S’habituer au terrorisme est synonyme de défaite et de soumission



Cela fait plusieurs années qu’à chaque attentat qui tue et blesse, les Français entendent les mêmes refrains. « Le gouvernement fait tout pour protéger les Français, les Français sont protégés, les moyens de police et de gendarmerie sont renforcés… ».

Pour quel résultat hormis l’aggravation continue d’un contexte sécuritaire devenu si mauvais que la tactique de débordement recherchée par les terroristes commence à fonctionner ?

Si demain plusieurs actions hostiles coordonnées prenaient place sur le territoire national, la réponse serait insuffisante et la létalité serait significative. Les services de police et de gendarmerie, les Armées et les services de renseignement font tout leur possible et les Français leur sont reconnaissants.

Le problème de fond est politique. Aucune décision majeure et de bon sens en mesure de modifier la donne en matière sécuritaire n’a été prise même après plus de 241 morts en un an et demi. La politique de frontières ouvertes est un dogme incompréhensible alors que tous les pays du monde – à l’exception de ceux de l’espace Schengen – disposent de frontières nationales.

Ignorer qui entre, qui sort n’est ni de gauche ni de droite, c’est du bon sens (1). Si vous ignorez qui se trouve sur le territoire national alors vous ne le maîtrisez pas, plus encore si la menace terroriste est élevée.

La politique d’angélisme en matière pénale est un dogme qui condamne les Français à « vivre durablement sous la menace terroriste » comme l’a déclaré Emmanuel Macron sur France2 le 20 avril 2017 plutôt que de traiter durablement la menace terroriste afin qu’elle cesse de semer la mort (2).

Qu’en situation d’Etat d’urgence, un individu (3) au casier judiciaire lourd et dûment signalé puisse circuler librement armé d’un fusil d’assaut constitue une faute inexcusable de la part des responsables politiques en charge de la sécurité des Français. Surtout si l’on compare ce laxisme avec la célérité qu’il y a à punir tout citoyen qui ne pose aucune menace à l’ordre public et qui dévierait un instant de la loi.

Les condamnations pénales symboliques de quelques mois ou quelques années contre des individus hostiles dont la volonté de tuer est connue sont inadaptées. Gesticuler, palabrer, débattre et proposer de « renforcer » ne sont qu’une litanie inutile de vœux pieux. Agir, c’est mieux.

Prendre les mesures courageuses et de bon sens s’impose. Il faut certes bien veiller à rester dans le cadre de l’Etat de droit mais les options que ce dernier propose sont loin d’avoir été épuisées. Tout n’a pas été fait pour protéger les Français et tout doit désormais être fait pour empêcher cette gravissime conflagration que recherchent les terroristes et qui abîmerait irrémédiablement la France.

La gesticulation a assez duré. Proposer aux Français de s’habituer, c’est accepter la défaite et se soumettre.

(1) “Marine Le Pen n’est pas celle qui pourra protéger nos concitoyens”, a insisté Emmanuel Macron sur RTL, jugeant “ridicule” le rétablissement des frontières qu’elle propose. “La clé, c’est de renforcer le renseignement”, a-t-il ajouté. Pourquoi roule-t-il donc en voiture blindée avec protection?

(2) « Nous vivons et vivrons durablement avec la menace terroriste, » a répété Emmanuel Macron sur Twitter le 21 avril 2017.

(3) Au moment où cet article a été publié, de multiples sources d’information crédibles indiquaient que l’individu était fiché S, ce qui a ensuite été démenti par les autorités en dépit d’une interrogation à son sujet en février 2017.

La Suède, l’ancien modèle devenu cauchemar et paroxysme de naïveté



A l’image des bougies allumées et chansons fredonnées au lendemain des attentats qui ont ensanglantés Paris le 13 novembre 2015, près de 20.000 suédois ont manifesté « pour l’amour » dans les rues de Stockholm après qu’un ressortissant ouzbek, sous le coup d’une procédure d’expulsion mais toujours présent sur le territoire suédois, a foncé sur la foule au volant d’un camion tuant quatre innocents et en blessant quinze autres le 7 avril 2017.

Si la dignité des Suédois est toute à leur honneur, comme fut celle des Français, des Belges, des Allemands, des Britanniques…, l’exprimer sur le thème de l’amour n’empêchera jamais le terrorisme de frapper mais surtout l’encourage à poursuivre ses projets mortifères. Répondre à une adversité si violente par « l’amour » relève soit d’une absence totale de réalisme soit d’un véritable syndrome de Stockholm.

La Suède, pays développé parmi les plus généreux du monde, est frappé en son cœur par un même terrorisme mondialisé. La réponse, si l’on veut éviter d’autres drames, ne peut se limiter à l’expression de « l’amour contre le terrorisme », paroxysme d’une faiblesse généralisée que le terrorisme exploite avec délectation.

L’emploi de la force légale, prévu par la constitution dans le cadre de l’Etat de droit, implacable et définitive, doit traiter le terrorisme en vue de deux objectifs : l’éradiquer et empêcher à tout prix la conflagration civile qu’il cherche à provoquer. Parler d’amour à des individus capables d’écraser en pleine rue des innocents – enfants et adolescents compris – confine au cas psychiatrique et l’Europe est gravement malade.