Exclure l’immigration du « grand débat national » catalyse les pires tensions



Partout en Europe, le constat est identique et implacable : une large majorité des Européens s’inquiète de l’immigration massive et souhaite qu’elle se termine au plus vite. Ce constat s’accompagne de plus en plus souvent d’une précision peu politiquement correcte mais qu’osent désormais ouvertement de nombreux Européens à savoir que le phénomène « d’islamisation » qui accompagnerait selon eux l’immigration massive ne serait non seulement pas souhaitable mais même dangereux.

Au regard de l’actualité de ces dernières années, les autorités politiques autrement appelées « les élites » se trouvent en effet bien en mal de nier la sincérité de l’inquiétude qui assaille de si nombreux Européens quant à la disparation progressive et présumée rapide de leur mode de vie, de leurs valeurs et de leurs libertés au motif d’une tolérance qu’ils jugent unilatérale et excessive.

Ainsi, l’opposition au président de la République Emmanuel Macron devrait poursuivre sa croissance à mesure qu’il s’entête à refuser aux Français la tenue d’un véritable débat sur l’immigration, sujet que « les élites » souhaitent à tout prix éviter sachant pertinemment que l’avis de leurs compatriotes sur cette question brûlante démonte complètement leur « vivre-ensemble » rêvé et idéalisé depuis les rues tranquilles des luxueux 6ème et 8ème arrondissements de Paris.

On ne ramènera donc durablement la concorde civile en France que si on a le courage d’aborder de front les sujets qui fâchent et de prendre parfois des virages à 180 degrés de la politique menée depuis 40 ans au prix de l’épuisement démocratique et de la négation pour le peuple à choisir son avenir pour lui-même. Ceci concerne l’Europe dans son ensemble et plus particulièrement la France où rarement auparavant l’immigration massive et incontrôlée n’a suscité autant de critiques.

Refuser le débat et nier l’inquiétude sincère qui préoccupe tant de Français ajoutent au péril qui menace la République.

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Gilets jaunes : la faiblesse du gouvernement confine à l’encouragement



Après l’acte VIII des Gilets jaunes, nombre de commentateurs et hommes politiques semblent surpris par la violence dans les manifestations, et/ou des actes qui visent à attaquer la République institutionnellement. Quelle naïveté, depuis le début des actions violentes ont été commises, sans parler des accidents – provoqués par des barrages sur les routes – qui  ont fait 10 morts !

Ce bilan est dramatique, et l’Etat a attendu, gentiment, 8 semaines pour que les organisateurs déposent enfin des demandes de manifestation en préfecture. La faiblesse insigne de ce gouvernement constitue pour les plus durs, et autres casseurs, un encouragement ; même si on ne sait plus quelles sont leurs autres revendications, outre celles qui ont déjà été satisfaites.

Autre signe inquiétant, voire de radicalisation, la présence de nombreuses femmes, plutôt jeunes, parmi les manifestants – en plus, elles chantent à la gloire des Gilets jaunes, et viennent de défiler seules, coiffées de bonnets phrygiens.

Les députés de La République En Marche (LREM) insistent constamment sur l’importance du “grand débat national” à venir, et dont le président de la République va bientôt nous en fixer le cadre. La ficelle est un peu grosse : tout le monde a bien compris que les conclusions pourront être reprises lors d’un référendum, lié aux élections européennes, et comportant plusieurs questions.

Le plus probable est qu’il ne sortira rien dudit référendum, et que les électeurs pourraient fortement bouder les urnes. Une autre solution serait de créer, au plus vite, une Assemblée constituante pour proposer une VIème République, tant l’actuelle est à bout de souffle après 24 modifications, la 15ème ayant été la plus néfaste avec l’instauration du quinquennat. Celui-ci fait cohabiter deux majorités – présidentielle et parlementaire – issues du même corps électoral, dans le même cadre espace/temps.

Le résultat provoque une paralysie de fait de l’exécutif : il est possible de changer une fois le Premier ministre, et très risqué de dissoudre l’Assemblée nationale. Cette nouvelle Constitution – comprenant des propositions issues du grand débat – pourrait  être soumise à référendum, avec les Européennes, fin mai 2019. Le général de Gaulle avait réussi à le faire en 1958, 4 mois après son retour au pouvoir !

P.S. : Pour mémoire, les médias – avec les chaînes d’infos en continu – ont fait preuve d’une grande complaisance avec les prétendus représentants des Gilets jaunes ; et d’aucune tolérance sur d’éventuelles bavures policières : c’est ce qu’on appelle l’objectivité dans les débats.

Le titre de cette contribution a été choisi par Le Politique en fonction de son contenu et non par son auteur.

Gilets jaunes : retirer son argent des banques est-il une bonne idée ?



Il semble parfois loin le temps où le mouvement des gilets jaunes manifestait pour moins d’impôts et pour la libération de l’économie, la liberté d’entreprendre et la liberté de prospérer pour soi-même et pour ses proches.

En quelques semaines, des thèmes d’extrême gauche semblent avoir altéré la dynamique pour contrer ce qui pourrait justement donner à la France un véritable avenir. De gilets jaunes comme de la France, il y a donc deux sortes, une majoritaire et pacifique qui demande à l’Etat de réduire sa voilure et de baisser drastiquement les impôts, une minoritaire et agressive qui demande tout et n’importe quoi à l’Etat et remet à l’ordre du jour des idées de gauche dont l’application pendant des décennies a pourtant été un échec monumental à l’instar du mythique – et terriblement contre-productif « impôt sur la fortune » (ISF).

Parce que le glissement à gauche toute semble être insuffisant aux yeux des plus radicaux, voilà que Maxime Nicolle, l’un des leaders du mouvement, propose que les Français retirent leur argent des banques le samedi 12 janvier 2019 dans le cadre d’un « référendum des percepteurs » visant à créer une « panique bancaire » (bank run). Ainsi donc, l’Acte 9 de la mobilisation des gilets jaunes consisterait à « faire peur à cet Etat en toute légalité et sans la moindre violence, » explique un activiste sur Facebook.

Certes l’idée peut séduire mais derrière l’apparence se cache une réalité que personne ne doit ignorer. Soyons directs, une panique bancaire ne servirait pas la France et abîmerait un peu plus notre économie nationale déjà mal au point. Si vous retirez votre argent, il ne produira plus aucun intérêt et vous devrez le cacher dans un endroit à la sécurité autrement plus relative – voire réduite – que celle de votre compte en banque.

Aussi, l’effet domino d’une telle manœuvre mènerait à une crise bancaire profonde qui impacterait l’intégralité des Français, dont les classes moyennes dites « riches » et sans lesquelles allocations, sécurité sociale et services publics ne seraient pas financés – vous savez ces « salauds de riche » à qui on prend tout sans jamais leur dire « merci » et dont on s’étonne qu’ils puissent penser à partir.

Une défaillance même partielle du système bancaire n’assainirait pas la situation mais l’empirerait dramatiquement, créant des millions de chômeurs supplémentaires et transformant la France d’aujourd’hui en Venezuela européen de demain avec des pénuries alimentaires et énergétiques sévères. Que les banques soient critiquables est légitime, mais diffuser le message selon lequel une panique bancaire pourrait avoir un effet positif est faux puisqu’en bout de chaîne, ce sont les clients des banques à savoir vous, moi, nous tous qui serions principalement et négativement concernés.

Enfin, rappelons que si notre système bancaire est imparfait, il emploie de très nombreux Français, permet à la France de se hisser parmi les grandes puissances bancaires mondiales – et c’est un enjeu majeur de souveraineté, et apporte une réelle stabilité à notre dette publique grâce à laquelle son financement est compétitif. Retirez votre argent des banques et aussitôt les taux souverains de la France bondiront et rendront insoutenable le service de notre dette, celle-là même qui est indispensable au versement des allocations, au bon fonctionnement des services publics et à la sécurité sociale.

Attaquer les banques revient en somme à s’attaquer à nous-mêmes. Si plus de contrôle, plus de déontologie, plus d’éthique, plus de solidarité sont probablement nécessaires à notre système bancaire, il convient de rappeler qu’il est indispensable et que des millions de Français en sont d’ailleurs sociétaires. La démagogie n’a jamais mené autre part qu’à la catastrophe, et il ne s’agit pas là de « défendre les banques » mais d’être réaliste et juste.