5 ans après le Bataclan, une menace terroriste « écarlate »

Le contraste avec notre monde politique divisé est saisissant même si la problématique traitée suscite bien des inquiétudes : la communauté française du renseignement et de la sécurité paraît unanime quant à la gravité et l’ampleur de la menace terroriste, principalement d’inspiration islamiste.

« Le risque d’une attaque comme celle du 13 novembre, s’il a diminué, n’a pas disparu, » prévient Nicolas Lerner, directeur de la DGSI, dans un long entretien au Figaro. Même évaluation du côté de Bernard Emié, son homologue de la DGSE, qui précise « qu’un certain nombre de matériels récupérés au Sahel, en Syrie ou en Irak montrent que les organisations terroristes s’intéressent à tous les modes opératoires possibles ».

Depuis les attaques simultanées d’une sophistication et d’une létalité inédites perpétrées à Paris et à Saint-Denis le 13 novembre 2015 ayant causé la mort de 130 personnes, les attaques terroristes suivantes ont été commises de façon plus artisanale et plus individuelle.

L’attaque perpétrée à Nice le 14 juillet 2016 par un seul individu au volant d’un camion de 19 tonnes, tuant 87 personnes et blessant 434 autres, a toutefois souligné la capacité létale d’une unique personne transformant un simple véhicule en arme par destination conformément aux instructions de l’Etat islamique (EI).

D’une létalité certes inférieure, les dernières attaques terroristes perpétrées à Romans-sur-Isère, à Conflans-Sainte-Honorine et à Nice ont malheureusement confirmé la capacité intacte à semer la terreur de quelques individus déterminés et dont « le passage à l’acte (est) devenu plus complexe à anticiper » précise Nicolas Lerner.

Plus généralement, les analystes des organes de sécurité s’inquiéteraient d’un contexte particulièrement défavorable qui verrait des individus glisser d’un Islam modéré à un Islam fondamentaliste ou, dans le pire des cas, de ce dernier à l’activisme islamiste.

Le procès en « islamophobie » mené contre la France depuis le discours du président Emmanuel Macron aux Mureaux alimenterait un écho renouvelé des thèses islamistes. « Le problème, c’est le séparatisme islamiste, » avait alors affirmé le chef de l’Etat qui, en réitérant que « la laïcité, c’est le ciment de la France unie », subit depuis l’hostilité augmentée de nombreuses personnalités du monde islamiste au premier rang desquels son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

Dans ce contexte tendu, on note parallèlement quelque intensification de l’action militaire française contre des objectifs djihadistes particulièrement au Sahel où Bah Ag Moussa, un haut-cadre d’un mouvement local affilié à Al-Qaeda (AQ), a été « neutralisé » le 10 novembre 2020 dans la région de Ménaka au Mali.

Aussi, « le confinement (actuellement en vigueur en raison de la pandémie de covid-19) ne limite pas la menace terroriste, » assure Laurent Nunez, Coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme. Considérant la menace « très élevée », ce dernier rappelle que « les services de renseignement ne lèvent pas leur vigilance pendant cette période, tout au contraire. »

Les opinions exprimées sont uniquement celles de leurs auteurs.

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