Contre le terrorisme et l’islamisme, Emmanuel Macron ne trace aucun chemin



Mise à l’heure des pendules.

Les clameurs se sont tues. Les discours ont rejoint les tiroirs d’où ils ne sortiront plus. Peut-on s’interroger un instant?

La foi du colonel Beltrame est soudain devenue exprimable. Sur les écrans et les ondes, parler de foi chrétienne était jusqu’alors devenu au minimum une provocation, au pire une atteinte délibérée à cette laïcité bouclier, nouvel évangile des bonnes consciences à l’affût des dérapages, après qu’elles aient, depuis longtemps, proclamé avoir “vidé le ciel”.

Les médias, comme libérés de la prise d’otage dans laquelle les bons esprits et les libres penseurs les avaient enfermés depuis des décennies, ont reconnu qu’un geste d’une telle intensité dramatique pouvait aussi trouver sa force dans la foi qui transcende, et, à tort ou à raison, l’ont louée. Vrai ou faux, qu’importe.

Le colonel Beltrame était animé d’une foi ardente abondamment décrite, dont la France entière, tout à coup attentive à cette spiritualité jusqu’alors muselée, s’est emparée pour la magnifier. Deux religions se sont retrouvées brutalement placées au coeur d’un drame. L’instant d’avant, nombreux étaient ceux qui niaient que l’une d’entre elles puisse, jointe au devoir, fonder l’action.

Tous se sont aperçus qu’au fanatisme destructeur d’une croyance dévoyée pouvait s’opposer la force tranquille d’une conscience humaniste animée par la foi chrétienne reposant sur l’amour, la charité, la paix et la miséricorde. La nation tout entière a cherché à comprendre le sens de ce geste devenu sacrificiel, et n’a pas trouvé d’autre réponse que celle inspirée par la personnalité hors du commun du colonel Beltrame. Admiratif et respectueux, le peuple français s’est donné un héros. Un héros de plus.

Ne nous berçons pas d’illusion. Les promoteurs du multiculturalisme, les islamo-gauchistes mordants et vindicatifs retrouveront bien vite leurs esprits et leur hargne. Ils oublieront cet événement qui a propulsé au premier rang un officier de gendarmerie courageux. Cette mort volée rappelle, symboliquement, celle du fils de Dieu venu mourir pour nous sauver tous.

C’est la seule référence qui vaille. Le colonel Beltrame n’a pu sauver qu’une vie, acte héroïque de tout temps jugé à l’aune de l’honneur et non avec le barème des sacrifices. Il aurait aimer les sauver toutes. Quel exemple!! Le face à face final a mis en présence l’incarnation du bien et du mal, et deux croyances antagoniques qui se sont entrechoquées. L’écho funèbre de leur confrontation résonnera tout au long des décennies qui viennent et nul ne sait qui en sortira vainqueur.

Le colonel Beltrame a remis, sans le savoir ni le vouloir, le Dieu des chrétiens dans la partie.

Un discours fleuve constellé de bonnes intentions, d’éloges et de furtives mises en garde a ponctué aux Invalides l’hommage national dû aux victimes et au héros. Le thème central a été l’exemple à suivre que nous a donné le colonel Beltrame par son professionnalisme, son courage, sa force de caractère, son sens du devoir allant jusqu’à cet échange périlleux et ultime pour soustraire à une mort certaine une femme qui lui était totalement inconnue, mais qui, à ses yeux, était devenue la personne la plus importante du monde.

Pour ceux qui se gargarisent de mots, ce discours est un chef d’œuvre. Mais à y regarder de plus près, il met mal à l’aise.

Il est prononcé, pour consacrer la grandeur d’un soldat, par celui qui, quelques mois plus tôt, en a publiquement et injustement poussé un autre, prestigieux s’il en fut, à la démission. Fâcheux précédent, qui semble confirmer dans l’esprit de ce beau parleur la prééminence de la calculette sur l’honneur, et aujourd’hui, de la mort sur la vie.

Il s’adresse avec emphase au premier d’entre tous les français qui, avant d’être couché dans son cercueil, seul, s’est dressé, debout, à mains nues, contre la barbarie. Il a fait face. Or, notre président, lui, nous invite à “tourner le dos aux errances fanatiques”. Exactement le contraire de ce qu’a fait, en conscience et par devoir, le colonel Beltrame. Il y a, dans cette invite à ne pas voir, à nous détourner du danger, du réel, toute la faiblesse, toutes les failles d’un homme qui prétend être un chef conduisant un peuple vers sa destinée.

Cela explique les incompréhensibles et stupides déclarations sur la colonisation, l’énumération baroque et contre productive des nationalités agrégées à la cité phocéenne, la négation de la culture française, la débâcle de NDDL, l’abandon de Mayotte et de la Guyane, le refus de nommer la violence et la haine véhiculées par l’islam, et bien d’autres errements déplorables. Cela explique aussi les réformes qui tapent invariablement dans le mou et épargnent le dur.

Les français profondément touchés par le courage du colonel Beltrame pourraient croire, après ce discours bien enlevé, que tout va changer et que désormais nous sommes prêts à affronter l’hydre islamique. Rien n’est plus faux. En laissant en l’état l’impunité et la primauté des juges, sans adapter profondément notre droit, nos règlements et nos lois qui à maints égards font le jeu des islamistes et des associations les plus perverses qui en sous-main les soutiennent, notre président n’a tracé aucun chemin.

Il aurait pu au moins, sans s’attarder, évoquer ces aspirations de tout un peuple que manifestement il n’entend pas. Il n’a donné aucun prolongement à l’héroïsme de celui qu’il a, à juste titre, glorifié. Il ne s’est pas comporté en chef, gardien de la patrie. Il a plongé dans un bain mélodramatique une vie de courage et de dévouement. Nous n’avons nul besoin de beaux discours. Ils troublent le silence des tombeaux.

“La barbarie est toujours à deux pas, rôdant autour de la civilisation. Dès qu’on lâche pied, elle revient”.

Relisez Talleyrand, monsieur le président.

Notes

Le titre a été choisi par Le Politique.

Auteur : Jean-Jacques Noirot

Jean-Jacques Noirot est Saint-Cyrien et Colonel (er).

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