Insécurité : Explosion d’une violence inouïe, affreusement banalisée

Dans un contexte tant sanitaire que de sécurité nationale notoirement détérioré où la pandémie de Covid-19 et le terrorisme islamiste focalisent l’attention des responsables politiques, les « faits divers » d’une violence inouïe continuent de s’accumuler au point que les médias n’en relatent désormais que quelques-uns parmi les plus graves.

Et encore, un tel constat est à relativiser considérant que de nombreuses agressions aux conséquences souvent extrêmement lourdes, psychologiques comme physiques, passent quasiment inaperçues dans le flot effarant des actualités locales, même en des lieux qui, il n’y pas si longtemps, étaient de paisibles contrées « où il ne se passait rien. »

« L’ensauvagement » dont le chef de l’Etat Emmanuel Macron souhaite ne pas faire « un Kâma-Sûtra » peut certes constituer une réalité magnifiée par la surexposition médiatique via les réseaux sociaux et dont la statistique n’aurait guère changé depuis les années 2000.

Mieux, nous informe le New York Times dont on se demande ce qu’il peut bien connaître de la France du quotidien, l’insécurité serait plus faible et le nombre d’homicides, en baisse constante, le prouverait.

Sauf que la part majeure de l’insécurité ultra-violente qui perturbe définitivement la vie d’individus qui n’ont rien demandé ou qui détruit physiquement des personnes au point qu’elles vivront avec des séquelles perpétuelles ne relève pas de la catégorie « homicides ».

Contre l’affirmation du ministre de la justice Eric Dupond-Moretti selon laquelle « la France n’est pas un coupe-gorge », force est toutefois de constater que non seulement la violence se répand mais qu’elle est désormais usée avec une intensité inédite, pour une « cigarette », pour un « regard » et de fait le plus souvent pour absolument rien du tout.

D’ailleurs, si les milieux progressistes au pouvoir ne pipent mot lorsqu’ils parlent aux médias, ils partagent tout autant en privé les craintes de leurs concitoyens face à la montée apparemment inexorable de l’insécurité et de la violence « gratuite ».

Dernier fait marquant en date, l’agression d’un jeune homme de 19 ans prénommé Lorenzo, « tabassé dans la nuit du 24 août 2020, sur un parking de Lattes, dans l’Hérault, où ses amis finissaient leur soirée ». Sans raison, explique sa mère Eva sur sa page Facebook, deux individus qu’il ne connaissait que de loin « lui ont fracturé quatre de ses cervicales et explosé la C7 ».

Le lendemain, le Métropolitain parle « d’une rixe » ayant « opposé deux bandes rivales » et fait « un blessé grave ». Tous les protagonistes étaient « alcoolisés » précise le journal local. D’autres publications comme Midi Libre titrent que Lorenzo a été « victime d’une violente agression ».

Depuis ce jour, « tout s’est arrêté » puisque Lorenzo est cloué sur un lit d’hôpital du CHU Lapeyronie, quadraplégique, dans l’incapacité de parler, de respirer sans assistance, de manger, de se laver les dents. Aussi, déplorent ses parents, les agresseurs présumés du jeune homme – qui attend toujours d’être entendu par la justice – ont été remis en liberté seulement quatre jours après les faits.

Si un tel fait en rappelle malheureusement tellement d’autres à l’instar de Marin, handicapé depuis ce jour en 2016 à Lyon quand il a secouru un couple en train de s’embrasser, la violence vécue par Lorenzo paraît d’autant plus extrême qu’elle n’a bénéficié que d’attentions médiatiques – et donc publiques – très limitées, preuve que la liste des « faits divers » serait devenue si longue qu’il n’est plus possible de la couvrir entièrement.

Seuls quelques médias principalement locaux à l’instar de Midi Libre, France Bleu Hérault, Métropolitain et NRJ12 ont relaté les faits. S’il appartient aux policiers de la sûreté départementale de l’Hérault d’établir les faits et de mener l’enquête, nombreux sont les commentaires aux messages de la famille de Lorenzo sur les réseaux sociaux qui traduisent la croissance indéniablement augmentée et accélérée de l’insécurité.

Comme cette femme qui écrit sur le mur Facebook de la mère de Lorenzo « qu’ayant été agressée et laissée pour morte il y a 22 mois, la justice ne s’est pas encore occupée de sa plainte. » Les témoignages affluent par centaines sur le radeau bien frêle des réseaux sociaux, manifestement unique bouée de sauvetage et d’échange pour un nombre incalculable de victimes qui dénoncent, elles aussi, le « déni politique » et « l’incurie judiciaire ».

De même donc que pour l’actualité quotidienne à connotation fortement terroriste concernant laquelle on ne compte plus les arrestations d’individus armés aux intentions claires mais libérés presque aussitôt, la litanie sans fin de l’insécurité qui pulvérise des individus comme des familles entières demeure affreusement minorée voire banalisée par des médias souvent déconnectés.

Un sursaut parmi les milieux privilégiés, notamment au sommet du pouvoir politique, une réelle considération pour les victimes et la mise en place d’une politique sécuritaire et judiciaire réaliste et efficace est indispensable pour refaire de la France un pays « où il fait bon vivre ».

La campagne présidentielle de 2022 devra impérativement et courageusement se saisir de cette problématique de l’insécurité aux conséquences insupportables sur la vie quotidienne d’une partie de plus en plus importante de nos concitoyens.

Les opinions exprimées sont uniquement celles de leurs auteurs.

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