Contrôle des réseaux sociaux, syndrome d’une démocratie en danger ?



Le Président de la République Emmanuel Macron a annoncé très récemment que l’Etat français comptait travailler avec le groupe Facebook pour contrôler les propos en ligne sur le fameux réseau social et s’attaquer aux « discours haineux et extrémistes ». Cette déclaration intervient juste après celle du ministre des finances et des comptes publics Gérald Darmanin, qui affirmait que Bercy allait désormais mettre en œuvre un programme de surveillance des comptes des utilisateurs de Twitter et de Facebook, afin de lutter contre la fraude fiscale en s’assurant notamment que le niveau de vie affiché par les utilisateurs corresponde bien à ce que leur déclaration fiscale laisse transparaitre.

Le fait que le pouvoir en place montre un tel intérêt à la surveillance d’internet fait actuellement beaucoup réagir, et à raison : les réseaux sociaux constituent encore un véritable espace de liberté médiatique et d’expression, où les insultes et propos parfois violents peuvent certes se lire facilement, mais aussi où chaque citoyen peut s’exprimer librement (dans les limites légales) et où l’information n’est pas captive des médias « mainstream » et institutionnels de masse. En est la preuve le nombre, en constante augmentation, des médias participatifs et des pages qui se créent dans l’optique de véhiculer du contenu accessible à tout un chacun et qui ne serait pas forcément trouvable autrement.

Si la volonté de lutter contre les propos haineux et la fraude fiscale est évidemment honorable, il faut aussi se poser la sérieuse question de savoir jusqu’où doit s’arrêter le contrôle des réseaux sociaux. Car, dans un contexte de difficultés du gouvernement face à la grogne sociale et aux appels à manifester le 17 novembre – que Facebook a largement contribué à diffuser -, la tentation peut également être grande de se servir d’instruments de contrôle, officiellement mis en œuvre pour combattre la haine, à des fins toutes autres. En outre, la notion de discours extrémistes, qui n’a rien de juridique, interroge quant aux contours à lui donner.

Certains s’inquiètent de ce que le gouvernement veuille commencer à pratiquer une censure déguisée sur les réseaux sociaux. Les projets du chef de l’Etat en la matière n’inaugurent en effet rien de bon lorsque l’on sait qu’un Etat qui essaie de contrôler le Web (comme en Chine ou en Russie) n’est jamais un champion de la démocratie. « L’enfer est pavé de bonnes intentions ». Derrière les bonnes intentions, qui sait comment pourront être utilisés, demain, les mécanismes de surveillance et de traçage ?

Le Président de la République devrait plutôt mettre son énergie à essayer d’atteindre le meilleur pour son peuple plutôt qu’à vouloir instaurer de nouveaux dispositifs qui pourraient potentiellement servir à museler ce même peuple dans un avenir guère si lointain. « La démocratie est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres », affirma un jour Winston Churchill. Prenons garde à la direction vers laquelle notre pays marche en ce moment, pour éviter que, de « terre des droits de l’homme » que nous représentions jusqu’alors, nous nous transformions en dictature molle, régime médiatique de l’émotion et de la bien-pensance.

Auteur : Romain Naudin

Romain Naudin est Secrétaire-général et porte-parole de l’Union des Jeunes pour le Progrès (UJP), vice-président des Républicains-Assas en charge des Relations extérieures.

3 réflexions sur « Contrôle des réseaux sociaux, syndrome d’une démocratie en danger ? »

  1. Il est clair que le pouvoir en place veut contrôler tout ce qui se dit sur les réseaux sociaux et faire interdire tout propos qui ne lui serait pas favorable..sous prétexte d’extrémisme dont on ne sait ce que ce mot recouvre exactement…enfin on peut le deviner …;Tout propos négatif ou critique vis_à vis de la politique du gouvernement et du président…est extrémiste évidemment.
    Sans oublier la chasse aux fraudeurs,certes louable sur le fond mais pas dans la forme, qui sert de prétexte pour cette intrusion à la hussarde dans la vie privée des gens….
    Nous sombrerons, si ces contrôles venaient à s’exercer, dans un monde ou le mot liberté n’aura plus aucun sens….Nous serions “bridés”…ce qui risque de nous faire rire jaune…pour le moins.
    Peut-être alors que des voix s’élèveront pour contester cela mais il sera bien tard….et nous rejoindrons le cercle des pays que nous dénoncions avec force pour leur manque de démocratie… Ironie de l’histoire sans doute.
    Ce qui démontrerait, si besoin était , qu’il faut bien se garder de dire “fontaine je ne boirai pas de ton eau…”..propos extrêmes sans doute ou considérés comme tels alors.
    Si c’était une fable ce serait divertissant …mais voilà cela risque de devenir une histoire réelle particulièrement triste….et annonciatrice d’événements difficiles à maîtriser.

    1. Même sur Messenger, ce qu’on partage sur ce qui est sensée être une messagerie privée, est supprimé, je l’ai vu de mes yeux où l’article était supprimé au fur et à mesure que je le copiais/collais et cela sous mes yeux. Donc, ils peuvent s’introduire dans notre sphère privée sans complexe. Quelqu’un a envoyé un enregistrement disant attention, ils se sont introduits dans mon téléphone et mon supprimé des photos et d’autres éléments. Oui, il y a violation grave de la sphère privée et ça c’est inadmissible. Il faut le dénoncer.

  2. merci
    je vais diffuser cette information. Il suffisait de voir le reportage sur la silicone vallée avec les 5 plus grandes richesses mondiale qui veulent prendre le contrôle. Ils sont déjà au parlement européen . On parle d’extrémiste mais il y aune nouvelle vague qui vient de naître et qui est pire car ils veulent changer l’humain. Moins de liberté à cause des réseaux sociaux et contrôle à distance, Vente du commerce extérieur et intérieur via internet et ciblage pour les revendeurs de tous genres et de partout des clients potentiels. harcèlement de vente téléphonique via les smarphones ou téléphone filaire. Pollution de l’air et des personnes via les 11 ports en France et en Europe. Modification de l’adn humain via les produits génétiquement modifiés et le matratage pour contrôle célébral via les nouvelles technologies de santé . et on doit dire vive le numérique . moi non car en plus suppression de travail et automatisation.

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