Ambiance de scandale pour Edwy Plenel (Médiapart) et son interview d’Emmanuel Macron



Le premier ministre Edouard Philippe a récemment répondu aux questions de Médiapart, une publication en ligne fondée en 2008 et dirigée par Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du quotidien Le Monde qu’il aurait quitté en septembre 2005 contre 450.000 euros d’indemnités de licenciement (1).

Médiapart est connue pour sa ligne éditoriale « de gauche » voire « très à gauche » selon ses détracteurs, pour sa critique de Nicolas Sarkozy et pour sa défense « des musulmans » en faveur desquels Edwy Plenel a publié un essai en 2014 dénonçant « l’islamophobie » et « le repli sur soi » de la France et pour lequel il a reçu le prix du « Vivre ensemble » 2015.

« C’est une immense chance pour la France d’être le premier pays musulman d’Europe, » affirmerait M. Plenel. Le dimanche 15 avril 2018, le président de la République Emmanuel Macron répondra pendant deux heures et à la télévision aux questions de Jean-Jacques Bourdin pour BFMTVRMC et d’Edwy Plenel pour Médiapart.

Que le chef de l’Etat soit interviewé par ce dernier suscite quelque réprobation tant parmi les personnalités politiques que les internautes sur les réseaux sociaux.

« Nous demandons à Emmanuel Macron de renoncer à être interviewé par l’extrémiste Edwy Plenel au regard de ses écrits ignobles et compréhensifs à l’égard des attentats antisémites de 1972 contre les athlètes israéliens, » écrit Louis Aliot (FN), député des Pyrénées-Orientales et Conseiller municipal de Perpignan (2).

Des propos que Marine Le Pen, sa compagne et présidente du Front National (FN), approuve en s’exclamant « je suis scandalisée que le Président de la République se fasse interviewer par Edwy Plenel, par un homme qui a justifié et s’est réjoui de l’assassinat en 1972 des athlètes israéliens, un acte terroriste ignoble. Quel signal lancé ! C’est extrêmement grave. » (3)

Ailleurs à droite – au sens large, les réactions sont globalement similaires mais  en moins virulent (4).

« On regrette surtout que l’entretien fleuve pour le premier anniversaire de la présidence Macron soit assuré par un militant très présumé d’En Marche (LREM) – Jean-Jacques Bourdin – et un homme de l’extrême gauche – Edwy Plenel. Ce qui est sûr, c’est que Jupiter ne souffrira aucune contradiction car il déteste le débat et ne supporte pas l’opposition, » explique une personnalité de droite à Le Politique.

Rappelons qu’Emmanuel Macron avait déjà répondu à une interview de Médiapart pendant la campagne présidentielle 2017 et qu’Edwy Plenel avait appelé à voter pour lui au second tour contre Marine Le Pen.

« Quel message doit-on en retenir quand quelques jours après l’hommage national au Colonel Arnaud Beltrame assassiné par un terroriste islamiste, le chef de l’Etat répond aux questions d’un journaliste s’étant fait photographier en compagnie du collectif « Urgence, notre police assassine » ? » s’interroge un internaute (5).

D’autres nuancent en arguant qu’un journaliste doit pouvoir parler à tout le monde et que les écrits d’Edwy Plenel en 1972 et sous pseudonyme relèvent « de sa jeunesse » alors âgé de 20 ans, un argument apparemment irrecevable pour ceux qui dénoncent la mansuétude gouvernementale à l’égard de l’extrême-gauche.

Notes

(1) L’ombre d’un doute, Sophie des Déserts, Vanity Fair, février 2018. Prudence, information non vérifiée directement par Le Politique.

(2)

(3)

(4)

(5)

Auteur : Le Politique

Le Politique publie divers articles destinés à susciter le débat politique.

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