Macron et Merkel hués et humiliés à Aix-la-Chapelle, un signe inquiétant



Le dispositif de sécurité exceptionnel et l’opération médiatique n’auront pas empêché les images extrêmement humiliantes d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel réunis à Aix-la-Chapelle pour signer un nouveau traité franco-allemand.

C’est en effet sous des huées importantes (1) et couvrant totalement les quelques applaudissements épars que les deux dirigeants européens ont salué une foule résolument hostile et portant des panneaux disant « Merkel muss weg » (« Merkel doit partir ») et « Macron démission ».

On pourrait considérer qu’un tel déferlement de mécontentement est un fait anodin tant le décalage entre les gouvernants et les peuples est grand, mais il souligne en fait la gravité d’une situation qui se détériore à mesure que les semaines passent et que s’approchent les élections européennes 2019.

Les embellies enregistrées dans les sondages paraissent ainsi passagères et les promesses « d’écoute » et de « compréhension » mèneront droit à la catastrophe générale si elles ne sont pas immédiatement et efficacement suivies d’effet.

Que les deux plus importants dirigeants européens soient hués de la sorte en dépit d’un quadrillage digne d’un G8 dans une ville pourtant calme comme Aix-la-Chapelle est un message inquiétant adressé aux « élites » qui n’impressionnent plus guère les « peuples » et dont une partie explique sur les réseaux sociaux que leur « pouvoir » ne tient qu’au maigre soutien des forces de l’ordre et des Armées.

Après la petite éclaircie, la grosse tempête ?

Notes

Résiliente, Marine Le Pen abandonne la sortie de l’euro et se présidentialise



Objectivement et du point de vue de l’électorat, la métamorphose est rapide et elle donne des résultats probants alors que la crise des gilets jaunes poursuit ses multiples effets. Le Front National (FN) est devenu le Rassemblement National (RN) et ce dernier semble de plus en plus se distinguer du premier tant les changements ont été nombreux depuis l’élection présidentielle et le débat raté de 2017.

D’abord, le départ de Florian Philippot de la vice-présidence du parti a emmené avec lui une grande part « de l’aile gauche » qui déplaisait particulièrement à la portion de l’électorat de droite classique qui était tentée de voter Marine Le Pen. Ensuite, l’alliance entre les deux tours avec Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout La France (DLF), semble avoir montré aux cadres de RN combien une approche plus libérale et plus réaliste pouvait bénéficier à un parti qui semblait jouer l’éternel épouvantail cependant peu capable d’accéder au pouvoir.

Mais en abandonnant son idée-phare de sortie de l’euro, Marine Le Pen et le RN, en plus de bénéficier à plein du contexte actuel, font probablement « le grand bond en avant » qui pourrait bien leur ouvrir les portes du pouvoir. Alors que Les Républicains (LR) peinent à se faire entendre (1) et semblent même être sabotés de toutes parts par quelques-uns de leurs vétérans devenus de fervents partisans d’Emmanuel Macron, Marine Le Pen a su jusqu’à maintenant déjouer les pronostics et renaître de ses cendres, sachant tirer extrêmement bien parti de la part populaire et conservatrice du vaste et divers mouvement des gilets jaunes.

Dans le même temps, a-t-elle capitalisé sur la déstabilisation d’Emmanuel Macron et sur l’affaiblissement significatif de Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise (LFI). L’abandon programmatique de la question de la sortie de l’euro et l’appel à une « nouvelle gouvernance de la zone euro » sont deux étapes potentiellement fondatrices qui responsabilisent en quelque sorte Marine Le Pen auprès d’une portion accrue de l’électorat de droite jusque-là réticent à lui donner son vote.

Non seulement la dynamique européenne pourrait la porter, considérant l’immigration record avec plus de 400.000 entrées en France en 2018 et considérant la popularité de son allié Matteo Salvini en Italie où même des anciens électeurs du Parti Démocrate (gauche) le soutiennent désormais, mais aussi en rompant avec sa ligne non-conventionnelle (sortie de l’euro voire Frexit), Marine Le Pen menace directement les chances de réélection d’Emmanuel Macron et prouve sa capacité à surmonter les difficultés et à se remettre en question.

Oubliée l’abîme de juin 2017, Marine Le Pen est plus que jamais de retour sur le devant de la scène politique française en à peine un an et demi. Qu’on l’apprécie ou non, qu’on la combatte ou qu’on la soutienne, une telle capacité de rebond est rare et ne laissera probablement pas l’électorat insensible. Marine Le Pen se présidentialise.

Le Politique a besoin de votre soutien, cliquez ici pour vous abonner.

Notes

(1) Du fait notamment d’un traitement médiatique injuste et inéquitable.

Nette hausse du déficit public en 2018 malgré une pression fiscale record



Le déficit du budget public français s’est élevé à 76,1 milliards d’euros en 2018, en hausse de 8,4 milliards d’euros par rapport à 2017.

De fait loin des objectifs d’une politique qui serait réellement libérale voire « d’austérité » selon ceux qui n’y seraient pas favorables, le gouvernement d’Emmanuel Macron voit le déficit budgétaire de l’Etat s’accroître suite notamment à la suppression progressive de la taxe d’habitation et à la baisse encore trop limitée des cotisations salariales.

Après 67,7 milliards d’euros de déficit budgétaire en 2017, soit le plus bas niveau depuis 2008 et le début de la crise financière la plus aigüe depuis celle de 1929, la hausse enregistrée en 2018 ne dépasse pas la prévision de 80 milliards d’euros émise dans la loi de finances rectificative de fin d’année, elle-même inférieure de 5,7 milliards d’euros à la prévision émise dans la première loi de finances pour 2018.

« Ces évolutions (…) confortent la capacité du gouvernement à maintenir le déficit public nettement sous 3% du PIB en 2018, pour la deuxième année consécutive, » a expliqué le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin.

Rappelons toutefois que la hausse sensible de la pression fiscale – directe à travers les impôts comme indirecte à travers les taxes telles que celles portant sur le carburant – et qui motive en partie le mécontentement largement exprimé parmi les citoyens a permis de contenir le déficit budgétaire.

Il convient donc de retenir deux choses à savoir d’abord que la France connaît toujours un déficit public massif, à mille lieues de l’Allemagne ou de la Suisse qui collectionnent les excédents, qu’ensuite le rapport entre la hausse certes contenue du déficit budgétaire et celle de la pression fiscale est très probablement négatif.

Enfin, que le déficit budgétaire ait augmenté de 8,4 milliards d’euros alors que l’impôt – inclus celui des collectivités locales – a significativement augmenté malgré le début de la suppression de la taxe d’habitation démontre une fois de plus l’efficience fiscale négative de nos dépenses publiques excessives financées par une fiscalité bien trop élevée et compliquée.

Baisser drastiquement et conjointement la dépense publique et les impôts demeure un objectif indispensable pour libérer l’économie et générer de la croissance économique.

Le Politique a besoin de votre soutien, cliquez ici pour vous abonner.