi puisse surtout servir à censurer tout contenu qui critiquerait la politique d’Angela Merkel et plus largement de l’Union européenne (UE) et de la Banque centrale européenne (BCE).