Le Service national obligatoire de Macron sera économiquement intenable



La création d’un service national obligatoire d’un mois, annoncée le 18 mars 2017 par le candidat Emmanuel Macron – pendant la campagne présidentielle, et qui ne figure pas dans son programme pour l’élection proprement dite – semble avoir du plomb dans l’aile.

En effet, une première expérimentation est prévue pour 2019, et le Premier ministre devrait en arrêter les modalités au printemps 2018, après qu’une commission ad hoc lui aura remis ses propositions. Mais le problème de fond porte sur le coût budgétaire. Ainsi la seule nourriture – pour 700.000 jeunes, pendant 30 jours à 15 euros par jour – se monte à 3,15 millions d’euros par an.

L’encadrement minimum pour 100 jeunes est de 20 personnes, soit près de 12 000 personnes en permanence. Enfin pour l’administration et la gestion de tels effectifs, il convient de rajouter au moins 1/3 du chiffre “encadrement”, soit encore 4.000 personnes. En prenant 50.000 euros par an et par poste budgétaire, la facture du personnel monte à 800 millions d’euros chaque année.

En outre, il faudra aussi aussi ajouter un budget fonctionnement pour toutes les activités de ces jeunes (véhicules, carburant, frais de route et déplacements, etc.) qu’on peut situer à la moitié des frais de personnel, soit encore 400 millions d’euros. Au total, en étant plutôt “pingre” ou “optimiste”, la facture annuelle sera supérieure à 1,5 milliard d’euros par an. Cette somme est à peine inférieure à ce que doit augmenter, chaque année, le budget des Armées d’ici 2022.

C’est donc intenable… d’autant que l’efficacité de ce service national obligatoire sera difficilement quantifiable dans le temps !

Auteur : Francis Demay

Francis Demay est Saint-Cyrien et Colonel (er), ancien de la MMFL et de la DGSE.

2 réflexions sur « Le Service national obligatoire de Macron sera économiquement intenable »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *