Après l’échec de la mobilisation pro-Macron, LREM est-elle un nain politique ?



10.000 personnes selon le décompte des organisateurs, à peine 3.000 personnes selon un décompte de terrain, voilà le nombre de personnes qui sont descendues dans les rues de Paris et d’ailleurs en France pour soutenir Emmanuel Macron et La République En Marche (LREM). Autant le dire simplement, la grande mobilisation en faveur de la majorité présidentielle a été un flop monumental qui n’a certes pas reçu le soutien actif et visible des membres du gouvernement mais qui souligne un contexte éminemment sensible pour Emmanuel Macron.

Les médias se sont bien gardés d’insister sur l’échec de ce mouvement destiné à contrer celui, toujours actif et de plus en plus durci, des gilets jaunes qui, bien que divisés et divers, arrivent à mobiliser un noyau d’environ 100.000 personnes depuis 11 semaines, soit 10 à 30 fois plus selon les estimations que ne mobilise LREM pour une unique première semaine.


Avec pourtant des moyens médiatiques colossaux – 26 chaînes de télévision sur 26 s’affichent ouvertement « progressistes », 98% des radios, quotidiens et hebdomadaires le sont également – des moyens financiers inégalés et quasiment tous les leviers politiques, LREM ne semble représenter in concreto qu’une majorité politique composite et artificiellement construite n’ayant vraisemblablement aucune assise populaire.

Ce constat n’est pas une critique d’ordre politique mais la réalité analytique du terrain tel qu’observé depuis la campagne présidentielle 2017 à savoir qu’Emmanuel Macron a remporté l’élection présidentielle principalement grâce à l’attaque séquencée dûment organisée et menée contre François Fillon puis grâce à son second tour face à Marine Le Pen et contre laquelle même « l’appareil d’Etat » (1) était mobilisé de l’aveu même du premier ministre socialiste d’alors Bernard Cazeneuve.

L’échec de la marche en faveur d’Emmanuel Macron n’est pas un fait accessoire mais illustre parfaitement l’état du soutien populaire en faveur d’une majorité politique élue avec une abstention record et une minorité des inscrits. Il ne s’agit aucunement ici de contester l’élection d’Emmanuel Macron qu’aucun leader politique, ni François Fillon ni Marine Le Pen ni Jean-Luc Mélenchon, n’a d’ailleurs contesté par les voies légales.


Il s’agit cependant de rappeler dans quelle mesure Emmanuel Macron ne dispose en fait d’aucun relais local valable ni d’aucune assise territoriale en mesure de rétablir un lien véritable avec la majorité des Français dont on peut légitimement estimer qu’elle le rejette, d’où peut-être la considération motivée du chef de l’Etat vis-à-vis président du Sénat Gérard Larcher, représentant de la force politique actuellement la mieux implantée localement (2).

Si même à Paris, Emmanuel Macron et LREM n’arrivent à mobiliser que 10.000 personnes après 11 semaines de contestation profonde, c’est dire à quel point la majorité politique au pouvoir depuis juin 2017 repose sur de faibles fondations. Il y a là un élément d’explication nodal à pourquoi Emmanuel Macron est si contesté en dépit de son élection. Parce que l’élection présidentielle 2017 conserve un caractère hautement inhabituel explique en grande partie pourquoi Emmanuel Macron et LREM souffrent d’une remise en cause qui ne devrait pas faiblir durablement si le constat ici établi n’est pas dûment pris en compte par l’Elysée et Matignon.

Pour conclure, Emmanuel Macron souffre de deux maux principaux : 1) d’une absence de légitimité populaire (à ne pas confondre avec la légitimité électorale), 2) d’aucun ancrage territorial et local à l’échelle nationale (hors Paris et en partie d’agglomérations comme Lyon et Bordeaux).


Le Politique a besoin de votre soutien, cliquez ici pour vous abonner.

Notes

(1) Corps diplomatique inclus puisque des ambassadeurs se prononcèrent ouvertement en faveur d’Emmanuel Macron, du « jamais vu » dans une démocratie.

(2) Même si deuxième force politique à l’Assemblée nationale, à savoir Les Républicains (LR).

Auteur : Le Politique

Le Politique publie divers articles destinés à susciter le débat politique.

2 réflexions sur « Après l’échec de la mobilisation pro-Macron, LREM est-elle un nain politique ? »

  1. Se battre pour son pays, son rayonnement ds le monde, ses valeurs, qui ne le souhaite pas?
    Se battre pour que son pays ne laisse plus personne sur la route, il nous semble un devoir pour tout citoyen. Cela ns attriste de voir un Président sans Nation, la nôtre!
    Il doit retrouver,rassembler, aimer son peuple; l’économie c’est autre chose. Il est Président,notre Président; ce n’est pas un cadre d’une grosse boîte qui bosse pour une multinationale.
    Peut-être qu’il s’est trop impliqué et que cela n’est plus possible.
    Espérons qu’il fasse le mieux pour son pays.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *