Si Emmanuel Macron est de droite, alors je suis cosmonaute !



Emmanuel Macron sait qu’avec sa réputation de défenseur des « ultra-riches », sa chance de réélection ne passera désormais pas par la gauche. Empêtré par quelques scandales dont l’impact judiciaire est aussi nul qu’il fut absolu concernant des faits présumés bien moindres concernant François Fillon, Emmanuel Macron et son équipe de communication ont allumé un nouveau feu médiatique avec l’éclatante participation, séquencée et unanime, de médias aussi indépendants que la Crimée actuelle.

1) Pousser Jean-Luc Mélenchon en tête de gondole d’une opposition politique omniprésente malgré une mobilisation limitée d’à peine 50.000 personnes dans les rues pour une « fête à Macron » pourtant très appréciée de l’indispensable Marlène Schiappa. 2) Se poser en rempart contre une extrême gauche violente et prête à faire rendre gorge au « bourgeois » dès 2022, partisane d’un communisme, certes végétarien mais pur et dur et teinté d’un communautarisme inquiétant.

Si l’on en croit la couverture médiatique et surtout les sondages, cette nouvelle opération d’information d’Emmanuel Macron est un succès. Il serait perçu comme « de droite » voire même « trop droitiste ». Reconnaissons que pour un ancien encarté socialiste, conseiller-inspirateur puis ministre du dernier président socialiste François Hollande si impopulaire qu’il ne s’est pas présenté pour un deuxième mandat, Emmanuel Macron montre une fois encore qu’auraient bien tort ceux qui sous-estiment sa capacité à anticiper et à orchestrer l’exceptionnelle, complexe machinerie politique-intérêts-médias qu’il a construite.

Personne ne devient Président de la République à seulement 39 ans, sans jamais avoir été élu, par hasard. Sauf que d’une soi-disant politique « de droite », peut-on retenir la hausse vertigineuse des impôts et des taxes, la continuité d’un code du travail d’une complexité effarante, la non-libération des entreprises ou encore l’attaque en règle des propriétaires immobiliers.

Les médias, depuis si longtemps « progressistes » et gagnés par une paresse intellectuelle paroxystique, confondent « ultra-libéralisme » et « libéralisme », « très riches » et « droite ». Voici un scoop qu’ils manqueront probablement aussi sûrement qu’ils annonçaient Hillary Clinton présidente des Etats-Unis : on peut être « de droite », sans être ni « ultra-libéral » ni « ultra-riche ». L’utra-libéralisme est au libéralisme ce que le communisme est au socialisme, ce que le populisme est au patriotisme à savoir un extrémisme.

La majorité silencieuse des Français qui souhaite une véritable maîtrise du territoire, la loi et l’ordre, et la liberté d’entreprendre, d’innover et de prospérer n’est même pas « riche », bien au contraire. Ils sont des citoyens concernés par leur avenir et celui de leurs enfants et petits-enfants. Ils aiment leur pays sincèrement et s’inquiètent de voir sa culture, ses valeurs et ses mœurs disparaître sous l’offensive conjuguée d’une mondialisation sauvage et de l’islamisme barbare. Ils ne supportent plus de financer à bout de bras une dette qui n’en finit plus, d’accueillir un monde fou qui ne dit d’ailleurs jamais « merci », d’être caricaturés par des médias qu’ils paient de leurs deniers durement gagnés.

Face à Jean-Luc Mélenchon dont les manifestations sont ornées de drapeaux soviétiques, souvenirs d’un « empire du mal » porteur d’une Histoire aussi létale que ses homologues fascistes, le réflexe des « Amoureux de la France » pour paraphraser Nicolas Dupont-Aignan ou de la « France de retour » pour paraphraser Laurent Wauquiez sera probablement de se ranger derrière Emmanuel Macron qui, affublé du titre médiatique de « droitiste », multiplie pourtant les initiatives autrement plus socialistes que libérales, plus progressistes que conservatrices.

A ce jeu astucieux pourrait succéder toutefois un sort périlleux à savoir que le jeu n’échappe à Jupiter et ne fasse les affaires d’un Jean-Luc Mélenchon victorieux en 2022. Emmanuel Macron est un homme aux multiples qualités, il a réussi par son jeune âge un exploit unique dans l’Histoire de France et il est une leçon vivante de politique et de communication mais il n’est pas véritablement « de droite ». De même que je ne suis pas cosmonaute. Jupiter, ne sous-estimez pas le risque de l’hubris !

Auteur : Charles Rault

Charles Rault est spécialiste de l'information, fondateur de Le Politique.

4 réflexions sur « Si Emmanuel Macron est de droite, alors je suis cosmonaute ! »

  1. Et bien oui Monsieur Charles Rault effectivement vous êtes bien cosmonaute.
    Aucun autre commentaire ne s’avère nécessaire .

  2. Changer pour changer, il faut vraiment avoir une cervelle de moineau pour penser cela!!!
    Macron est mondialiste et est en train de vendre la France comme on peut s’en rendre compte tous les jours, la catastrophe d’Alstom qui nous asservit au bon vouloir de GE et donc des Américains devrait vous inciter à la prudence, même chose pour les ventes des aéroports, quand on lit les failles des ADP.
    Macron utilise pour mener ses pseudos réformes avec l’aide des médias, journaux et journalistes les techniques suivantes :
    – monter les Français les uns contre les autres
    – éliminer les partis politiques soit en triangulent, soit en tenant des propos que veulent entendre son auditoire même si pendant ce temps il fait le contraire
    – discréditer des syndicats
    – désinformation organisée comme dans le roman “1984” de G Orwell.
    En résumé des méthodes qui n’ont rien de morale, mais la morale, Macron s’en moque, la fin justifie les moyens!

    Oui, il faut changer mais avec un programme calqué en intégralité sur celui de F Fillon qui, lui voulait rendre à la France sa grandeur, son indépendance ce qui n’est pas le cas de Macron.
    Macron se sert de la France pour lui même et pour servir la finance internationale.

    1. Tout cette analyse sur Macron est réelle et juste mais le grand changement vient du fait que ces médias qui soutiennent sans limites cet ultra libéralisme qu’incarne Macron au service de ses maîtres ne fait que succéder à un soutien liberal déjà bien destructeur, et il ne faut pas oublier que les affaires concernant fillon étaient bien réelles et qu’elles traduisaient une vision politique bien déshumanisante elle aussi, cette vision d’une France soumise à un islamisme barbare poursuit finalement et cette attaque en règle contre les chômeurs fonctionnaires et autres migrants ne poursuit finalement que le même but de diviser et gouverner sur l’hôtel de la peur alors que des dizaines de milliards d’euros circulent dans les hautes sphères sans que Fillon, comme Macron n’aient le moindre désir de réformer ça. L’unité d’un pays ne reposera que sur plus de justice sociale que ce qu’on connaît depuis des décennies et cette république n’a fait qu’accentuer cette déchéance de notre demacratie.
      Quand à la nullité médiatique (bien réelle) dont parle l’auteur elle semble lui échapper quant ceuc ci évoquent seulement 40 000 personnes pour le 5 mai quand les images démontrent tellement le contraire.
      ce peuple dans la rue représente la véritable opposition et ce ras le bol de la majorité silencieuse qui n’en peut plus déjà dégoutée depuis bien avant Macron.
      cette société à besoin de renouveau, d’un nouvel élan celui que représente la France insoumise que dépeint avec une telle mauvaise mauvaise foi l’auteur et qui n’a eu de cesse de démontrer sa volonté d’une nouvelle république, la 6ème bien plus au service du peuple.

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