L’Union européenne et Bruxelles n’ont toujours rien compris

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Depuis des années, notamment depuis le « non » des Français et des Hollandais à la constitution européenne en 2005, les personnalités politiques, médiatiques et artistiques déplorent, parfois à chaudes larmes, le désamour des européens pour « l’Europe ».

Partant d’une association erronée entre « l’Europe » que les européens aiment parce que c’est tout simplement chez eux et « l’Union européenne (UE) » à laquelle ils ont cru mais qui les a tellement déçue, les élites se désolent sans guère réaliser qu’elles en sont responsables.

Les européens souhaitent une Europe qui protège, une Europe qui compte, une Europe qui prospère mais au lieu de cela, nombre d’entre eux estiment avoir une Europe qui se moque de leur insécurité, qui se fait tailler en pièces par la Chine et les Etats-Unis, et qui sacrifie ses classes moyennes.

En vertu de principes « humanistes » étirés à l’extrême qui voudraient que l’Europe soit responsable de tous les maux du monde et en assume donc les conséquences, à rebours complet de la réalité géopolitique, Bruxelles – siège des institutions de l’UE – suscite une aversion voire un rejet de plus en plus irréversible par son incapacité à intégrer ce que veulent les européens.

Pour exemples récents, citons le président turc Recep Tayyip Erdogan qui, en échange de menacer la frontière grecque avec l’afflux de millions de « migrants » dont 95% ne sont pas syriens dixit Frontex, recevra prochainement Angela Merkel et Emmanuel Macron à Istanbul pour « parler des migrants ».

Simultanément, la présidente de la commission européenne Ursula Von Der Leyen souhaite que « l’Afrique devienne une priorité de l’Europe », faisant un peu plus bouillir la marmite d’une union au bord de l’explosion populiste et déjà quittée par le Royaume-Uni aux termes d’un Brexit houleux.

Estimant que Macron et Merkel auraient mieux fait de se rendre illico à Athènes pour soutenir la Grèce, de plus en plus d’européens se demandent « et nous quand est-ce qu’on devient une priorité ? » sans, comme toujours, être entendus par « l’Europe » qui n’existera bientôt plus si elle persiste à ignorer ceux qu’elle a pour devoir de servir.

S’apitoyer sur « le manque d’Europe » et « le populisme » à longueur d’émissions spéciales sur France Culture ou Arte ne suffit pas à combler ce fossé gigantesque entre les désirs des européens et la réalité d’une Europe dont ils se sentent de plus en plus étrangers, chez eux.

Que « l’Europe » s’occupe enfin de l’Europe, que « l’Europe » cesse enfin toute faiblesse devant quelque autocrate, que « l’Europe » travaille enfin à être et à rester l’Europe, et vous constaterez que « l’Europe » sera à nouveau plébiscitée.

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