Se préparer dès maintenant à Donald Trump Président



Des mois avant tout le monde, Le Politique fut la seule organisation en France à écrire qu’il ferait un malheur et ce alors que tous ou presque ridiculisaient la candidature de Donald Trump. De toutes les sources locales qui nous envoyaient des informations depuis le terrain électoral, du fond de la Pennsylvanie jusqu’aux beaux quartiers de Nouvelle Angleterre, nos données confirmaient une tendance inédite, à savoir la conjonction d’une tendance politique profonde simultanée entre les Etats-Unis et l’Europe. Fait rare, les questions politiques relatives à la nation, la culture et la civilisation américaines – et plus largement occidentales – dépassaient en importance électorale les questions relatives à l’économie, pourtant le plus souvent facteur déterminant des campagnes présidentielles.

De même que les responsables politiques européens restaient convaincus à quelques heures du scrutin que jamais le Brexit ne l’emporterait, il leur est vivement conseillé – notoirement à la classe politique française – de se préparer sérieusement à l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. Que vous l’appréciez ou non, sa dernière déclaration relative au “contrôle extrême” qu’il aimerait imposer au citoyen français lors de son passage de la frontière américaine est suffisamment explicite pour comprendre que des liens forts doivent être tissés au plus vite, au risque de se voir rapidement – et très injustement – marginalisés par la possible administration Trump.

Les avis, les opinions, les informations que nous recevons chaque jour montrent qu’un nombre important d’anciens abstentionnistes ainsi que de primo-votants sont impatients d’aller voter pour “celui qui parle comme eux et qui a bien saisi les problématiques qui les préoccupent.” Non seulement l’élection de Donald Trump pourrait avoir des conséquences significatives dans le secteur diplomatique mais aussi dans notre propre environnement politique national considérant que le Front National (FN) dont certains des cadres les plus importants ne cachent pas leur sympathie pour le milliardaire new-yorkais devrait bénéficier de “l’effet libératoire” qu’aurait l’élection de ce dernier.

La situation en Afghanistan est fragile, compromise



Ces deux mots résument dans quel contexte les Afghans essaient tant bien que mal de vivre dans leur pays dont on croirait qu’il a toujours été déchiré par la guerre tant on ne se souvient plus guère quand il fut en paix. Ce constat désole aussi certainement ceux qui – parmi les soldats français par exemple – ont participé aux combats contre les Talibans. Maintenant que l’Etat Islamique (EI – Daech) semble avoir réussi à s’introduire sur le théâtre afghan, le terrorisme y a repris des proportions alarmantes ces six derniers mois.

Selon un rapport publié par l’ONU, le nombre de victimes civiles, notamment les enfants, dans les divers conflits – Talibans, Al Qaeda, EI – qui parsèment le pays a atteint un chiffre record 1.601 tués pour 3.565 blessés au cours du premier semestre de 2016. Ce samedi, un attentat terroriste meurtrier revendiqué par l’EI a fait environ 80 morts parmi la minorité Chiite hazara lors d’une manifestation pacifique dans la capitale Kaboul. Selon d’anciens combattants américains, c’est le retrait d’Afghanistan décidé en 2014 par le président Barack Obama qui aurait été prématuré, laissant des soldats afghans en difficulté structurelle face à une menace aguerrie et bien organisée.

Un peu dissonants par rapport à la situation constatée in situ, les membres du Conseil de sécurité de l’ONU “ont réaffirmé qu’aucun acte de violence ou de terrorisme ne saurait remettre en cause la dynamique pacifique, démocratique et de stabilité entamée et soutenue par le peuple et le gouvernement de l’Afghanistan.” 8400 soldats américains sont encore stationnés en Afghanistan.

La Turquie pourrait revoir ses relations avec les USA



Le président turc Recep Tayyip Erdogan ne décolèrerait pas contre le gouvernement américain qu’il accuse de participation, au mieux d’inaction bienveillante, dans le putsch militaire raté il y a une semaine environ. Son ministre des affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a prévenu que les liens bilatéraux souffriraient si Fethullahl Gulen, ancien soutien d’Erdogan et intellectuel influent, n’était pas extradé depuis la Pennsylvanie. Gulen est accusé d’avoir fomenté le coup d’Etat.

On note que la Turquie se préoccupe en fait bien plus de ses relations avec les Etats-Unis considérant que sa diplomatie s’est quasi-exclusivement consacrée à obtenir l’extradition de Gulen ces derniers jours en sous-entendant que des révisions majeures pourraient être envisagées dans les relations bilatérales. A contrario, le gouvernement turc a balayé de quelques mots l’avertissement du président de la Commission européenne (CE) Jean-Claude Juncker selon lequel rétablir la peine de mort équivaudrait à l’arrêt des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne (UE).

La Turquie sait qu’elle peut obtenir beaucoup plus des Etats-Unis en maintenant une forte pression, ce qui contraste avec une UE qui peine toujours à plaider ses intérêts à Washington. Les américains ont en quelque sorte plus besoin de la Turquie que l’inverse, sachant qu’il s’agit prioritairement pour l’administration Obama d’éviter tout rapprochement d’envergure entre la Turquie et la Russie. Porte d’entrée vers le Moyen-Orient, la Turquie est un partenaire stratégique pour les Etats-Unis notamment dans le cadre de leurs opérations militaires tant contre les groupes terroristes en Syrie/Irak que contre le régime Syrien de Bachar Al-Assad.