L’attestation de déplacement catalyse le mécontentement

Depuis neuf mois maintenant, soit presqu’une année entière, le monde et la France vivent au rythme décousu de la pandémie de coronavirus Covid-19 dont la question de l’origine se pose encore sérieusement selon le magazine du CNRS.

Tandis que se multiplient les annonces optimistes relatives à la disponibilité de plusieurs vaccins d’ici quelques mois voire quelques semaines, le gouvernement de Jean Castex estime que « ce n’est pas le moment de desserrer la bride ».

Outre le choix des mots qui heurtent et blessent certains de nos concitoyens, l’absence de perspective positive dans les déclarations ministérielles et présidentielles nourrissent quelque inquiétude et lassitude de devoir « s’habituer à vivre avec le virus ».

Le décalage entre les annonces enthousiastes de l’entreprise Pfizer et celles dites imminentes de Astra Zeneca et Moderna et le rappel tous azimuts des consignes sanitaires suscitent l’incompréhension dans une part croissante de l’opinion publique.

Le sentiment de subir, impuissants, une crise sans perspective de fin paraît notoirement augmenté par l’attestation de déplacement que doit remplir et présenter tout citoyen et/ou résident sur le territoire national, au premier défaut de laquelle un procès-verbal accompagné d’une amende de 135 euros est dressé.

En augmentation significative donc sont les signaux indiquant un « ras-le-bol » parmi la population qui exprime parfois en des termes de plus en plus crus « son dégoût, son choc, son rejet » de devoir se munir d’une autorisation écrite pour circuler dans « son pays, sur son sol, chez elle ».

Sur les réseaux sociaux, quand les uns dénoncent des « dérives autoritaires », d’autres se disent « qu’ils n’auraient jamais pensé devoir se justifier un jour d’exister et d’être chez eux » et y voient « une atteinte grave aux Libertés fondamentales ».

D’autres, apparemment moins nombreux peut-être parce que moins enclins à s’exprimer, estiment au contraire que « c’est un moindre mal pour un grand bien » et que l’effort collectif « ne doit pas faiblir si l’on souhaite vraiment s’en sortir. »

A l’angoisse donc de devoir traverser sans trop de dommages médicaux, psychologiques, économiques la première pandémie depuis cent ans s’agrège un déficit de plus en plus prononcé et diffus de confiance en l’Etat et en son gouvernement, au moins pour une partie de plus en plus visible et audible de la population.

Pour résumer, la limite « 1 heure / 1 kilomètre » dont des députés Les Républicains (LR) demandent la suspension, l’idée plus ou moins entretenue par l’absence de perspective positive que « l’on est entré dans une dynamique perpétuelle » et le malaise suscité par « l’attestation de déplacement » augmentent sensiblement la difficulté qu’ont nombre de Français à vivre sereinement cette pandémie.

A mesure que grandit donc le malaise pourrait également croître le risque d’un moins bon respect des consignes sanitaires et donc d’une santé publique fragilisée, en corollaire d’une possible détérioration de la situation politique et sociale générale.

Les opinions exprimées sont uniquement celles de leurs auteurs.

Newsletter

Lire plus

Plus d'Articles...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *