De l’importance de la morale en politique, leçon pour la droite



Que l’on déplore avec pertinence le discours anti-« élites » comme le député Julien Aubert ou que l’on en fasse un véritable argument de campagne comme la députée Marine Le Pen, la présidente LR de la région Ile-de-France Valérie Pécresse dit vrai lorsqu’elle estime que « les Français ne supportent plus ça » en référence aux 13 ans de retraite du Conseil d’Etat cumulés en seulement 2 mois de travail par Laurent Wauquiez.

Sans aller jusqu’à l’affirmation excessive du député PS Olivier Faure selon lequel un tel avantage « perpétue la tradition des emplois fictifs, » est-il toutefois vrai que la majorité des Français – de toute opinion politique, et notamment à droite – ne comprend pas comment l’on peut à un tel niveau continuer à plaider le légal pour justifier l’immoral. Si dura lex sed lex, la politique est aussi et surtout question de popularité.


Dans ces conditions est-il donc difficile de souhaiter présider une droite dont la survie même est en péril quand bien même ses idées sont-elles majoritaires dans l’opinion publique. Ce désarroi chez les électeurs de droite de plus en plus abstentionnistes découle d’un maladroit mais compréhensible amalgame entre les « élites » et l’immoralité qui ressemble parfois à une insulte claire à l’encontre de ceux qui « ne sont rien, » propulseur politique favori d’une Marine Le Pen qui en a fait un argument électoral majeur.

Si Laurent Wauquiez demeure le favori d’une droite qui veut enfin combattre – puis gouverner – « à droite, » a-t-il perdu là quelques points qui pourraient s’avérer utiles au soir du 17 décembre. Aussi semble-t-il continuer cette tradition typiquement de droite Républicaine consistant à défendre les bonnes idées tout en accrochant à sa monture électorale des boulets aussi volontaires qu’incompréhensibles, transformant ainsi une victoire évidente en défaite effrayante.

S’il ne s’agit aucunement d’accabler ici Laurent Wauquiez ou quelque autre personnalité dans le cadre d’un inapproprié discours anti-« élites, » force est de constater qu’il est plus que temps d’arrêter la longue litanie des collectives agonies. Une victoire « faible » à la présidence des Républicains (LR) sera synonyme probable d’un second mandat pour Emmanuel Macron. La droite doit enfin mûrir car toute munition – réelle ou construite – sera utilisée sans scrupule par ses adversaires.


Et si vous en doutez, demandez donc à François Fillon.

Auteur : Charles Rault

Charles Rault est spécialiste de l'information, fondateur de Le Politique.

3 réflexions sur « De l’importance de la morale en politique, leçon pour la droite »

  1. Il faut aussi préciser que la morale ne vaut que pour les “méchants de droite”. Pour ce qui est des marcheurs, de la gauche jusqu’au centre, il en est très différemment. On attend toujours les virulents procès en moralité pour les Ferrand, Bayrou, de Sarnez ou autres El Guerrab (qui lui mériterait bien un peu de pénal).
    Cela rejoint votre article fort à propos sur la “gauchisation” des médias qui se plaisent à relayer la paille du voisin quand il refuse de voir la poutre “chez eux”.
    Cette moralisation n’est finalement qu’un artifice politique servant à discréditer un camp sur certaines failles relayées et appuyées par les médias.
    Il convient à nous, les électeurs, de ne pas être dupe, de comprendre une bonne fois pour toute que le chevalier blanc n’existe ni à droite, ni à gauche et ni au centre, mais qu’ils y a, à droite, des hommes et des femmes compétents peuvent relever le pays, notamment à droite.
    Nous avons déjà sacrifié inutilement Fillon à ce stupide autel de la moralité, ne répétons pas les mêmes erreurs, faisons preuve d’intelligence, recentrons le débat sur les idées et les projets afin d’éviter un nouveau scénario “Macron”.

  2. la loi est la règle. La morale ne doit en aucun cas gouverner mais peut être à l’origine d’une modification de la loi. Que le législateur s’en empare. Et que Pécresse..”pestecresse” arrête d’affaiblir son camp . La morale voudrait qu’elle choisisse entre se taire, se présenter à l’élection présidentielle LR ou démissionner des LR et de tous ses mandats.

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