Pourquoi votre Sécurité sociale est-elle en danger ? (2/3)



< Lisez la première partie.

Non seulement cette tentative maladroite d’économie pourrait s’avérer contreproductive puisque le passage chez un spécialiste requiert généralement une ordonnance de votre généraliste mais le délai souvent long de quelques mois occasionnera probablement des difficultés médicales accrues pour le patient – et donc un coût potentiel supplémentaire à supporter pour la sécurité sociale sur le long terme.

Aussi, le temps de travail perdu voire les arrêts maladies qu’entraînera une telle mesure viendront probablement aggraver un peu plus les comptes de l’économie nationale et ceux des entreprises. Enfin, les habitants des zones rurales seront à nouveau les grands oubliés de la République puisque des semaines d’attente leur sont déjà souvent nécessaires pour consulter un médecin généraliste.

« Les difficultés d’accès aux soins, matérialisées par des délais de rendez-vous longs ou l’éloignement géographique d’un professionnel, sont représentatifs de la désertification médicale des zones rurales. Plus de 7 % de nos concitoyens habitent dans des zones dont la densité médicale est préoccupante, » insistait déjà le Ministère des affaires sociales et de la santé en novembre 2012.

En toile de fond, un vaste mouvement de détricotage de la Sécurité sociale est en marche depuis plusieurs années, la différence étant aujourd’hui qu’il est clairement annoncé et publiquement assumé par la nouvelle majorité politique d’Emmanuel Macron. Le point d’achoppement principal réside toutefois dans l’abaissement constant et accéléré des prestations alors qu’en même temps les cotisations de Sécurité sociale ont tendance à augmenter.

Contrairement donc à l’ultra-libéralisme dans lequel concurrence et choix participent tout de même du processus d’assurance maladie, les Français payent plus pour avoir moins, c’est donc pire et autrement plus dangereux au long cours que l’ultra-libéralisme. Si avec Nicolas Sarkozy on pouvait espérer travailler plus pour gagner plus, avec Emmanuel Macron on travaille pour l’instant plus pour gagner moins et vivre moins bien – et potentiellement moins longtemps.

> Lisez la troisième partie.

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Auteur : Le Politique

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