Procès Fillon : pourquoi toujours la droite et pas tous les autres ?

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Voilà un dossier de justice qui suscite apparemment plus « d’injustice » chez de nombreux électeurs de droite. Le procès de l’ancien premier ministre François Fillon et de son épouse Pénélope vient de s’ouvrir à Paris, ils sont accusés de « détournement de fonds publics », de « complicité et recel » tant du délit précédemment cité que « d’abus de biens sociaux ».

Il y a quelques jours, l’Assemblée nationale dont la majorité absolue est composée de députés La République en Marche (LREM)* annonçait réclamer 401.230 euros aux époux Fillon pour le remboursement des rémunérations nettes et des cotisations salariales et patronales du travail présumé fictif de Pénélope Fillon comme assistante parlementaire de François Fillon.

Cette affaire politico-judiciaire qui éclata quelques semaines avant le premier tour de l’élection présidentielle 2017 au cours de laquelle François Fillon était le candidat Les Républicains (LR) avait précipité son élimination principalement au profit d’Emmanuel Macron, désormais président de la République.

Auto-saisine exceptionnellement rapide du parquet, médiatisation tous azimuts 24/7 par les médias**, vague sans précédent de commentaires négatifs sur les réseaux sociaux digne d’une opération organisée, nombreux sont les électeurs de François Fillon qui y ont vu une « machination » portée par un « cabinet noir » et destinée à faire perdre la droite au profit de l’ancien conseiller puis ministre socialiste de François Hollande, ce dernier devenu si impopulaire qu’il avait renoncé à se représenter.

En toile de fond, lit-on sur les réseaux sociaux ou entend-t-on de la bouche des électeurs de droite, tous condamnent qu’un abus ait pu être commis au détriment de l’argent public s’il est avéré mais beaucoup estiment également que ce qui est reproché à François Fillon pourrait aussi l’être à de nombreux autres élus.

Pire, « des faits plus graves et plus flagrants » encore ne causeraient aucun dommage à ces élus, surtout quand ils sont « de gauche » ou « macronistes » plaident des internautes selon qui « François Fillon a été démoli et l’élection présidentielle a été volée ». Aussi, « aucun écart n’est pardonné à droite alors que tout est permis à gauche, » s’exclame un ancien militant de François Fillon, « tout cela prouve que la droite est oppressée par un système qui s’autorise tout pour empêcher son arrivée au pouvoir, » enchérit un soutien de Nicolas Sarkozy, pourtant président de 2007 à 2012.

Conclusion, le procès Fillon à seulement quelques semaines d’élections municipales anticipées comme très difficiles pour Emmanuel Macron ravive de vieilles blessures et réveille autant d’électeurs qui, disent-ils, « ne voteront jamais Macron » en 2022.

* En majorité d’anciens élus ou militants du Parti Socialiste (PS).
** Dont 90% des cadres et des animateurs se revendiquent « de gauche ».

Tous les mots entre guillemets sont des citations.

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