Pour la prospérité collective, libérons les énergies individuelles !



Georges Pompidou avait eu ces mots très justes lorsqu’il était premier ministre de Charles de Gaulle : « Arrêtez d’emmerder les Français ! ». Estimant qu’il y avait « trop de lois, trop de textes, trop de règlements dans ce pays », il souhaitait « libérer » la France et « foutre la paix » aux Français pour que tout aille mieux. Cinquante ans après, où en sommes-nous ?

Force est de constater qu’en cinquante années de gestion de l’Etat français aussi bien par la droite que par la gauche, cette entreprise de libération du pays semble être un lointain souvenir, oublié par les décideurs politiques successifs qui, parvenus au pouvoir, n’ont cessé de rajouter de la règlementation à la règlementation, des feuilles au millefeuille, des taxes aux taxes…

Le résultat est tristement là : un tissu industriel en décomposition, une règlementation illisible pour les petites et moyennes entreprises. Des clés sous la porte, encore et encore, au rythme des augmentations continues d’impôts – représentant près de 46% du PIB, ce qui fait de la France le pays le plus imposé de l’OCDE derrière le Danemark.

Des services publics de moins en moins efficaces et de plus en plus coûteux. Parallèlement, les fonctions régaliennes sont continuellement bradées, affaiblies, au profit de missions que s’octroient les pouvoirs publics dans des secteurs dans lesquels ils n’ont, a priori, pas à intervenir directement.

Certes, certaines réformes législatives ont pu, ces dernières années, avoir pour objectif de prendre le contre-pied de cette tendance à l’étatisation de notre société. Toutefois, ces tentatives sont demeurées trop timides pour réellement avoir un impact significatif sur la délimitation de la sphère de l’Etat dans la société.

A force de trop vouloir en faire, les pouvoirs publics français finissent par ne plus pouvoir rien faire.

Dans le pays où le budget du ministère de l’Education Nationale est plus élevé que celui de la Justice, les services publics sont de moins en moins performants et de plus en plus coûteux, alors qu’en parallèle la fiscalité n’a cessé de croître depuis les trente dernières années.

L’Etat obèse est le pire ennemi de l’Etat fort : le premier, en voulant tout contrôler, en intervenant partout et tout le temps, est inefficace ; le second, concentré sur ses fonctions régaliennes, est capable d’intervenir lorsque c’est nécessaire, dans un secteur ciblé et avec un objectif précis.

Exigeons un Etat fort dans ses fonctions régaliennes, financièrement assaini et sachant laisser la place aux entreprises et aux initiatives privées !

Il ne s’agit pas ici d’enlever toutes les normes, ni même de penser que les impôts sont inutiles. Il s’agit de mettre en œuvre des réformes concrètes visant à revoir le poids de l’Etat dans la société française : tant que cet Etat sera obèse et qu’il voudra se préoccuper de tout et de tout le monde par tous les moyens, notre tissu productif sera étouffé, bridé, coulé sous le millefeuille des papiers Cerfa et autres documents administratifs obligatoires.

Le Général de Gaulle, si souvent cité et pris en exemple aujourd’hui, était pragmatique : il avait placé sa confiance dans des hommes comme son ministre des finances Antoine Pinay ou l’économiste Jacques Rueff, qui savaient qu’une économie efficace impliquait un certain niveau de libéralisme au niveau des structures du marché.

Nous n’avons pas besoin d’une économie socialiste de marché, mais d’une économie sociale de marché, sachant associer le capital et le travail dans un cadre permettant à ceux qui souhaitent créer de la richesse de pouvoir le faire le plus librement possible.

Auteur : Romain Naudin

Romain Naudin est Secrétaire-général et porte-parole de l’Union des Jeunes pour le Progrès (UJP), vice-président des Républicains-Assas en charge des Relations extérieures.

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