Terrorisme islamiste : Non, les pouvoirs publics ne contrôlent pas la situation



Une vie donnée ne peut pas être une vie perdue“. Cette phrase prononcée lors du dimanche des Rameaux, en l’Eglise Saint-Etienne de Trèbes, doit rester graver dans la mémoire des Français.

Le comportement héroïque et spontané du Lieutenant-Colonel Arnaud Beltrame illustre, parfaitement et cruellement, le sens du devoir, et magnifie le verbe “servir”. Les trois autres victimes font, bien sûr, partie de cet hommage rendu “Aux morts !”

De nombreux débats ont occupé les médias, sans apporter d’éléments nouveaux, sur la question du suivi des “fichés S”. La menace terroriste présente une ubiquité très forte, pratiquement insaisissable. Il appartient au gouvernement, sans délai, de déclarer la guerre à cet Islam radical et conquérant dont l’Etat islamique, Daesh, se nourrit à satiété, en revendiquant sans discernement tous les attentats commis.

Il faut aussi en finir avec les bons sentiments : l’amalgame supposé entre les musulmans – ceux qui pratiquent l’islam – et les fous d’Allah n’a pas de sens ; oublier l’absurde mauvaise conscience post-coloniale de la France ; et refuser le retour des djihadistes français sur le territoire national car ce sont des traîtres à la Patrie.

Le “Conseil de Défense”, tenu dans l’urgence vendredi soir, a essayé de faire accroire que les pouvoirs publics contrôlaient la situation. C’est faux : elle n’était pas contrôlée la semaine dernière, elle ne l’est pas davantage aujourd’hui et ne le sera pas, au moins, toute la semaine prochaine… Autrement dit, il faut changer de méthode : tous les Français doivent maintenant se mobiliser dans cette lutte contre le terrorisme.

L’enjeu est celui de la survie de notre civilisation, inscrite dans la double tradition gréco-romaine et judéo-chrétienne. Dans les villes, les quartiers, les immeubles et aussi les campagnes, des informations ou indices peuvent être recueillis en ouvrant, simplement, ses yeux et ses oreilles – ce sont les signaux faibles de proximité.

Nul besoin d’être James Bond ou OSS117, et de prendre le moindre risque pour obtenir ces informations, mais il faut ensuite se rendre dans les commissariats en ville, ou les brigades de gendarmerie dans les campagnes, pour les informer de ce qui vous a semblé bizarre ou suspect. Policiers et gendarmes pourront procéder à un premier traitement des informations reçues et gérer la suite à donner.

Enfin, il faut être convaincu que toute information fiable qui n’est pas communiquée devient une donnée morte : les conséquences peuvent être dramatiques… Il y a deux cas récents, dont un en Espagne, ou des actes terroristes auraient pu être évités, mais ceux qui avaient des doutes sérieux n’ont pas osé “dénoncer”.

Monsieur le Président de la République, à quoi sert votre Centre National du Renseignement, d’abord baptisé “Task Force” pendant votre campagne électorale, et installé, à grand bruit médiatique, à l’Elysée après votre élection. J’en avais critiqué la création, dès le début, et je maintiens ce point de vue.

Pour Nicolas Sarkozy comme pour d’autres, la justice n’est pas indépendante



Les Français – tout en respectant la présomption d’innocence – vont finir par avoir la nausée de ces « affaires » qui touchent, pour l’essentiel, la classe politique. Les réactions de certains politiques sont pour le moins affligeantes : c’est soit « la brosse à reluire », en toute amitié ; soit « l’interrogation faussement naïve » sur les délais de la Justice ?

Mais la palme de l’hypocrisie revient à Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre, qui regrette « tout ce spectacle », même s’il a « décidé de ne pas avoir de doute » ; ce qui revient à dire : je ne sais rien et ne veux rien savoir ou, encore, pas moi, pas moi ! Enfin, après un rappel, bien sûr, de la présomption d’innocence, il s’inquiète de ce que « dans les affaires politiques, notre justice ne semble pas sereine ».

Monsieur Raffarin, je vous invite à lire un ouvrage de Guy Carcassonne, sur la Constitution, où s’agissant du Titre VIII, traitant « De l’Autorité judiciaire », dans son article 64 – premier alinéa : « Le président de la République est le garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire », l’auteur affirme : « le premier alinéa de cet article est incongru. Autant affirmer que le loup est garant de la sécurité de la bergerie ».

Monsieur le Premier ministre, il vous aura peut-être échappé que notre Justice n’est pas sereine, dans les affaires politiques, pour une raison toute simple : elle n’est pas indépendante du pouvoir politique. Au pays de « la séparation des pouvoirs », chère à Montesquieu dans sa « Défense de l’Esprit des lois », c’est un comble qui ouvre la voie à tous les scandales !

Le Service national obligatoire de Macron sera économiquement intenable



La création d’un service national obligatoire d’un mois, annoncée le 18 mars 2017 par le candidat Emmanuel Macron – pendant la campagne présidentielle, et qui ne figure pas dans son programme pour l’élection proprement dite – semble avoir du plomb dans l’aile.

En effet, une première expérimentation est prévue pour 2019, et le Premier ministre devrait en arrêter les modalités au printemps 2018, après qu’une commission ad hoc lui aura remis ses propositions. Mais le problème de fond porte sur le coût budgétaire. Ainsi la seule nourriture – pour 700.000 jeunes, pendant 30 jours à 15 euros par jour – se monte à 3,15 millions d’euros par an.

L’encadrement minimum pour 100 jeunes est de 20 personnes, soit près de 12 000 personnes en permanence. Enfin pour l’administration et la gestion de tels effectifs, il convient de rajouter au moins 1/3 du chiffre “encadrement”, soit encore 4.000 personnes. En prenant 50.000 euros par an et par poste budgétaire, la facture du personnel monte à 800 millions d’euros chaque année.

En outre, il faudra aussi aussi ajouter un budget fonctionnement pour toutes les activités de ces jeunes (véhicules, carburant, frais de route et déplacements, etc.) qu’on peut situer à la moitié des frais de personnel, soit encore 400 millions d’euros. Au total, en étant plutôt “pingre” ou “optimiste”, la facture annuelle sera supérieure à 1,5 milliard d’euros par an. Cette somme est à peine inférieure à ce que doit augmenter, chaque année, le budget des Armées d’ici 2022.

C’est donc intenable… d’autant que l’efficacité de ce service national obligatoire sera difficilement quantifiable dans le temps !