Krach pétrolier : un match à trois entre Moscou, Riyad, Washington

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Le cours du pétrole s’est effondré d’environ 30% en une journée, un record depuis la première guerre du Golfe en 1991, et les bourses mondiales ont connu un « Black Monday » avec une chute d’environ 8%.

Cette séance historique, la deuxième plus sévère pour l’indice français CAC40, a suivi deux semaines consécutives de forte baisse dont le calendrier a coïncidé avec la propagation du coronavirus en Europe.

Détestant plus que tout l’incertitude, les marchés financiers ont donc dévissé en fonction de leur anticipation relative à l’impact potentiel de cette crise de santé publique sur les perspectives de croissance et de bénéfices – voire de pertes – des entreprises.

Dans ce contexte et alors que les indices battaient encore des records le 19 février dernier, la guerre commerciale s’est déplacée ou a trouvé une nouvelle vigueur sur le vaste théâtre des opérations pétrolières où trois grands pays se concurrencent à savoir les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite et la Russie.

D’abord la Russie a refusé de réduire sa production de pétrole à l’occasion d’une réunion de l’OPEP+ jeudi puis l’Arabie Saoudite annonçait dimanche augmenter drastiquement sa production.

En toile de fond, l’Arabie Saoudite tente de prendre de cours la Russie en inondant le monde d’une offre pétrolière à bas prix, espérant ainsi forcer Moscou à revenir à la table des négociations considérant que sa production par baril serait plus onéreuse.

Au-delà de cet affrontement bilatéral dans un échiquier géopolitique où chacun joue des pions bien différents notamment en Syrie, l’objectif commun serait aussi d’asphyxier la production américaine de gaz de schiste qui coûte encore plus cher mais a quand même permis aux Etats-Unis de devenir un concurrent redoutable.

Pour résumer, Riyad vend un pétrole abondant à pas cher en espérant que Moscou accepte une réduction de l’offre tout en épuisant le secteur endetté du schiste américain.

En coulisses, si Donald Trump ne se réjouit guère des difficultés du pétrole américain, il accueille favorablement la baisse conséquente des prix à la pompe comme un carburant utile pour sa réélection.

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