Avec Alstom, Emmanuel Macron provoque une tempête politique



La « fusion » entre le fleuron technologique français Alstom – déjà amputé de sa branche énergie vendue à l’américain General Electric (GE) en 2014 – et le groupe allemand Siemens suscite la satisfaction d’Emmanuel Macron et le mécontentement d’une part significative de la scène politique nationale, à droite comme à gauche.

Le président de Debout La France (DLF), Nicolas Dupont-Aignan, qui a toujours été en pointe sur ce dossier sensible estime que « la prise de contrôle d’Alstom par Siemens » dévoile « les mensonges d’Emmanuel Macron au grand jour. » L’ex-ministre et membre du bureau politique des Républicains (LR) Thierry Mariani estime « notre industrie soldée » après « l’énergie bradée à GE par Macron ministre puis Alstom ferroviaire cédé à Siemens par Macron président. »

L’ex-numéro deux du Front National (FN) et actuel président de l’association Les Patriotes Florian Philippot estime que « Macron aura dépecé et tué Alstom jusqu’au bout, d’abord l’énergie puis les transports. Comment peut-on à ce point haïr la France ? » Pour le candidat à la présidence LR Laurent Wauquiez, « on brade un grand fleuron industriel (alors que) il n’y avait pas d’urgence. C’est une grosse erreur. »

Pour son concurrent Daniel Fasquelle « Macron est le fossoyeur d’Alstom après Alcatel, Myferrylink et STX » tandis que Julien Aubert ironise en indiquant que « Siemens regarde Alstom avec les yeux enamourés d’une mante religieuse à son premier rendez-vous. Quel beau couple franco-allemand. »

L’ancien ministre LR Eric Woerth se demande « pourquoi un accord totalement déséquilibré (et) pourquoi brader l’industrie française ? » A gauche, le dirigeant de la France Insoumise (FI) Jean-Luc Mélenchon dénonce plus largement « le projet européen de Macron (qui) consiste à défaire la France pour faire une Europe de pièces et de morceaux collés en tous sens. »

Rarement a-t-on constaté un tel consensus de droite comme de gauche pour dénoncer un projet qui aurait été mené de bout en bout par Emmanuel Macron dès mai 2012 au Secrétariat général de l’Elysée puis comme ministre sous François Hollande.

Pour en savoir plus :

La fin d’Alstom est-elle le triomphe de « l’Europe allemande » ? (Charles Rault, 27 septembre 2017)

Les réactions des personnalités politiques citées :

Auteur : Le Politique

Le Politique publie divers articles destinés à susciter le débat politique.

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