La droite est KO car elle boxe immobile et ne frappe pas



Le député LR du Loir-et-Cher Guillaume Peltier vient de lancer un nouveau groupe appelé « Les Populaires » avec l’objectif de « renouveler la droite. » Son constat de fond selon lequel « la droite s’est perdue car elle s’est embourgeoisée » est exact. (1)

Oui la droite a perdu le contact avec les couches dites « populaires » de la population, plus encore depuis le départ de Nicolas Sarkozy de l’Elysée en 2012. « Si la droite de demain est bourgeoise, fiscale, financière, elle n’a aucune chance et elle mourra, » insiste Guillaume Peltier. (2)


Il est vrai que si la préoccupation centrale de la droite consiste à se soucier de comment abroger le futur impôt Macron sur la fortune immobilière (IFI), laissera-t-elle probablement un boulevard à ses adversaires politiques. Quand bien même de tels constats sont pertinents, la situation de la droite est en fait plus grave que cela, sans quoi il suffirait de changer quelques visages et de lancer quelques slogans plus populaires pour espérer gagner demain l’alternance.

Deux failles majeures menacent l’existence de la droite qu’incarnent les Républicains (LR). Tout d’abord, leurs profondes divisions principalement animées par la distance de plus en plus grande entre d’un côté une direction plus centriste et de l’autre des électeurs LR majoritairement plus à droite et dès lors de plus en plus abstentionnistes. Nicolas Sarkozy les avait conquis puis ils sont repartis, allant parfois même grossir les rangs du Front National (FN) à Nanterre.

Ensuite, la dramatique confusion du combat politique avec une paisible sortie de messe un dimanche à Versailles. Polie, presque polissée voire carrément « bisounours, » la droite prend les coups – tous les coups – sans guère les rendre et s’étonne ensuite de finir au tapis, mise KO par un crochet du gauche sans scrupule et terrassée par une droite directe.


Ce n’est pas tant le fait que la droite s’est embourgeoisée qui la défaite que la perception populaire de sa faiblesse générale, de son incapacité à assumer ses idées et de sa désunion. Il ne suffira pas à la droite de se déclarer populaire ou fière pour gagner, il lui faudra recouvrer puis prouver ses forces et donner des gages de sa sincérité. Car personne n’ira miser sur un perdant.

(1) Guillaume Peltier : « La droite s’est perdue car elle s’est embourgeoisée » (Le Figaro, 19 septembre 2017)

(2) Guillaume Peltier : « La droite française s’est embourgeoisée » (France Inter, 19 septembre 2017)


Auteur : Charles Rault

Charles Rault est spécialiste de l'information, fondateur de Le Politique.

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