Emmanuel Macron en Afrique, un style qui détonne et assène quelque vérité



A plusieurs reprises a-t-on noté qu’Emmanuel Macron se distingue de ses prédécesseurs par une approche au moins théoriquement plus réaliste et vocalement plus franche.

Sur la Syrie où il ne fait plus du départ de Bachar Al-Assad un préalable obligatoire, sur la Russie avec laquelle il souhaite maintenir un dialogue fort, sur les Etats-Unis où il ignore les critiques pour nouer des liens directs avec Donald Trump, Emmanuel Macron tente une approche qui, si controversée puisse-t-elle être, a au moins le mérite de secouer le cocotier d’une diplomatie un peu trop figée dans ses habitudes.

Le voyage en Afrique a confirmé la velléité du président d’imposer un nouveau tempo à la politique extérieure de la France et exprime de la cohérence à travers son prisme toujours européen, loin de l’habituel « en même temps » de sa politique intérieure.

Ce fut l’occasion pour Emmanuel Macron d’exprimer à nouveau l’importance prioritaire de l’Afrique dans la diplomatie – notamment économique – de la France même s’il semble qu’un tel déplacement sur ce continent à la fois plein de doute et d’espoir fut prématuré à l’écoute de quelques « bons mots » parfois insuffisamment diplomatiques et à l’humour d’interprétation délicate.

Mais ô combien furent bienvenus pour ses compatriotes les mots d’Emmanuel Macron assénant quelque vérité encore jamais exprimée à ce niveau à l’occasion d’un débat avec le public de l’université de Ouagadougou (Burkina Faso) que les trafiquants d’esclaves en Libye « ce sont des Africains, pas des Français, » que « le Franc CFA, personne n’oblige un Etat à en être membre, » que « président de la République française, je n’aurais pas soutenu l’intervention militaire en Libye » ou encore que « vous ne devez qu’une chose pour les soldats français : les applaudir ! »

L’Afrique est bien assez grande pour qu’on lui parle franchement et Emmanuel Macron lui a parlé en ami. On ne peut donc pas critiquer la « Françafrique » et oublier tout ce que la France fait en Afrique, avec l’Afrique et pour l’Afrique avec un sincère humanisme et pas seulement le sens des affaires. Certes le style Macron n’est pas celui de De Gaulle mais 2017 est-il 1967 ?

La controverse sur Manuel Valls et l’Islam justifie Manuel Valls



A l’occasion d’un débat organisé le 21 novembre 2017 par le quotidien espagnol El Pais, Manuel Valls a parlé du « problème de l’Islam, des musulmans » comme la source d’une « crise d’identité » étendue à toute l’Europe.

Estimant qu’il faut cesser d’affirmer que l’islamisme n’a rien à voir avec l’Islam et qu’il conviendrait au contraire « d’aider l’Islam et les musulmans à l’extirper de leur sein, » Manuel Valls a suscité la polémique au motif d’abord qu’il a longtemps soutenu une politique qui n’aurait pas assez lutté contre le développement de l’islamisme lors du mandat de François Hollande. Ensuite parce qu’il romprait selon ses détracteurs avec le principe du « pas d’amalgame » entre l’Islam et l’Islamisme « qui est responsable des attentats. »

En réalité si Manuel Valls suscite tant de réactions, c’est probablement parce qu’il aborde directement l’angoisse existentielle qui anime de nombreux Européens. Profondément traumatisés par les attentats perpétrés ces dernières années, et quand bien même fut-il de bon ton à gauche de le nier, est-il notable que de nombreux Européens nourrissent une profonde inquiétude à l’égard du développement de l’Islam en Europe.

Loin pour autant d’établir quelque amalgame et l’absence d’actes de représailles post-attentats le prouve, les Européens font preuve de dignité autant qu’ils s’interrogent de plus en plus sur la croissance d’une idéologie qui constitue, aux yeux de beaucoup comme à ceux de Manuel Valls, le contraire de leurs valeurs, de leur culture et de leur mode de vie.

Ce qui choque ne serait donc pas ce que dit Manuel Valls mais le fait qu’il exprime aussi ouvertement ce que pense la majorité des Européens. Après des années d’enfouissement organisé, la vérité surgit telle une surprise médiatique alors qu’elle a toujours été là tapie au fond des consciences des humanistes, des Républicains, des Européens, des citoyens épris de Liberté, d’Egalité et de Fraternité.

Qu’un responsable politique, qui plus est ancien premier ministre socialiste, ait choisi de passer à l’offensive a de quoi surprendre en effet un monde politique aseptisé et dont la passivité a tellement duré. Dès lors peut-on critiquer les mots de Manuel Valls mais bien difficile serait-il de contester la validité de son constat. A la taille de la controverse qu’il suscite, comprend-t-on que Manuel Valls n’a plus guère besoin de se justifier puisque la réalité semble parler pour lui.

Florence Portelli souhaite rétablir la méritocratie chez les Républicains (LR)



« Je suis la candidate des militants » affirme régulièrement Florence Portelli dont les plus de 6.000 parrainages obtenus pour se présenter à la présidence des Républicains (LR) ont invalidé la sarcastique désignation comme « candidature de témoignage. »

A constater l’intérêt de ceux venus l’écouter partout en France, la maire de Taverny bouscule les lignes et suscite l’attention de ceux qui s’estiment quelque peu délaissés en comparaison de leur mobilisation pour le parti. Colleurs d’affiches, arpenteurs infatigables, petites mains, ils se sont démenés cette année pour encaisser deux défaites dont l’inéquité médiatique fut flagrante et l’injustice bouleversante.

Dans ce nouvel épisode de sa vie politique où elle affronte notamment Laurent Wauquiez, Florence Portelli bénéficie d’un soutien plus limité de la part des « ténors » LR et mise donc tel David contre Goliath sur le peuple militant de la droite et du centre.

« Je veux qu’on arrête de prendre les Jeunes Républicains pour des guignols. (…) Quand on voit le drame des investitures dans ce parti, on comprend qu’il n’y ait justement plus de débats de fond qui soient portés par notre famille politique (…) Où sont les ténors des LR quand il faut dénoncer la reddition de la République dans certains quartiers ? » sont autant d’affirmations qui interpellent dans cette famille politique où si la majorité des adhérents est sûre de ses valeurs, doute-t-elle toutefois de sa cohérence idéologique et de la vitalité de sa démocratie interne.

Pour y répondre, Florence Portelli a donc publié une liste détaillée de propositions autour de trois axes que sont remettre la méritocratie au cœur de LR, former les militants et accompagner les élus locaux, donner plus de pouvoir au territoire. En misant sur la force adhérente et militante du parti, Florence Portelli colle aux fondamentaux de l’élection où un adhérent pèse théoriquement autant qu’un ténor.

Vous aimerez aussi :

Questions aux adhérents Les Républicains (LR) – Appel à contributions

Florence Portelli : « Je suis d’abord une militante, loyale à ma famille politique »