Pour Nicolas Sarkozy comme pour d’autres, la justice n’est pas indépendante



Les Français – tout en respectant la présomption d’innocence – vont finir par avoir la nausée de ces « affaires » qui touchent, pour l’essentiel, la classe politique. Les réactions de certains politiques sont pour le moins affligeantes : c’est soit « la brosse à reluire », en toute amitié ; soit « l’interrogation faussement naïve » sur les délais de la Justice ?

Mais la palme de l’hypocrisie revient à Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre, qui regrette « tout ce spectacle », même s’il a « décidé de ne pas avoir de doute » ; ce qui revient à dire : je ne sais rien et ne veux rien savoir ou, encore, pas moi, pas moi ! Enfin, après un rappel, bien sûr, de la présomption d’innocence, il s’inquiète de ce que « dans les affaires politiques, notre justice ne semble pas sereine ».

Monsieur Raffarin, je vous invite à lire un ouvrage de Guy Carcassonne, sur la Constitution, où s’agissant du Titre VIII, traitant « De l’Autorité judiciaire », dans son article 64 – premier alinéa : « Le président de la République est le garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire », l’auteur affirme : « le premier alinéa de cet article est incongru. Autant affirmer que le loup est garant de la sécurité de la bergerie ».

Monsieur le Premier ministre, il vous aura peut-être échappé que notre Justice n’est pas sereine, dans les affaires politiques, pour une raison toute simple : elle n’est pas indépendante du pouvoir politique. Au pays de « la séparation des pouvoirs », chère à Montesquieu dans sa « Défense de l’Esprit des lois », c’est un comble qui ouvre la voie à tous les scandales !

Auteur : Francis Demay

Francis Demay est Saint-Cyrien et Colonel (er), ancien de la MMFL et de la DGSE.

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